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Suzanne Combo : « On prend notre destin en main ! »

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On avait laissé Suzanne Combo du côté de Pravda. La voici désormais à la direction opérationnelle de La GAM, la Guilde des Artistes de la Musique, occupée à défendre les intérêts des auteurs et compositeurs. Un nouveau job pour cette diplômée de Science Po qui n’oublie pas pour autant ses années Punk en préparant son premier album solo avec deux pointures de l’électro. Pour la découvrir, le plus simple reste encore de se rendre au Pin Pipper le 27 mars où elle sera en première partie de Fancy. Une rencontre qui fait aimer les syndicats !


Suzanne combo3Comment et surtout pourquoi est née La GAM ?
Suzanne Combo
 : Tout est parti d’Axel Bauer qui participait à l’époque, en 2013, à des Thinktanks comme Altaïr. C’était la période du CNM, le Conseil National de la Musique créé par le Ministère de la Culture pour faire un pendant au CNC, le Conseil National du Cinéma. Mais tout ça ne fonctionnait pas… Axel Bauer se rend alors compte que les artistes sont rarement, voire jamais, associés à tous ces cercles de pensée. En discutant tous les deux, on s’est aperçu que nous les artistes, on était trop ghettoïsés. Pire, on ne se parlait pas. Du coup on s’est pris en main et on s’est réuni à une vingtaine chez Axel en janvier 2013. Je me souviens, il y avait Dominique A, Mademoiselle K,  Serge Teyssot-Gay de Noir Désir,  Kent (ex Starshooter, ndlr), etc. On ne se connaissait pas forcément, ne jouant pas le même style de musique, on se croisait rarement. Là, on était content de se plaindre, de râler. Mais aussi de se serrer les coudes, de se filer des tuyaux. Un monde s’ouvrait à nous ! On s’est tout de suite mis en relation avec Issam Krimi un pianiste de jazz qui avait fait un article à l’époque du CNM. C’est comme çà qu’est née la Guilde des Artistes de la Musique en mars 2013 avec 4 membres fondateurs : Axel Bauer, Président, Kent, trésorier, Issam Krimi, secrétaire, et moi comme permanente de l’association.

indochine-suzanne-combo-angeEt les artistes suivent ?
S.C. : Oui, le discours de La GAM a pris tout de suite. On est plus de deux cents maintenant. Nous ont rejoints des gens comme Indochine, Yodelice, Dionysos, Miossec, Manu, des groupes de Hip Hop… On est vraiment devenu la voix collective des artistes, c’est-à-dire qu’on place l’artiste au centre des débats dans la mesure où c’est lui qui créé, c’est véritablement la matière première sans qui rien n’existe et pourtant il est toujours la dernière roue du carrosse ! Du coup, on n’hésite pas à se mettre en avant tout en se protégeant derrière le collectif. Souvent les artistes sont de la chair à canon pour défendre des causes qui ne sont pas toujours les leurs. Là on se réapproprie notre parole, on prend notre destin en main.

Quelles sont vos actions ?
S.C. : On est à la fois un Thinktank et un lobby. C’est-à-dire qu’on produit de l’information directement utilisable par nos membres et on intervient auprès des instances officielles comme le gouvernement, les parlements français et européens, la commission européenne, etc.

La GAM, n’est-elle pas un organisme de plus dans le mille feuilles des représentants de la profession ?
S.C. 
: C’est exact que des organismes existent déjà comme la Sacem, l’Adami… Le problème c’est que tout ce petit monde ne se parle pas et défend son pré carré, sans nous défendre nous, les auteurs, compositeurs et interprètes principaux. Aucun syndicat ne nous représente en tant que tel. Il y a bien le syndicat des compositeurs, le syndicat des interprètes dans lequel il y a surtout des comédiens d’ailleurs, tout comme l’Adami, il y a aussi la Sacem qui s’occupe aussi des éditeurs, etc. Bref, on ne s’y retrouve pas. Par exemple sur la relation contractuelle avec les producteurs, personne ne va nous aider. Ce qui n’empêche pas des combats communs avec la Sacem par exemple sur les droits d’auteur, mais avec notre propre sensibilité, ou avec l’Adami, sur le streaming.

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Concrètement ?
Concrètement, on a participé à la mission Lescure. En tant qu’organisme représentatif, on a reçu l’avant projet de loi qu’on a pu amender. Dans ce cas, on travaille avec des avocats. L’objectif c’est que l’artiste s’y retrouve dans l’ère du numérique tout en n’empêchant pas l’innovation qui est en marche. On s’est également aperçu que notre présence était indispensable à la Commission européenne, où personne ne défendait nos intérêts. Dans ces arcanes, il faut arriver armé de chiffres et d’arguments car en face les autres lobbies sont rodés à l’exercice. Bref, tout ça prend du temps.

Votre action est également internationale ?
S.C. 
: Oui, et c’est pourquoi on s’est organisé à l’échelle internationale, c’est l’IAO, l’International Artist Organisation. La GAM est présente avec ses alter egos, comme les anglais de la FAC où il y a Blur, Radiohead, Placebo… Ils sont plus de 1000 ! Mais il y a aussi les allemands, les norvégiens, les espagnols, les belges, les américains… Les Italiens vont bientôt nous rejoindre. L’idée c’est de se fédérer, de ne parler que d’une seule voix et d’avoir un vrai poids.

suzanne ComboLa GAM engrange déjà ses premiers résultats ?
S.C. : On est écouté et invité, c’est la première étape. Après concrètement, la loi sur la Création Artistique, on en parle depuis 3 ans, c’est l’arlésienne. Au moment de l’Intermittence, on a fait une petite campagne de communication pour expliquer notre métier. On a également donné des conférences à la Gaité Lyrique, les GAM Conf’, avec le journaliste Philippe Astor et un artiste différent à chaque fois.  On participe au MaMA aussi. L’année dernière j’étais épaulé par Mademoiselle K qui a raconté comment elle était passée d’EMI à une structure indépendante, il y avait La Rumeur aussi… Le but c’était de réunir toutes ces expériences et de faire parler les artistes.  On va aussi se déplacer en Province.
Après au quotidien, quand on entend le Snep (Syndicat National de l’Edition Phonographique) dire que les artistes sont les grands gagnants du Streaming, on ne peut pas laisser dire ça ! On a donc immédiatement répondu par voix de presse en expliquant qu’il ne fallait pas confondre marge nette et marge brute ! La seconde étape sera sûrement de réaliser un tutoriel didactique. Ensuite on ne cherche pas à réagir à chaque fois. On veut construire.

Tout ça a un coup. Quelles sont vos sources de financement ?
S.C. : Nous avons quelques subventions, des mécènes et les cotisations de nos membres : 40€ par adhésion. Mais le budget est serré. Je suis la seule salariée. Notre bureau est dans une pépinière d’entreprise dans le 2ème.


Et Comment passe-t-on de Pravda et Tu Seras Terriblement Gentille à la tête de La GAM ?
S.C. : En 2009, les deux groupes ont cessé toute activité. Ces deux groupes fonctionnaient en parallèle pendant que je continuais Science Po après avoir terminé Khâgne. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai bossé un peu avec Nicolas Sirkis d’Indochine. On a co écrit et interprété en duo le titre « Un ange à ma table ». Le tout en travaillant sur mon album avec l’aide des Shoes et d’Axel Bauer. Mais je tournais en rond. Bref, ça et mon cursus universitaire ont fait que je me suis intéressée à La GAM.

pravdaVotre album solo verra quand même le jour ?
S.C. 
: Oui bien sûr. Les chansons sont composées, je les joue déjà sur scène depuis quelques mois, comme en 1ère partie de Mademoiselle K à la Cigale en Janvier, ou comme le 27 Mars prochain avec Fancy au Pan Piper. Je suis approchée par des labels mais pour l’instant rien de concret. Je fais mon bout de chemin en indépendante, ce qui prend du temps forcément.

Propos recueillis par Hervé Devallan
Site de La GAM
Pour écouter Suzanne Combo
Sur scène le 27 mars au Pan Piper


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