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Vent d’Ouest pour Republik

Quelques retours méritent une attention particulière. C’est le cas de Frank Darcel, ex Marquis de Sade qui revient avec « Elements » le premier long témoignage d’un quatuor qui soigne ses featurings.

republikEn fait, ils sont combien à pouvoir inviter la section rythmique des Talking Heads (et Tom Tom Club !) sur leur album ? Je veux dire combien de « petits frenchies » peuvent y prétendre ? On est d’accord… Pas grand monde. Pour Frank Darcel, l’invitation n’a pas été une option, mais la main tendue à des amis.  Pour ce premier album de Republik, le breton ne s’est pas arrêté en si bon chemin avec des « featurings » aussi rares que prestigieux : James Chance (l’homme qui a donné naissance à la No Wave quand même !), Yann Tiersen, Yan Leker (guitariste des Modern Guy, Lio, Ici Paris…), Xavier Geronimi (Etienne Daho, Bashung, Indochine…) et la liste n’est pas exhaustive. Force est de constater que le Monsieur a des relations. Est-ce un gage de qualité ? Pas tout le temps, mais c’est, au vue de la liste, la certitude d’un goût certain, d’une fidélité à pas mal d’épreuves et la création en ADN. A l’écoute de cet « Elements », il est aussi juste d’ajouter que son sens de l’esthétique n’a pas pris une ride. Entre pop, rock et new wave (on ne se refait pas), le disque doit autant au compositeur qu’au producteur. Comparaison avec plusieurs sorties récentes vaut raison ! Car on se souvient aussi qu’il fut à la production des deux premiers albums d’Etienne Daho. Ajoutons qu’il fit également les beaux jours de Paulo Gonzo au Portugal sur cinq albums et pas mal de N°1 à la clef, sans oublier le « Back to Breizh » d’Alan Stivell a son retour en Bretagne en 2000.

rok1Beaucoup se seraient contentés d’un tel parcours. C’est sans compter sur l’indomptable amour de la liberté qui sommeille en chaque breton. Deux romans chez Flamarion, un polar il y deux ans, la direction éditoriale de 3 beaux livres (« Portraits de 111 bretons » et les bibles « ROK 1 » et « ROK 2 »), la création d’un label, une maison d’édition musicale… Le temps ne s’est pas arrêté depuis Marquis de Sade, depuis que Robert Smith, chanteur des Cure n’hésita pas à affirmer qu’il n’aurait pu chanter que dans deux formations : « The Cure et Marquis de Sade ». Qui peut en dire autant ? Certes, en France, le succès reste loin des exigences du marché avec en 1979 et 1981 quelques 50 000 exemplaires écoulés pour chacun des deux albums. Des chiffres à faire pâlir un groupe en 2015 qui ne doivent pas faire oublier qu’à l’époque des éditions locales ont été pressées dans plusieurs pays dont le Portugal (bien avant  son installation) et la Suède. Avis aux collectionneurs… Qui pourront aussi rechercher un N° du magazine Actuel avec sa couverture sur ces « jeunes gens modernes ».

Moderne et productif, puisqu’entre le divin Marquis et Republik, deux autres groupes complètent le CV du guitariste : Octobre (deux albums jamais réédités) et Senso avec un certain Pascal Obispo à la basse. Pourtant, près de 30 ans se sont écoulées entre ces formations (qui se souvient de son album solo ?) et le grand retour dans les bacs de Frank Darcel. Trois décennies qui font de l’ère post punk un temps préhistorique et qui montrent que si personne ne vous attend, beaucoup espèrent que l’histoire se poursuive. Et pour l’instant, la Bretagne se montre conquise. Gageons que la France suive ! Une seconde étape qui n’est qu’un marche pied vers l’Allemagne avec le titre « Ich bin Schmutzig » où James Chance est au sax ; mais aussi les Etats Unis grâce au titre « Winter of love » qui réunit Tina Weymouth, Chris Frantz et Wendy James. L’année 2016 s’annonce donc comme un grand retour… Avec en ligne de mire un concert à Central Park pour les 25 ans des Vieilles Charrues ?

Hervé Devallan
Republik « Elements » (LADTK) – 4/5
Le 26 novembre à l’Ubu (Rennes)
Le 13 décembre au Pop In (Paris)






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