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MolyBaron : « On a mixé en Biélorussie »

Impétrants de la scène rock métal française, MolyByron présentait son premier et excellent album à la presse en octobre dernier au Hard Rock Café à Paris. Sur la pause déjeuner pour certain,  après avoir posé une RTT pour un autre et peut-être séché les cours au Conservatoire pour le troisième, Sébastien (basse), Steven (guitare) et Raphaël (batterie) ont répondu à nos questions. Manquait Garry, le chanteur guitariste irlandais. Interview.

Comment se monte un groupe Franco irlandais ?
Sébastien : Tout simplement. Garry s’est installé en France et il voulait se trouver un groupe. Dès qu’il a eu assez de matière, il a cherché. Il a d’abord rencontré Steven. Ensuite je les ai rejoints.
Steven : C’était fin 2014, début 2015. Seb est arrivé en mars 2015.
Sébastien : On a commencé à bosser ensemble et MolyBaron est né. On est bien un groupe franco-irlandais, mais tout s’est monté à Paris.
Steven : Et on a  rencontré Raf il y a 6 mois… Au poste de batteur fou !
Sébastien : On vit tous à Paris.

Et vous vivez de la musique ?
Steven : Non, on a tous un travail à côté.
Raphaël : Moi je suis étudiant ! (rire). Au Conservatoire.

Vous présentez votre premier album. Ou a–t-il été enregistré ?
Steven
 : Dans le Home Studio de Garry porte de La Villette.
Sébastien
 : On arrive maintenant à faire de très belle chose de chez soi.
Steven : N’importe qui peut faire un super album très bien produit dans sa chambre. Au final, c’est ce qu’on a fait. En revanche, on a mixé en Biélorussie.

En Biélorussie ?
Steven : On cherchait un mixeur mastering qui parle anglais couramment pour que Garry puisse échanger avec lui directement. Il nous a proposé de faire un essai gratuit d’une minute. Et quand il nous a renvoyé le test, il y avait exactement le son qu’on cherchait, avec cette basse vraiment claquante et en avant, et cette batterie puissante.
Sébastien : De base, on avait écouté son travail. Et la sonorité Métal qu’il donnait nous convenait. On avait essayé d’autres personnes qui faisaient du bon boulot, mais qui n’arrivaient pas à donner la sonorité qu’on souhaitait.

Une double expérience Home Studio / Biélorussie que vous allez renouveler pour le prochain album ?
Steven : Pas forcément, car le « problème », c’est qu’on va devoir enregistrer la batterie maintenant ! Et donc qu’on trouve un studio. Déjà pour le premier album, on avait pensé aller en Allemagne pour enregistrer la batterie. Pourquoi pas une résidence dans un studio la prochaine fois.

Et sur ce premier disque, comment s’est passé l’enregistrement de la batterie ?
Steven : On avait enregistré une première piste et on l’a fait ré-enregistrée par un batteur pro à Nashville Tennessee aux Etats Unis. Du coup, Raf n’est malheureusement pas sur l’album. Mais en live et en répétition, il insuffle son énergie et booste les morceaux.

MolyBaron est franco irlandais, le mix c’est fait en Biélorussie, vous parlez de résidence en Allemagne… Il n’y a plus de frontières pour vous ?
Sébastien : On ne se limite pas à tout ça. On prend les opportunités quand elles se présentent. L’important c’est l’excellence. Si on trouve un studio en France, on restera en France. Mais comme Gary fait ses recherches en anglais, on s’échappe plus facilement de Paris. De tout façon peu importe. On n’a pas mis un pied en Biélorussie, tout s’est fait à distance.

Depuis votre création en 2014 et ce premier album qui sort fin 2017, comment s’est passé la vie du groupe ?
Steven : Pendant deux ans, on a cherché un chanteur.
Sébastien : On commençait à bien se connaître et Gary ne chantait toujours pas. On a rencontré beaucoup de personnes, mais on avait du mal. Entre temps, on s’était installé dans un studio pour répéter, tester notre matériel, etc. Et lors d’une session, il a posé une mélodie comme voix témoin pour l’essai d’un chanteur. Et là notre réaction a été unanime : mais tu chantes vachement bien ! Pourquoi t’essaierais pas ? Ça résolvait notre problème d’accent. Comme on a l’ambition de viser le marché anglo saxon, c’était important. Et ça l’ait aussi pour le public anglais et américain.

A ce jour, le disque est sorti hors de France ?
Sébastien
 : On distribue nous même le disque, donc non, il n’est sorti qu’en France pour l’instant. Mais depuis notre site internet, on sait qu’il est déjà parti en Irlande, en Angleterre, en Allemagne, etc. En revanche, il n’est officiellement pas distribué dans ces pays. On est un groupe indépendant, tout est fait à la main.
Steven : Depuis 6 mois et l’arrivée de Raf, on est un vrai groupe, on fait des concerts… ça démarre vraiment maintenant. Faire du live avec une boîte à rythme ça n’avait pas de sens pour notre musique.
Sébastien : On désespérait de trouver un batteur. Au moment où il est arrivé, on s’est tous regardé et on s’est dit c’est bon !
Steven : On l’a testé sur Moly, le titre le plus compliqué à la batterie. Il s’est assis et il a tout explosé ! Il est arrivé en avril et notre premier concert était fin mai.

Et l’impression du batteur dans tout ça ?
Raphaël : J’ai du relever le niveau ! (Rire) Non, en fait j’étais stressé : je n’ai jamais joué au métronome et là pas le choix, il y avait des samples. Ma force à la batterie, si je peux dire, c’est l’énergie et la puissance. Et là, ça collait parfaitement avec ce qu’ils attendaient de moi.
Steven : Ça a donné beaucoup de vie aux morceaux… Qui en avaient déjà. En live, ça soulève tout. On a d’ailleurs hâte d’enregistrer de nouveaux avec la batterie derrière. Ça va être énorme !
Raphaël : Entre la première audition et maintenant, je sens que j’ai fait beaucoup de progrès.
Sébastien : Nous aussi en tant que groupe, ça donne une énergie supplémentaire. On commençait à en avoir marre de tourner avec les même morceaux et la boîte à rythme.

Tu reprends les parties de batterie existantes ?
Raphaël : J’ai appris tous les morceaux en écoutant l’album en reprenant le plus fidèlement possible les structures et les rythmiques. Les 2 ou 3 passages sur lesquels je sentais quelque chose de mieux j’essayais de le mettre en place. Après c’est un échange et en accord avec les 3 autres. Du coup, maintenant, je ne joue pas exactement les morceaux comme ils sont sur l’album. Mais j’essaye de garder cette intensité.

Sur scène vous jouez les nouveaux morceaux ?
Tout le monde : non pas encore !

Des reprises alors ?
Steve 
: Non pas pour l’instant. On préfère se concentrer sur nos morceaux. Si ça se fait un jour, on essaiera de la changer, en partant d’un morceau rock classique et en ajoutant des petites touches métal.
Sébastien : Ou alors « Tourner les serviettes » de Patrick Sébastien ou du Claude François. Blague à part, sur notre album tous nos morceaux ont un style différent. C’est ça qu’on aimerait bien trouver si on devait faire une cover un jour.
Steve : Sachant qu’avec l’arrivée de Raf, on est dans l’optique des faire des morceaux un peu plus noirs, plus speed.

Quels sont vos influences ?
Raphaël
 : Mes 3 groupes préférés : The White Stripes, Queen of the Stone Age et Meshuggah. J’ai commencé par écouter pas mal de rock comme The Artic Monkyes, White Stripes, etc. Et certains de leurs morceaux m’ont amené vers le métal. J’ai poussé le truc assez loin. C’est là où j’ai essayé de choper ce jeu de batterie en mariant la double pédale et le côté groovy. C’est ce que j’essaye d’insuffler dans MolyBaron.
Steven : J’ai un énorme respect pour les anciens. J’ai grandi avec AC/DC, les Guns, Metallica, Megadeth, Pink Floyd. Face à ça, j’écoute des choses assez récentes comme Goth, je suis un immense fan !, Mastodon ou encore Dilinger Escape Plan. Je suis une éponge en musique, je passe ma journée à en écouter. Je pourrais en parler des heures sans m’arrêter. Je sais que Gary aime beaucoup Thin Lizzy, Led Zep et pas mal de musique de films aussi.
Sébastien : Comme Gary, j’écoute énormément de musique de film, surtout Hans Zimmer. Le côté électronique et industriel m’envoie très loin. Côté rock, mes influences de jeu sont Steve Harris de Maiden et John Entwistle des Who. Autrement, en ce moment j’écoute pas mal de post rock, des morceaux très longs, sans chant avec des univers atmosphériques oscillant entre le calme et le bourrin. J’écoute aussi de la prog pour le côté technique. J’ai envie de secouer tout ça pour créer de nouveaux morceaux.

Et pas de groupe français ?
Steven : je suis un gros fan de Gojira.
Raphaël : j’écoute plein de groupe français de la scène underground. Ils sont complètement inconnus. Mais y’a plein de supers groupes rock métal en France qui déchirent. En revanche, je ne comprends pas pourquoi ça ne prend pas.
Sébastien : Après moi, j’adore Berger et Balavoine !

Qui compose chez MolyBaron ?
Sébastien : Tout part d’un riff de Steve ou un morceau que Gary propose ou que je propose. Et on tourne dessus.
Steve : On a l’écriture extrêmement facile. Ça vient tout seul. On joue ensemble à l’instinct, pratiquement sans se regarder. Et du coup, on n’a pas besoin de se poser et de se décider à composer.
Sébastien : Les morceaux sont collectifs, même si Gary en a amené pas mal au moment de la création du groupe.

Propos recueillis par Hervé Devallan
Chronique de l’album

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