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« Mémoires d’un temps où l’on s’aimait » par Valérie Lagrange

Le livre n’est pas nouveau. Le propos non plus. Ces mémoires de la chanteuse et actrice Valérie Lagrange ont été éditées une première fois il y une dizaine d ‘année de cela. En 2005 exactement. Elles ressortent en 2017 chez Le Mot et le Reste agrémentées d’une postface.

Et c’est peut-être le passage le plus intéressant de l’ouvrage, cette dévotion à son compagnon et ex guitariste diminué physiquement depuis bientôt 30 ans. La vie de Valérie Lagrange éclaire bien ces années 60 et 70 entièrement dédiées à l’amour libre, l’insouciance et les voyages physiques et opiacés. Elle se veut unique et à la fois héraut d’une génération qui croise ici le petit monde du cinéma underground, du rock expérimental et de (trop ?) nombreux amoureux. De Jean-Pierre Kalfon à Jean-Louis Aubert, on empreinte un bout de chemin de certains artistes qui ont compté – pour un temps – dans la culture post industrielle française. Mais, Valérie Lagrange dévoile aussi ses affres, ses douleurs et ses interrogations, notamment sur la vie de son jeune fils qu’elle a eu à 18 ans et qu’elle n’élève pas ou mal.

Aujourd’hui à 75 ans, son existence presque monacale donne un autre relief à ses écrits, même si au fond, on ne souhaite cette vie de bruit et d’insouciance à pas grand monde. Quelques séances de psychanalyse, plusieurs livres sur le bouddhisme n’arrivent pas à (re)construire grand-chose si ce n’est une grande illusion vite perdue et rapidement oubliée. Si ces jeunes de mai 68 ont apporté un vent de liberté dont le monde avait réellement besoin, ils ont aussi emmené leurs lots d’égoïsme. Le XXI e siècle a déjà prouvé qu’il fallait repenser les truismes, non plus en fuyant la réalité, mais en l’affrontant de façon collective et – surtout – locale. La solidarité à taille humaine face aux multinationales et aux fonds de pension… qui payent toujours et encore les retraites de la génération de Valérie Lagrange. Un schisme qui n’a pas besoin de religion pour s’auto détruire.

Hervé Devallan
« Mémoires d’un temps où l’on s’aimait » par Valérie Lagrange aux éditions Le Mot et le Reste, 380 pages, 24€

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