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« De fringues, de musique et de mecs » de Viv Albertine

Viv Albertine ? En précisant que ce fut la guitariste des Slits, cela vous aidera peut-être… En affirmant, qu’elle soumet à notre curiosité un vrai témoignage de cette époque punk et de la suite, on découvre une écrivaine qui ne cache ni honte, ni remords, ni faiblesses. Ni talent !

Après la lecture de cette biographie on reste abasourdi, tétanisé par tant de sincérité, d’humanité et de rock n’roll. Comme si la vie pouvait nous étouffer et à chaque fois redonner une ultime gorgée d’oxygène pour s’électriser une dernière fois… Et pour mieux détruire ou reconstruire, c’est selon.  Mais convenant en : on n’ouvre pas ce livre pour son titre (en français : « De fringues, de musique et de mecs ») qui laisse supposer un mauvais compte rendu de groupie pour rock star affamée et défoncée. La photo de la jaquette pouvant confirmer ce quiproquo.

Non, ce livre est d’une beauté étincelante. Et qu’on aime le rock ou pas ne change rien à l’affaire. L’écriture de Viv Albertine lui ressemble : punk. Elle ne prend pas de gant pour décrire sa vérité. On prend ça comme un upercut et on s’en remet difficilement. De mère anglaise et de père corse, elle fut de ces années pré punk à Londres lorsque le mouvement pousse son premier cri. On y croise ses copains d’alors : Sid Vicious (avant la dope), Mick Jones (avant Les Clash), Malcolm  McLaren, Johnny Thunders (pendant les Heartbreakers)… Et on apprend à les aimer autant qu’elle. Elle ne s’en cache pas et son ambition n’est alors que de la pure provocation. Et puis, l’ennuie fait le reste et elle se met à la guitare, monte son groupe (The Slits, 100% filles), sort deux albums et… le vide abyssal surgit ! Mais toujours cette écriture crue qui renverse tout sur son passage. Le premier chapitre s’appelle « Masturbation ». On entre dans le vif du sujet sans honte et on se demande où tout ça va nous mener. Mais jamais une once de vulgarité ne transpire. Non, juste le détail qui ne cache plus la misère qu’elle soit financière, morale ou intellectuelle.

Et puisqu’il ya une vie après le rock, Viv Albertine devient réalisatrice, productrice, femme au foyer, maman…. Et lutte contre le cancer. Enterre son père depuis longtemps divorcé et ignoré. C’est dur, cruel. Et beau à la fois. Pourtant rien n’est écrit. Elle se remet à la guitare, retrouve les potes (ceux qui ne sont pas morts) et enregistre à nouveau.  La séance avec Jack Bruce (oui, celui des Cream) est fabuleuse.

Au final, on s’attache à Viv Albertine. Ça doit être ça le talent d’un écrivain : vous faire rire ou pleurer. 500 pages et une vie plus tard, on aime Viv Albertine, ses qualités, ses défauts et on se dit qu’elle est aussi devenue écrivaine. Comme ça, avec travail, humilité  et respect des autres. Une constante apparemment.

Hervé Devallan
« De fringues, de musique et de mecs » de Viv Albertine aux éditions Buchet Chastel, 493 pages, 22€ – Traduit par Anatole Muchnik – 5/5

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