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Le Baron : « Sur le disque il y a des chansons un peu plus Dolls et d’autres très Stoniennes »

Le Baron

Son nom n’est pas très connu, sa silhouette un peu plus, sans doute à cause de haut de forme qu’il arbore volontiers. Olivier de la Celle, dit Le Baron que l’on a pu voir dans les Fanatics, Ici Paris Jad Wio, auprès de Jean-Louis Aubert et Raphaël, dans l’ombre d’Anis ou Dick Rivers revient avec un nouveau projet intitulé Sugar Sugaar. Du rock cinglant et claquant, du rock à guitares et décliné en anglais comme il a toujours eut envie de faire serait on tenté de dire. Un parfait croisement entre les Rolling Stones et les New York Dolls, avec un zeste de Bowie ou de Johnny Thunders.

Dans ce trio Sickyy Lyo est aux guitares et Mi Madssen (que l’on a croisé au sein de Jumbo Layer avec un autre activiste de la cause, Gilles Riberolles) à la basse. Leur album est une auto-prod complète, et chacune de leurs apparitions sont annoncées sur les réseaux sociaux, parce qu’il n’y a guère d’autres moyens pour un groupe indépendant aujourd’hui d’assurer sa publicité. Rencontre.

sugar04 Pourquoi n’y a t-il pas de batteur ?
Le Baron : Ce n’est pas absolument pas une volonté, juste un concours de circonstance, une situation temporaire. Le premier batteur ne s’est pas entendu avec la bande, le deuxième Laur Veglam, celui qui joue sur l’album, est venu en dépannage. Aussi sympa que pro, mais débordant de projets de son côté. Il nous a filés un coup de mains, mais ne pouvait pas continuer l’aventure avec nous. Donc pour l’instant sur scène, c’est un Mac, mais on finira bien par trouver la bonne personne.

Comment les rencontres-tu ?
Le Baron : Par Mickey Blow l’harmoniciste (qui a commencé avec les Stunners, l’a poursuivi avec Little Bob et que l’on a vu aux côtés de La Souris Déglinguée, Daniel Darc, Dead Sexy Inc… Donc c’est lui qui me dit : Faut que je te branche avec Sugar Sugaar, je suis guest avec eux, ils veulent faire un disque. Ça s’rait bien qu’ils descendent chez toi et que tu leur fasses un disque, vu ce qu’ils aiment, les seventies, le son Stonien et tout, c’est pour toi… Il m’a filé le numéro de Mi, on a discuté et je les ai invité à passer quelques jours chez moi parce que je me suis installé un petit studio. Entre-temps, je lui ai envoyé des trucs que j’avais faits avec d’autres projets, et voilà. Ils avaient quelques chansons pour leur deuxième album (le premier s’appelle « The Sweet Taste Of Rock N Roll », il est sorti en 2013), mais pas grand chose de défini, j’en avais moi de mon côté qui n’attendaient qu’à être enregistrée. On s’est bien entendu et ça a donné ce disque.


Le son est très caractéristique, guitares Les Paul à fond et curseur sur les années 1970.
Le Baron : C’est ce qu’on aime. Sur le disque il y a des chansons un peu plus Dolls comme « Louise Louise » ou « No Scare » qui porteront plus ma patte, et d’autres très Stoniennes, un tout petit moins bidouillées comme « Magic Moment » ou « Lady Sunday« . Ce seront les chansons de Lyo. Chacun ses influences, mais le mariage des deux fonctionne plutôt bien.


Malgré ce nouvel album tout frais vous ne jouez pas énormément.
Le Baron : Les derniers mois ont été compliqués, Lyo est devenu papa et moi je me suis fait opérer d’une hernie. Çà s’est déclenché dés que l’on a commencé à tourner avec Sugar, j’ai dû rester immobilisé plusieurs semaines. Nous n’avons ni label ni manager, nous faisons tout nous-mêmes ce qui complique toujours un peu les choses. J’ai longtemps habité à Paris, et fréquenté les soirées Parisiennes, mais aujourd’hui je ne connais plus personne. En France ça a toujours été compliqué de trouver des concerts, rien n’a changé de ce point de vue. Mais là on reprend un peu les choses en main.

sugar02Tu habites où ?
Le Baron : Pas loin de Cahors, à une vingtaine de bornes. J’ai vue sur les arbres et le Lot, ça a un charme fou. J’ai cinq hectares autour. Je me suis aménagé un espace où je peux jouer sans déranger personne. C’est une région que j’aime bien, j’en suis originaire, il y a même la statue d’un ancêtre à moi dans le village voisin.

L’album a été enregistré là ?
Le Baron : Oui.

Il y a vingt ans tu jouais avec Jad Wio, as-tu toujours fait de la musique ?
Le Baron : Oui. Je suis né à Bordeaux, j’apprends le piano vers l’âge de 6-11 ans, après je ferai une école de maquillage pour m’échapper à Paris. Les Fanatics c’est le premier groupe dans lequel je suis rentré, après il y a eu Ici Paris et deux trois autres trucs. J’ai même enregistré deux disques sous le nom du Baron avec Delphine : « J’aime ma TV » en 1987, et « Mustang Dance » l’année suivante. Après j’ai joué avec Jean-Louis Aubert, mais je suis parti habiter au Japon, puis aux Etats-Unis, je ne suis pas beaucoup resté en place.


On t’a vu aux côtés de Jean-Louis Aubert, mais aussi de Dick Rivers.
Le Baron : Jean-Louis, on s’est fréquenté au milieu des années 1980, lui sortait de Téléphone et moi d’Ici Paris, on répétait aux studios Parisiens, on a sympathisé. Je vais jouer avec lui une dizaine d’années. Je suis crédité sur tous les premiers albums : « Plâtre Et Ciment », « Bleu, Blanc Vert », « H », « Stockholm »… J’avais la bougeotte alors, j’avais envie de me promener d’avoir une vie rock and roll. Je pars habiter en Louisiane, mon voisin sera un certain Trent Reznor. Il y a eu une grosse inondation en 1990 je crois et ce jour-là on était tous les deux sur notre terrasse en train d’attendre les secours. Il s’était monté un studio d’enregistrement dans un magasin de pompes funèbres. Pour Jean-Louis Aubert on a terminé en beauté, la première partie des Rolling Stones au Stade de France (le 25 juillet 1998) où l’on jouait surtout du Téléphone. C’était avant Johnny Hallyday, Jean-Louis a donc été le premier artiste français à jouer là-bas. Lyo était dans le public, il m’avait repéré et s’était dit : C’est qui ce mec, j’aim’rais bien jouer avec lui… Pour Dick ça été plus progressif, une chanson d’abord sur l’album, éponyme de 2006 sur lequel ont aussi collaboré Benjamin Biolay, Jean Fauque et Mickaël Furnon, « Tu perdras« . Et puis un disque entier, le suivant « Mister D » qu’a pas mal marché d’ailleurs.


Il y a une histoire avec Johnny Hallyday aussi non ?
Le Baron : Oui, j’ai failli jouer avec lui mais avec Dick ils se détestent, enfin Johnny ne veut pas en entendre parler. Au moment où je suis en studio avec Dick pour l’album « Mister D », je suis recruté, Johnny me veut comme guitariste. Le challenge pour moi est qu’il ne sache pas que je suis en train de réaliser un disque pour son concurrent. Et comme je suis en studio à Austin, ça devient vite intenable, les joyeux copains de Johnny ont du lui dire… J’ai rencontré une star, mais aussi une star vulnérable, qui picole pas mal et qui pleure souvent. Pas quelqu’un de très heureux. Sur scène il fait le show mais derrière, c’est dur. Yarol ira à ma place, tant mieux, c’est un pote, et lui voulait vraiment accompagner Johnny, moi ça m’aurait amusé mais bon pas plus que ça. J’ai donc été remercié, officiellement parce que j’avais demandé trop, 1.000 euro net au lieu des 950 brut par soir. Autre leçon à ne jamais oublier, c’est Johnny la star, autour on s’en fout.


Sugar Sugaar c’est pour le fun ?
Le Baron : Oui c’est mon côté sang bleu, fils de vicomte  qui fait que je n’ai aucun respect pour le côté marchand de tapis de la musique. T’as envie de faire des choses ? Vas-y fonce.

Propos recueillis par Christian Eudeline
Site de Sugar Sugaar



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