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Liminanas : « Il y a davantage de morceaux en français parce que ça raconte notre histoire »

 

Les Limiñanas reviennent avec un disque qui fait du bruit et qui rappelle le Brian Jonestone Massacre, sans doute à cause de cette intensité déployée. Sur scène, ils sont sept et osent les trois guitares. Un véritable mur du son ! Sur disque, ils ont invité Anton Newcombe, mais aussi Emmanuelle Seigner (sur le titre « Shadow People ») mais ce n’est pas pour ça qu’on aime le groupe, car ils n’ont besoin d’aucune étoile pour briller. Les Limiñanas sont le meilleur groupe de rock made in France du moment, et le monde nous les envie, à commencer par l’Angleterre qui ne cesse de leur faire les yeux doux. Pour réchauffer l’hiver rien de mieux que ce cinquième album intitulé « Shadow People ». Lionel, alias le barbu, répond à nos questions.  

C’est la première fois que le français et l’anglais sont répartis aussi équitablement sur l’un de vos albums.
Lionel Limiñanas : On ne s’est pas posé la question. C’est naturel le dispatch entre chanson en anglais et français, on ne l’a jamais calculé, c’est ça que je voulais dire. Pour nous c’est un disque qui parle de l’arrivée au lycée dans les années 1980 à Perpignan, mais ça pourrait être n’importe où. C’est l’histoire d’un môme qui arrive dans ce lycée, et qui trouve sa place, dans ces bandes de l’époque. Par exemple nous, c’était un lycée qui s’appelle Jean Lurçat dans lequel il y avait à la fois des mods, des punks, des skins, des hippies, des nutty boys, des rude boys, et plein de metalleux qui étaient hardos militants au point d’aller voir Metallica en auto-stop à Paris. Et ce personnage, mais c’est un peu nous, quand on est arrivé là-dedans, ça a été une espèce de délivrance. Enfin des gens avec qui tu pouvais parler musique et te nourrir de toutes ces rencontres, c’est là qu’on a commencé à monter des groupes. Et voilà, donc l’idée, même si ça s’est fait en travaillant, parce que ça n’était pas si prémédité que ça, c’était ça. Et c’est peut-être la raison pour laquelle il y a plus de morceaux en français parce que ça raconte notre histoire.

C’est presque devenu un concept, l’arrivée au collège d’un gamin qui s’intègre grâce à son amour de la musique ?
Lionel Limiñanas : Mais c’est ça oui.

Cela aurait pu se passer dans les années 1960.
Lionel Limiñanas : A Perpignan il y a une particularité, moi j’ai un frangin qui était mods. Au début des années 1980, lorsqu’il y a eu le revival qui a trainé entre 1979 et le milieu des années 1980, il avait des mods à Perpignan. Et encore aujourd’hui, trente-cinq voire quarante plus tard, il y a encore des scooter boys. C’est comme inscrit dans le patrimoine local. Et en même temps, dans les années 1990, en parallèle de ça, il y avait une grosse scène garage. Et comme nous avions de très bons disquaires, ils ont semé les graines, et on s’est mis à organiser des concerts. Donc ce truc un peu néo sixties, pour une ville aussi petite, et avec aussi peu de choses à faire, a toujours été là et très très vivant.

Pour quelle raison ?
Lionel Limiñanas : Je n’en ai aucune idée. Sauf peut-être qu’il y avait tellement rien à faire à notre époque, et j’ai l’impression que l’on copiait les étrangers, ceux des années 90, quand les groupes du label Crypt (Oblivians, Revelators…) venaient jouer à Perpignan. En réponse, il y avait des groupes garage à Perpignan. Et comme nous on organisait des concerts il y avait des tas de gens qui jusque-là jouaient dans des cafés et venaient nous brancher. Avant nous, il y avait un label comme Lolita qui rééditait des groupes comme les Standells ou les Seeds et du coup tu les trouvais partout. Ensuite, avec Marie on a monté un label et un magasin, Vinyl Maniac qu’on a gardé pendant des années, mais nous n‘étions pas seuls. C’était un vrai effet boule de neige, et donc le rock garage est vivace depuis très longtemps à Perpignan.

Quel est le point dénominateur de toutes ces bandes de lycée ?
Lionel Limiñanas : L’adolescence.

Ils s’opposaient ?
Lionel Limiñanas : C’est un moment où chacun essaye de trouver sa place, c’est une moment où tu essayes de te différencier des autres. Moi j’ai plus flashé sur les compilations « Back From The Grave » et les Cramps que sur d’autres groupes. Mais il n’y avait rien à l’époque, je veux dire par là que sans internet les références disséminées dans la presse spécialisée devenaient presque un jeu de piste. Il y avait des fanzines, mais quand tu tombais là-dessus et que tu y prenais goût, c’était comme si tu découvrais un trésor, un grand secret jusque-là enfoui. Ensuite il y a les disques des Lyres qui ont commencé à être distribués…

Mais quand tu débarques dans ce lycée, c’est quoi l’ambiance une sorte de territoire que chacun essaye de défendre ?
Lionel Limiñanas : Non, ils s’entendaient pas mal. Globalement, ce qui les faisait marcher dans la même direction c’était d’être différent des autres, ils n’appartenaient pas au mouvement lambda de ceux qui s’habillaient en survêtement et roulaient en mobylette. Et bien sur qui écoutaient des musiques abominables… Ce qui est certain c’est que tous ces gens-là voulaient être différents et indépendants.

Est-ce un trait de caractère des Limiñanas?
Lionel Limiñanas : Nous on a toujours été comme ça, on a toujours pratiqué et écouté une musique comme ça, donc la question s’est jamais vraiment posée.

Il y a des invités surprises sur cet album, Anton Newcombe ex Brian Jonestown Massacre. Comment le rencontrez-vous ?
Lionel Limiñanas : Sur Twitter il a balancé un post : J’adore les Limiñanas. Mais comme nous, on n’est pas du tout branchés, on l’a su avec un peu de retard, et puis on a mis encore plus de temps à lui répondre, tout simplement parce qu’on n’avait pas son contact. Quand il s’en est aperçu, lui nous a contacté. C’était une sorte de déclaration d’amour réciproque, via Facebook je crois, on lui a proposé de faire quelque chose avec lui. Et à partir de ce moment-là, il n’a fait que nous aider, tout l’temps, par exemple quand il nous invite en première partie de son concert au Trianon, en insistant lourdement pour qu’on puisse le faire, concrètement en prêtant son matériel. C’est un mec extrêmement généreux. On n’a rien enregistré ensemble pendant très longtemps et on s’est fait brancher par les mecs de Mojo pour le tribute aux Kinks sorti l’année dernière. On a enregistré « Two Sisters« . On a enregistré la musique chez nous, et puis on s’est dit que ça pouvait être une collaboration avec Anton, on lui a envoyé les bandes à Berlin et dans la nuit il enregistrait le chant. Et surtout, il a rajouté : Moi j’aime rencontrer les mecs quand je bosse avec eux, la prochaine fois vous venez ! Ca tombait bien, on était en train d’enregistrer un album et voilà. On est parti chez lui, il a fait venir Andrea Wright qui est une ingé son démente, elle a bossé avec Black Sabbath mais aussi Echo and the Bunnymen. Il nous a mis son studio à dispo et a accepté de chanter dessus (sur le titre  « Istanbul Is Sleepy« ). Au fur et à mesure il faisait d’autres interventions et le disque s’est enregistré comme ça, on l’a finalisé chez nous à Perpignan, pour finir des textes. Et Andrea l’a mixé à Berlin.

Propos recueillis par Christian Eudeline

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