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Alain Chamfort : « La musique appartient aux générations qui suivent »

C’est le quatorzième album d’Alain Chamfort. Et peut-être le meilleur ! « Le désir des choses » propulse à nouveau ce breton d’origine sur le devant d’une scène pop fragile et élégante que symbolise Etienne Daho. A 69 ans, l’ex compagnon de route de Jacques Dutronc et Claude François se prête au jeu des questions – réponses d’une poignée de journalistes « web ».

« Le  désir des choses » est triste ou nostalgique ?
Alain Chamfort : Je ne trouve pas qu’il soit nostalgique. Je ne vie pas dans le passé. C’est un album qui fait un constat du présent sans pour autant considérer que c’est moins bien ou mieux. J’essaye de faire un petit check-up de ce que je suis devenu.

C’est dur pour un artiste de vieillir ?
A.C. :
Je ne trouve ça, ni dur ni agréable, c’est la vie on doit juste faire face. Il faut accepter. Il faut se projeter dans 20 ans… Les 20 dernières années, je ne les ai pas vues passer. Je pense que ça sera pire pour les 20 prochaines.

Le clip d’« Exister » comme celui de Françoise Hardi « le Large » fait appel à des images d’archives. Le hasard ?
A.C. : Oui, on s’en ai rendu compte après ! Je ne sais plus quel est le réalisateur qui à fait le clip de Françoise, mais lui utilise quelque images d’archives. Nous on ne fait que du montage. La majorité des images de son clip datent d’aujourd’hui…Elle, elle aborde bien plus l’au-delà, elle est déjà partie (rire). Moi j’essaye de considérer la problématique de la vie, comment on s’en sort, à quoi il faut faire face ou comment il faut le faire. Bref, la vie davantage que le passage vers un ailleurs…

En 2012 vous sortiez « Elle et lui » ou vous reveniez sur votre œuvre. « Le désir des choses » en est le prolongement ?
A.C. : J’espère que c’est dans le prolongement. Je n’aime pas revenir sur ce que j’ai déjà fait. C’est vrai que c’est un peu ma hantise : si on se répète ça devient inutile. On ne peut pas se renouveler complètement, mais j’aime bien sentir que certaines compositions sont différentes, même si plusieurs chansons auraient pu appartenir à d’autres albums. Dans toutes carrières, même celles des plus grands comme Steve Wonder ou Paul McCartney, il y a toujours un climat. Il y un âge où l’énergie est différente, quelque chose qui nous aide à nous élever et puis après on essaye de garder l’équilibre et de faire au mieux.
Moi je sais qu’avec « Amour à nos héros », j’étais vraiment heureux de mes compositions. Ça remonte à 1981… Bon après j’étais content de ce que je faisais, mais j’ai l’impression que l’inspiration que j’ai eu à ce moment-là n’est pas revenue.

Le titre « Palmyre » est-il un moyen de parler de l’actualité sans la nommer ?
A.C. : C’est une chanson sur la beauté et le regard qu’on lui porte. C’est juste une petite allusion. Ce n’est pas mon rôle de faire des chansons avec un poinçon politique affirmé.

Vous chantez que la vie est pop… Elle n’est jamais rock ?
A.C. : Aujourd’hui la culture pop déborde son cadre originel. C’est devenu une culture populaire et abordable… Mais à force de tout intégrer elle s’est diluée. Un peu à la façon dont l’information est traitée par les médias. Il n’y a plus de recul ni d’analyse. Résultat, on est submergé par les infos sans savoir quoi en faire. Toutes ces informations ont la même importance !

Le monde est trop lisse pour vous ?
A.C. : Ce n’est pas qu’il soit lisse, c’est qu’il est difficile d’être critique par rapport à la façon dont on est considéré. C’est devenu indigeste.

Ça nous renvoie à une certaine idée de la modernité. Êtes-vous resté moderne ?
A.C. : Moi j’aime bien le mouvement et de toute façon avec ou sans moi les choses avancent. J’aime bien vivre dans mon époque. Quand on fait de la musique on est obligé d’être comme ça. La musique appartient aux générations qui suivent. Ce sont les nouvelles générations qui l’emmènent plus loin, qui la torture. Avec l’âge on prend du recul sur les événements. Malgré tout, j’ai besoin d’être en contact avec ce qui se passe.

Ce besoin de contact explique votre « engagement » à la Sacem ?
A.C. : Mon engagement vient de la Sacem qui avait besoin de s’alimenter de gens en activité. A l’époque, les membres du conseil d’administration étaient des anciens. L’expérience était là, mais ils n’étaient plus en activité et donc perdaient un peu « l’air du temps ». Et moi je me suis dit que c’était le bon endroit pour apprendre. Quand on est artiste on vit à travers son propre prisme. Donc entrer à la Sacem, ça m’a permis de comprendre les autres, leurs intérêts et leurs divergences.
Ça m’a aussi permis d’apporter mon regard et ma propre expérience sur ce dont j’étais témoins donc petit à petit j’ai eu un rôle comme toutes les personnes qui participent à un conseil d’administration et finalement c’est une voix parmi d’autre qui pèse dans le vote. Cela m’a donné plus de connaissance et de sens en tant qu’artiste.

Que retenez-vous de l’expérience ventreprivé.com qui a distribué votre album en hommage à Yves Saint Laurent ?
A.C. : Que du bon, parce que c’est un lieu qui nous a accueilli à une époque où personne ne s’intéressait à notre projet. Il fallait bien le faire vivre et comme j’avais la chance de connaitre le responsable de ventes privées, je suis allé le voir et il a été très fairplay en nous proposant son système de distribution pour en trouver d’autres plus tard comme la presse notamment et puis par la Fnac.

Pourquoi l’expérience n’a elle pas été renouvelée ?
A.C. : Je n’ai pas eu besoin tout simplement. Mais ils ont fait beaucoup d’autres projets. C’était la première fois qu’ils s’ouvraient à ce genre de produits culturels. Mais comme ils n’avaient pas d’accord avec le syndicat phonographique, leurs ventes n’ont pas été comptabilisées valides. Depuis les ventes sont pris en compte. Pourtant on a terminé à 60 000 exemplaires vendus !

Que pensez-vous du redémarrage du vinyle ?
A.C. : C’est un marché qui existe mais qui ne va pas compenser l’absence de ventes de CDs. Même si il se dégage du vinyle une certaine sensualité qu’on avait perdu avec le CD. Avec la taille de l’image on à l’impression d’avoir un bel objet entre les mains et puis quand on écoute il y a toujours cette espèce de relation … Moi j’étais sensible à cela.

Est ce que la compilation des chansons revisitées par la scène électro française a eu une influence dans la composition de ce dernière album ?
A.C. : Oui il y avait un rapprochement qui a été fait à l’occasion de cet album de Remix. Une partie de ma musique trouve une cohérence avec ça. C’est amusant de voir jusqu’au ils ont pu l’emmener. J’ai bien aimé le résultat parfois très différent de ce que j’ai proposé. Mais c’était un peu l’objet de ce disque. Et comme l’album a été super bien perçu, ça me paraissait logique de faire une petite continuité notamment sur « Linoléum » qui termine l’album où on retrouve Yan Wagner qui a aussi collaboré avec Etienne Daho…

Que diriez-vous aujourd’hui au Alain de 1968 ?
A.C. : Je dirais…ne lâche rien ! il y a beaucoup d’espoir tu iras loin (rire). Ça n’était pas du tout prévu au départ. Je n’avais aucune capacité à imaginer cette carrière. J’étais terrifié quand on a sorti mon premier 45 tours. Terrifié à l’idée de devoir le chanter à la télévision, pétri de malaise enfin c’était l’horreur. La chance que j’ai eu c’est que le disque n’a pas marché, j’ai pu passer à autre chose et composer pour les autres. Ce n’est que plus tard que Claude François m’a redonné confiance.

 

Vous allez fêter vos 50 de carrière ?
A.C. : Il n’y aura pas d’événement particulier, je n’ai rien prévu encore. Ces 50 ans sont assez décalés. Jai fait deux 45 tours en 68 mais ça a été très ponctuel et ça n’a pas du tout marché, ça n’a laissé aucune trace. C’est au moment où j’ai changé de nom ou je me suis appelé Alain Chamfort, que les 45 tours sont sortis chez Flèche, qu’il y a eu le départ de quelque chose.

Comment Alain Le Govic est devenu Alain Chamfort ?
A.C. : C’est Claude François qui estimait que mon nom revendiquait trop mes origines (bretonnes, ndlr) et que ça lui semblait être un handicap. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais comme il avait une certaine connaissance du métier et que son expérience laissait à penser qu’il avait raison… Voilà je me disais que ce type avait toutes les réponses aux questions qu’on se pose. Donc tu vas t’appeler Chamfort ok, bah allons-y.

Vous gardez un lien particulier avec la Bretagne ?
A.C. : Evidemment ! J’ai beaucoup de famille là-bas, petits et arrière petits cousins …J’ai donné un concert à Pontivy qui est le lieu de naissance de mon père et il y avait une cinquantaine de gens qui prétendaient être de la même famille (rire)… Mais c’était sympa !

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