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Las Aves : une musique complexe structurée par les codes de la pop

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Juillet 2016. C’est sous un soleil de plomb dans les locaux de leur label Cinq7 à Paris que Jules s’est aimablement prêté au jeu de l’interview pour Rock made in France. Le guitariste de Las Aves s’explique notamment sur le travaille du groupe avec la moitié de The Do, Dan Levy, qui a autant réalisé l’album qu’accompagné les ex Dodoz dans leur volonté d’évolution musicale. Leur premier album aujourd’hui dans les bacs, il n’était que temps d’en savoir plus. Rencontre.

Vous êtes donc tous les quatre d’anciens Dodoz ?
Jules : Oui, c’est le line up des Dodoz, même si mon frère jumeau n’est maintenant plus membre du groupe. Nous ne sommes plus que trois. Adrien est parti vers de nouvelles aventures i l y a deux mois environ (mai 2016, ndlr).

Pourquoi ?
Il souhaitait développer son projet solo avec sa femme Norma, qui fait du rock par ailleurs. Il a fait l’album avec nous, mais au moment d’assurer la promo et les concerts, ça faisait trop. Faire l’aller retour entre les deux entités était trop compliqué. Du coup, on a un nouveau batteur, Hugo, qu’on connait depuis longtemps de Toulouse. Au final ça se passe super bien !

Et quel est le nom du projet de ton frère
Je ne peux pas en parler, il n’y a rien d’officiel encore !

Las-Aves 4 - 2Revenons à Las Avez. Pourquoi avoir changé de nom si vous êtes resté tous les quatre ?
On n’a pas changé de nom immédiatement. On a d’abord commencé par composer. Au bout de 6 mois, on s’est rendu compte que la musique était radicalement différente, qu’on était arrivé au bout de l’histoire Dodoz et qu’on préférait finir sur une belle note avec deux albums, sans diluer le truc. On voulait rester fidèle aux fans de The Dodoz

En revanche, toujours un clin d’œil aux oiseaux !
Oui, il ya un fil conducteur pour ceux qui veulent chercher. Un peu comme les films de Tarantino. On essaye de penser notre carrière avec un peu de recul, comme une « œuvre », même si c’est un peu prétentieux de l’affirmer aujourd’hui.

Et vous êtes toujours basé à Toulouse ?
Maintenant on habite à Paris, depuis deux ans. Mais nos racines sont à Toulouse. On y retourne plusieurs fois par an.

Las Aves est donc un groupe parisien !
Les deux nous vont. On est à la fois un groupe parisien et un groupe toulousain.

« Die in Shanghaï » est le premier album de Las Aves. Pourquoi avoir confié la réalisation à Dan Levy de The Do ?
On s’était rencontré à l’époque de The Dodoz lors d’un festival dans le sud de la France. On n’avait pas eu un très bon feeling avec lui… Et c’était manifestement réciproque. On l’avait traité de gros connard et lui nous avait traité de petits cons ! Bon, on a su tout ça après ! (rire) C’est assez drôle parce qu’on adorait la musique de The Do. De son côté, cela ne l’a pas empêché de nous envoyer un mail disant : « J’aime bien ce que vous faîtes, si vous voulez qu’on bosse ensemble, c’est OK ». Le temps a passé, on a composé nos nouveaux morceaux et on a repensé à lui. En France, il n’y a pas beaucoup de gens avec qui on aimerait travailler. On lui a envoyé les morceaux et lui m’a appelé direct derrière en disant qu’il avait un coup de cœur et que c’était ce qu’il faisait pour le troisième album de The Do.

C’est vrai que l’univers des deux albums est assez proche !
Le plus drôle, c’est qu’on s’était pas du tout parlé avant ! Il a trouvé incroyable cette vision partagée entre les deux albums et qu’il voulait absolument faire parti de l’aventure. La connivence ne s’est pas forcément faîte avec lui, mais avec sa musique.

Quel a été son rôle ?
Ça ne concerne pas la musique spécifiquement. Il est venu à Toulouse. Il a écouté tous les morceaux, on a fait la fête puis on a discuté musique pendant des journées entières. Comment sortir de sa zone de confort, prendre des risques, etc. Il nous poussé hors du dogme rock’n’roll, penser juste aux morceaux, aux mélodies… Au départ, il devait simplement mixer. Mais voyant que ça fonctionnait bien, on l’a invité à réaliser l’album.

Concrètement, en studio, quel a été son apport ?
Il a mixé ! Les morceaux étaient enregistrés chez Géraldine. Lui, en studio, ajoutait ou modifiait quelques sons, des rythmes… Plein de petites choses qui au final sont importantes. Mais le gros du boulot, il l’a fait en amont de l’enregistrement et de l’écriture. Lorsqu’est arrivé le moment de la composition, son job était pratiquement terminé ! Il nous avait montré comment on pouvait utiliser les synthés, pourquoi il n’est pas obligatoire de mettre une guitare dans chaque morceau ; pourquoi un morceau n’a pas besoin d’être complexe pour être bon, etc. Autant de débats, de réflexions et d’engueulades qui nous ont poussés à aller plus loin qu’on n’aurait jamais pu le faire tout seul. Ou alors ça aurait pris beaucoup plus de temps… Dis ans peut-être ! Là en deux ans, il a fait le boulot.

Au final, l’album est beaucoup plus pop que The Dodoz.
Oui, mais il y avait des morceaux de The Dodoz qui étaient déjà très pop. Je pense en revanche que la production est beaucoup plus léchée. Et les influences un peu plus pointues du côté du trip hop ou du r’n’b un peu sombre… Et un format plus pop évidemment. Les morceaux vont droit au but sans passer par cinq parties différentes dans le même titre sans un vrai refrain. On adore ça évidemment, mais ici on voulait se rapprocher de ce qu’on écoutait : des chansons. On voulait faire une musique complexe mais structurée par les codes de la pop.

Comment et pourquoi ce virage pop ?
A l’époque de The Dodoz, on écoutait déjà beaucoup de musique qui n’avaient rien à voir avec ce qu’on faisait. Des groupes comme Animal Collective, Portishead… Rien à voir avec le rock. Comme on n’avait que des guitares, une basse et une batterie, on exprimait ces influences de façon rock. Dan nous a ouvert à d’autres instruments, aux samples, aux ordinateurs. Il nous a permis de composer et d’enregistrer la musique qu’on avait en tête. Comme si on passait du fusain à la couleur et qu’on pouvait enfin dessiner ce qu’on voyait. L’un n’est pas mieux que l’autre, c’est juste une façon différente de s’exprimer.

Rien ne semble laissé au hasard : l’artiste indonésien Ferry Gouw conçoit votre logo, le peintre hyperréaliste Jacques Parnel dessine la pochette, et le réalisateur américain Focus Creeps les clips. C’est la clé du succès que de se soucier du moindre détail ?
On a une grosse volonté de maîtriser. L’expérience nous a montré que parfois on n’était pas assez exigeant et qu’au final on le payait cher. A la base, on est des branleurs. On a appris à travailler, notamment notre image. C’est un truc qui nous intéresse énormément. De plus, on a fait les bonnes rencontres. Comme pour Dan, on a envoyé des mails aux gens dont on supposait une certaine empathie pour notre musique. Et bizarrement, on a eu des retours à chaque fois. Dan nous a aidés à avoir plus de recul. On était donc conscient de « à qui ça pouvait parler ». Résultat : tout a été fluide, autant pour les clips que pour l’artwork.

Las-Aves 4 - 3Signer avec Cinq7 – Wagram vous a aidé ?
Oui, ça facilite beaucoup de chose. A commencer par les finances ! Ça nous permet de payer les gens avec qui on bosse. Et puis, Cinq7 nous laisse une grande liberté. Ils comprennent notre vision et n’ont pas peur de prendre des risques. Notre image n’est pas forcément consensuelle et ils respectent cette démarche.

C’est la grande différence avec Sony ?
Chez Sony, tout dépend de l’équipe qui t’entoure. A l’époque, on faisait déjà beaucoup de chose nous même et de leur côté, ils n’ont pas bossé l’album comme on l’aurait souhaité. On a été un peu relégué au fond du catalogue. Mais peut-être que Sony était trop gros pour nous, tout simplement. Avec Cinq7, on retrouve une dimension humaine. Ils sont à l’écoute de notre vision et du côté Arty de notre musique. Ils ne fonctionnent pas comme si ça allait être le prochain Rihana !

Vos clips forment une série : « La bande des filles ». Surfeuses à LA, un gang de coiffeuses à Londres… Pourquoi ?
On ne voulait pas apparaître dans les clips pour laisser le plus de place à la musique. Du coup on cherchait une idée, un fil conducteur pour les 3 clips. Une sorte de série. Notre musique est assez féminine, notamment parce qu’il y a une chanteuse. Pour le côté guerrier de ces filles, on voulait un univers qui s’éloigne de l’image que les magazines renvoient de la femme. .

Après Los Angeles et Londres, ou va se passer le troisième épisode ?
Il a été tourné à Shanghai et sort en septembre pour soutenir le morceau « Die in Shanghai ».

Qu’est-ce qui se cache derrière le morceau « N.E.M » ?
C’est le surnom de la chanteuse en fait ! Ça ne veut juste rien dire !

Quels sont les artistes qui vous ont influencés pour la construction de cet album où on retrouve aussi bien du trip hop, de l’électro, de la pop que du hip hop ?
Pour le coup, ces influences ne sont pas nouvelles puisqu’en 2004, un des premiers morceaux qu’on ait repris avec The Dodoz, c’est « Glory box » de Portishead à côté des Clash, des Sex Pistols, Siouxsie and the Banshees, Talking Heads… On a toujours écouté plein de choses différentes. Du coup, les influences n’ont pas forcément changées ! Après il y a des groupes comme The Internet ou Drake qui nous parlent aussi. Côté français, The  Do évidemment ! Et puis des groupes qui n’ont rien à voir avec ce qu’on fait mais qu’on aime bien comme Bagarre, Pirouette, Fischbach, Parmi les anciens, on peut citer Marquis de Sade. A l’époque où j’étais DJ je les passais beaucoup. J’ai pas mal écouté les Stinky Toys aussi, Bashung bien sûr via mes parents. Gainsbourg comme tout le monde. Et je suis un énorme fan de France Gall ! En fait, que ce soit français ou non, peu importe. On pense avant tout arrangements, ambiance. La vibe est plus importante que la langue. Nous on l’exprime en anglais, mais c’est personnel.

Pourquoi l’anglais ?
Parce qu’on a été bercé par les musiques anglo-saxonnes. Même les films qu’on regardait étaient en anglais, sous-titrés bien sûr. C’est dur de traduire un dialogue en conservant la justesse du sens. Du coup, tu retiens deux ou trois mots anglais. Tout ça additionné, ça créé une culture.

Et votre label ne vous pousse pas à chanter en français ?
Pour l’instant non. Quand on est arrivé chez Cinq7, l’album était déjà fini. La question ne se posait pas. Pour l’instant c’est comme ça. On a peut-être un peu moins de chance de passer en radio, mais le plus important, pour nous, c’est le live et les clips. Notamment à l’étranger. D’ailleurs tous les concerts donnés hors de France ont produit un excellent retour. En Angleterre notamment.

Des dates de programmées en France ?
Oui ! On a déjà pas mal joué dans les festivals de l’été : Garorock, les Eurockéennes, les Vieilles Charrues, Solidays… On va continuer jusqu’en septembre avec une tournée à venir. Les gens connaissent les paroles au premier rang. On est vraiment agréablement surpris !

Propos recueillis par Hervé Devallan
Site officiel de Las Aves

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