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Duel : « C’est à New York qu’on s’est mis à chanter en français »

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La pop claire du duo commence à envahir les ondes. Il faut dire que certains titres sont d’une redoutable efficacité ! Le manceau (Julien Boulfray) et le lillois (Brieuc Carnaille) ont uni leur force un beau jour de 2006 à Paris. Après plusieurs EP, leur  premier album voit enfin le jour chez Roy Music. Rencontre avec les très prometteurs Duel.

duel cover albumVous sortez votre 1er album après 3 EP et 9 ans après votre rencontre. Vous hésitiez à faire le grand saut ?
Duel : On a sorti beaucoup de maquettes avant de signer sur Roy Music en 2010. Là on est devenu véritablement professionnels. Avant on avait notre propre rythme. On enregistrait et on déposait nos titres au fil de l’eau sur des plateformes. Notre label nous a contraints à tenir un planning, à bosser le mixage… On n’a pas eu de réalisateur. On a tout fait tout seul sur l’album. Comme ça prenait du temps on a demandé à Roy Music de sortir des EP ce qui nous permettait de revenir à notre ancienne façon de fonctionner, c’est-à-dire enregistrer et sortir quelque chose dans la foulée. Finalement le format EP ne correspond pas trop à notre style de musique. Après deux minis formats, le label a souhaité présenter l’album, ce qui fait qu’on a sorti le 3ème EP seul. Le quatrième EP n’a jamais vu le jour afin de pouvoir présenter l’album

Est-ce à dire que l’album est la réunion de ces 4 EP ?
En partie seulement, la moitié des titres sont nouveaux.

Derrière cette apparente lenteur, vous n’arrêtez pas de composer !
Oui ! Mais c’est sûr que si on ramène tout à 2006, ça ne va pas très vite. L’album est un projet qui date davantage de la signature que de notre rencontre. Et quatre ans pour sortir un album, c’est le tarif normal pour un groupe en développement. On a toujours envie que ça aille plus vite surtout pour nous qui aimons enchaîner écriture et sorties ! Et peut-être que le second opus arrivera beaucoup plus vite ! On a déjà des compositions.

DUEL13-BY-FLORIE-BERGERComment se réparti le travail entre Julien Boulfray et Brieuc Carnaille ?
On compose et on écrit tout à deux. L’un comme l’autre on va écrire une mélodie et mette un texte dessus. Si on décide que ça vaut le coup d’être bossé, on en parle, on travaille le morceau et on l’arrange ensemble. Pour les instruments, on bidouille beaucoup, on joue de tout.

Vous faîtes comment sur scène ?
Sur scène c’est « comme à la maison » ! On chante et on joue de la guitare. Derrière il y a le troisième homme qui va déclencher les arrangements : claviers, ordinateurs, séquenceurs, etc. Il y a une véritable station spatiale derrière nous pour se rapprocher des arrangements studio.

A terme, vous souhaitez rester à trois sur scène ?
On a déjà été plus nombreux ! Mais par rapport à notre ambition sonore, aux arrangements qu’on a sur l’album et sur ce qu’on va proposer dans le futur, c’est une géométrie qui fonctionne plutôt pas mal. Même visuellement. Mais rien n’est figé !

Pourquoi être partis à New York un moment donné ?
On est parti aux Etats Unis quelques mois après notre rencontre. On était libre à ce moment là… Et on chantait en anglais à l’époque. C’est à New York qu’on s’est mis à chanter en français. C’est venu naturellement. On a choisi New York parce que ça représentait le berceau des groupes indé qu’on aimait : Clap your Hands Say Yeah, MGMT et un peu avant les Strokes.


Et si on tire un peu le file, on remonte jusqu’à Blondie et la scène punk new yorkaise ?
Non, là c’est plutôt l’Angleterre et les Smiths qui nous attiraient.


Combien de morceaux faut-il composer pour en proposer 13 sur un album ?
Depuis la création de Duel, une petite centaine ! Sur le dernier segment, les deux ou trois dernières années, quarante environ.

La sélection se fait comment ?
Quand une chanson te colle un peu, que tu la joues tous les jours, tu oses la montrer à l’autre. Ensuite, certaines passent l’épreuve du temps ; d’autres lassent plus rapidement, à cause du live, voire au moment de l’enregistrement. C’est une sélection naturelle, il reste les titres les plus forts, ceux qu’on préfère jouer.   

Sur scène vous jouez tout votre album ?
Notre set dure une petite heure environ, le temps de l’album à quelque chose prêt. A deux ou trois exceptions, on joue les titres de l’album avec parfois une reprise des Smiths.

DUEL1-BY-LUCIE-SASSIATPeut-on considérer que vous êtes professionnel maintenant ?
On est professionnel depuis… 2015  (rire) ! Etre professionnel, c’est gagner sa vie avec la musique. Depuis que nous avons signé avec un label, on a reçu une avance, on est défrayé pour les concerts, etc. On a donc moins besoin de travailler à côté. Mais jusque là, on avait des petits boulots alimentaires. Ce qui ne sera – on l’espère – plus le cas en 2015 ! On souhaite pouvoir vivre de notre passion. On est optimiste ! On sait que ça va être dur… Que c’est très dur ! On a intégré cette donnée. On n’a pas commencé dans les années 90 avec des rêves plein la tête. Nous, on a démarré en 2006, on est des enfants de la crise. Et c’est là où la définition du mot professionnel peut changer : avec le temps qu’on passe à faire notre musique, on peut considérer qu’on est professionnel depuis un bon moment. Et pourtant, on n’en vit pas ! La définition n’est pas forcément financière. C’est plus compliqué.

Les prochains gros rendez-vous pour DUEL?
La sortie de l’album en janvier et la tournée qui va suivre. Les dates sont en train de se booker.

Propos recueillis par Hervé Devallan
Duel sur Rock made in France



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