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Jeanne Added : « Je me suis autorisée à prendre la parole »

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Parisienne de cœur, rémoise de naissance, Jeanne Added a enfin décidé d’enregistrer un album sous son nom. Elle parle de « courage » et de « nécessité » et dévoile une vraie détermination nourrie d’un passé riche en émotions, en rencontres et en expériences aussi divers qu’étonnantes. Du jazz à Rachid Taha, de Maxime Delpierre (Viking) à Dan Levy (The do) Jeanne Added se prépare désormais à gravir seule les plus belles scènes hexagonales ! Entretien.

Votre CV est impressionnant : formation de violoncelliste et de chant lyrique, puis le Conservatoire national supérieur de Paris, option jazz, et pour finir la Royal Academy of Music de Londres : ce cursus était indispensable avant de sortir ce premier album ?
C’est un parcours d’étudiante. Le Royal Academy of Music c’est tait dans le cadre d’Erasmus par exemple. Mais au final, c’est un long chemin où j’avance à tâtons, une succession de formations qui conduisent au jazz puis à l’album. Ça m’a permis de prendre conscience de mes envies, de mes désirs, de prendre confiance en moi. Et d’arriver à me poser la question : qu’elle est la musique que je veux jouer ? Le jazz était peut-être en réaction à ma formation « classique », de faire un truc un peu plus libre. Mais le jazz est aussi devenu classique finalement. Jouer et interpréter pour d’autres musiciens a aussi nourri mon parcours. Et c’est grâce à l’ensemble de ces expériences que la question a pu se poser.

Comment définir l’album, le résultat de cette réflexion ?
Ce n’est surtout pas une opposition ou une réaction à mon passé. C’est l’expression de ce que j’ai envie de dire et de produire pour pouvoir simplement exister sur cette planète. C’est une nécessité. Je me suis autorisée à prendre la parole, et c’est une expérience difficile qui demande du courage. Ça demande du courage d’être « au monde ». Il m’a fallu du temps pour le trouver. Ce n’est pas un parcours linéaire, c’est pour ça que c’est important de s’adjoindre les compétences et le talent d’autres personnes. Je pense à Dan Levy qui m’a beaucoup apporté pour la création de ce disque.

Rachid Taha a aussi joué un rôle important, non ?
Avec Rachid, nous avons le même éditeur, c’est comme ça que je l’ai rencontré. C’est quelqu’un avec qui j’ai une grande affinité, qui me touche énormément. C’était une chance folle d’avoir pu jouer ensemble. J’ai enregistré un duo avec lui. Et je l’ai rejoint sur scène au Trianon l’année dernière.

Que retenez vous du marathon (5 concerts) des Transmusicales 2014 ?
On n’a pas débandé pendant 10 jours en tenant compte des répétitions. Ça a été hallucinant de découvrir cette force de travail ! Hallucinant aussi d’avoir la chance d’être à cet endroit. Je n’en reviens toujours pas, en tout cas merci Jean-Louis (Jean-Louis Brossard, programmateur des Transmusicales, ndlr). Vraiment ! C’est juste délirant. Délirant d’avoir eu les moyens de faire ça, d’être entourée des musiciennes qui ont travaillé avec moi, d’avoir eu Eric Soyer aux lumières, un talent fou ! Ça m’a permis d’aller jusqu’à l’étape suivante. On a toujours besoin de gros rendez-vous qui sollicitent toutes les capacités, qui nous forcent à aller plus loin. Si on n’est jamais secoué, on ne fait pas grand-chose au final. C’est pourquoi c’est une chance de rencontrer des gens qui vous permettent de pousser l’exigence un peu plus loin.

Comment cela va se traduire sur les prochains lives ?
Pour l’instant, on écoute les enregistrements des Trans et on travaille sur ce qui reste à faire : affiner les sons, la programmation, etc. C’est une somme de détails infinis à régler. C’est ça qui est génial. Et parce qu’on a vraiment dégrossi à Rennes, maintenant on va dans la subtilité. Le prochain gros rendez-vous, c’est le 26 mars au Divan du Monde à Paris dans le cadre du festival Les Femmes d’en Mêlent et ensuite c’est le Printemps de Bourges. San oublier les autres dates !


Dans quelle case rangeriez-vous votre musique ? Pop ? Electro ? Rock ?
En termes de catégorie i-tunes ? (rire)… Je ne sais pas. J’ai un grand respect pour la chanson. On peut dire que ces titres sont mes premières chansons.

Pourquoi avoir choisi l’anglais ?
Pour le son. Par pudeur. De toute façon je n’écris qu’en anglais. Toute ma culture musicale est anglo-saxonne. Ado, j’écoutais Led Zeppelin, Jeff Bukley ; après Peaches… Et j’ai beaucoup écouté Prince durant toute ma vie. C’est aussi un grand producteur.  Il est très inspirant. Ces derniers temps, ce serait plutôt These New Puritans, qui sortent des albums magnifiques… Et je vais beaucoup voir mes amis en concert…

La scène rémoise ?
Non ! Je suis né à Reims, mais je suis parti en courant juste après le bac. Je vis à Paris. Mes amis ce sont The Viking, Alice Lewis, BABX, Camelia Jordana, Raphaël, Pony Hoax

Et Dan Levy qui a réalisé votre album ! Comment l’avez-vous rencontré ?
Il m’a entendu à la Radio, il m’a proposé de faire la première partie de The Do. C’était en 2011. Et puis on a décidé de travailler ensemble.

Et que c’est-il passé entre 2011 et maintenant ?
J’ai sorti un premier EP très minimal produit par Maxime Delpierre de The Viking justement. On a beaucoup tourné. J’ai continué à faire pas mal de jazz… Et j’ai commencé à travailler sur le disque. Ça s’est étalé sur un an et demi. Le second EP qui vient de sortir contient les 3 premiers morceaux de l’album. Ils sont dans la même mouvance. Il y a une rupture ensuite vers quelque chose de plus ouvert, de plus chaleureux.

Propos recueillis par Hervé Devallan
Page Facebook de Jeanne Added


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