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« L’Haçienda » de Peter Hook

La quatrième de couverture se termine comme ça : « Co-fondateur de Joy Division et de New Order, Peter Hook était aussi un des propriétaires du club de l’Haçienda ». Et après la lecture passionnante de cet ouvrage sur le plus célèbre club de la planète, il est également juste d’ajouter que Hooky est un bon conteur, voire un vrai écrivain. Et qu’il sait exploiter le filon de son glorieux passé. Du dernier ouvrage en date « Substance » au premier opus « Unknow pleasures » sur Joy Division, le petit gars de Salford dans la banlieue de Manchester a été un des acteurs de cette fameuse scène de Madchester. Et c’est le volet club et défonce qui nous ait ici proposé avec la vie et la mort de l’Haçienda. Sur 15 ans entre 1982 et 1997, Peter Hook s’est trouvé co créateur et co propriétaire de cette légendaire boîte de nuit qui plaça Mandchester au centre du monde de la fête en général et du mouvement Acid House en particulier.
L’histoire vue de l’intérieur et avec les yeux d’une rock star vivant au rythme des tournées, des acides et de l’alcool lève le voile sur les dérives d’un business mal contrôlé. Complètement hors contrôle serait plus exact ! Entre vol, surfacturation, deals mal ficelés, violences des gangs, amendes, absence de concepts claires, ineptie des heures d’ouverture… Bref, en l‘absence de toutes règle de gestion digne de ce nom, de positionnement et de relation commerciale vertueuse, ce club est devenu un lieu unique et emblématique mais aussi un lieu ingérable et un tonneau de danaïde pour les finances de ses propriétaires : les membres du groupe New Order et le label Factory. En envoyant par le fond tout l’argent des tournées et des ventes de disques du groupe (y compris celles de Joy Division), le club est immédiatement devenu une catastrophe financière pour ses actionnaires. Mais pour ses clients (venant du monde entier), un lieu mythique. Et pour l’histoire de la musique, le symbole que tout est possible. Le meilleur comme le pire.
Dans ce livre, Peter Hook retrace l’aventure, année après année, de ce lieu unique. Il ne cache ni l’incohérence de ses faits et gestes, ni la stupidité des choix stratégiques pour le club, et sa lente et inexorable dérive avec l’arrivée des gangs, la création d’un bar en pleine tourmente économique. Mais il nous rappelle aussi le formidable aimant que l’Haçienda a représenté pour la ville, la jeunesse et la musique dans les années 80. Un livre indispensable qui explique que l’insouciance d’une génération, d’une ville et d’un genre musical se sont bien rencontrées et on fait exploser les compteurs. Et qu’à la fin il en reste une scène culte, un immeuble d’habitation (aujourd’hui c’est la Résidence l’Haçienda) et des tonnes de souvenirs qui s’effaceront certainement dans deux ou trois générations. A moins que comme Liverpool et les Beatles, Manchester rappelle qu’elle fut la ville d’Oasis, des Stones Roses, de Joy Division, New Order, Happy Mondays… Et de l’Haçienda bien sûr. Et ce livre, un vrai manuel d’économie, car le titre complet n’est-il pas : « L’Haçienda, la meilleure façon de couler un club » ?

Hervé Devallan
« L’Haçienda » de Peter Hook aux éditions Le Mot et le Reste, 330 pages, 26 €

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