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Philippe Pascal : « J’ai été initié au rock par Anzia, guitariste de Marc Seberg et Marquis de Sade »

Les 4 albums de Marc Seberg enfin réédités, l’occasion était trop belle d’en discuter avec Philippe Pascal. A l’initiative de la création de cet artiste imaginaire, et bien réel après l’atomisation de Marquis de Sade, le chanteur revient sur cette époque – les années 80 – où le sel du temps avait une autre saveur. Le 40ème anniversaire du divin Marquis et leur concert du 16 septembre 2017 au Liberté pourrait bien réveiller le rennais ! Interview.  

Vous rééditez les 4 albums de Marc Seberg et votre album « Philippe Pascale » réalisée avec Pascale Le Berre. Pourquoi aujourd’hui et maintenant ?
Ça fait déjà 2 ou 3 ans que je suis sur le feu. Les choses sont longues à se mettre en place d’autant qu’on n’a pas d’actualité. Tout est parti du label Infrastition qui voulait sortir une compilation des groupes des années 80 dont le morceau « Quelque chose, noir » de Marc Seberg. Et Pascale Le Berre qui est sur Paris et donc en contact avec les maisons de disque, a trouvé que la différence entre le remastering du titre et l’original était incroyable. Delà j’ai dit « pourquoi pas ressortir en vinyle les Marc Seberg ? » Au final, ça a mis deux ans.

Ça a nécessité un gros travail en studio ?
Oui. C’est Thierry Jacquet qui bosse chez Warner qui a beaucoup œuvré pour cette réédition. Pascale a travaillé dans le studio de mastering Translab où on avait déjà masterisé les anciens albums. Elle a même envoyé les albums à John Leti qui a été notre producteur sur les deux derniers albums de Marc Seberg. Et le son est pas mal ! C’est bien ça existe d’autant que le « Philippe Pascale » n’était jamais sorti en vinyle. C’était l’époque où les maisons de disque envoyaient les vinyles au pilon ! Scandaleux.

Vous avez participé à cette réédition ?
Non, pas du tout. C’est Pascale Le Berre qui a tout suivi. Elle me tenait informé de l’évolution du projet.

La réédition en vinyle est donc une vraie volonté !
Tout à fait. Et ça serait bien aussi que dans la foulée on puisse sortir les CDs. Le mois prochain, c’est Marquis de Sade qu’ils vont rééditer. Mais eux étaient déjà ressortis à deux reprises. Et ça sera sans remastering. Pour Marc Seberg, ils ont fait un super travaille sur le son et la pochette. Les originaux étaient égarés. Je ne sais pas comment ils s’y sont pris. Ils ont même réussi à corriger les fautes d’orthographe. En particulier la fameuse faute sur le deuxième album. On reprenait une poésie de Baudelaire qui s’appelle « Recueillement ». C’était l’époque où il n’y avait pas encore le TGV et on n’avait pas tout à fait le contrôle sur les pochettes. On balançait les idées et puis… Il est resté une coquille : « Beaudelaire » écrit « b.e.a.u. » Pour le reste on a essayé de rester le plus fidèle possible à l’original.  Personnellement quand je rachète des albums que je n’ai plus, j’aime bien retrouvé la pochette originale. J’ai suffisamment souffert dans les années 70 de la réédition du Velvet Underground avec des pochettes horribles. Je me souviens avoir vu « Lou Reed featuring The Velvet Underground ». Ce sont les originaux qu’on voulait. J’ai mis du temps à les avoir ! Il a fallu attendre l’import japonais de l’album à la banane.

L’attente, c’est la vraie différence avec aujourd’hui ?
Oui, il fallait attendre et chercher ! Je me souviens d’Iggy Pop. Je ne connaissais que deux photos de lui en 78/79 dont une qui avait du paraître dans Actuel à l’occasion d’un sujet sur le rock décadent avec David Bowie, etc. On le voyait dans la foule barbouillé de beurre de cacahuète. Maintenant tout est accessible, disponible sur le net.

Le vinyle permet peut-être de retrouver cette attente ?
Oui, la musique passait par l’objet, maintenant, pas le mp3. Je ne sais pas comment on peut écouter de la musique en mp3. On a du passer du côté des vieux cons. Quand je partais à Paris chez Givaudan ou à l’Open Market pour chercher des disques et que je ramenais des imports américains avec leurs pochettes épaisses en carton sous blister avec parfois la trace du disque qui apparaissait en dur sur la pochette… Whaou ! Je touchais le mythe rock des doigts ! C’était en 73 / 74.

Vos premiers souvenirs rock remontent à cette époque ?
J’ai été initié au rock par Anzia, guitariste de Marc Seberg et Marquis de Sade qui ne s’appelait à l’époque que Gilles Rettel. On s’est connu sur les bancs du lycée à Saint Malo. Je n’écoutais que du blues ; et le rock que j’entendais c’était Procol Harum, Chicago… Ten Years After, c’était pas mon truc. En 1972, il m’a mis entre les mains Transformer de Lou Reed, une compilation du Velvet et d’autres Ce sont ces gens là que j’ai mis pour la première fois sur la platine de mon papa. J’ai fait mon éducation la dessus.

Vous avez ensuite joué ensemble ?
Oui, on a monté un groupe à Saint Malo. La connexion avec Rennes s’est faite fin 1977. Notre groupe de l’époque avec Gilles, qui ne faisait que des reprises du Velvet et des Stooges, avait fait la première partie au théâtre de Saint Malo d’un groupe de Givors qui s’appelait Factory, où le chanteur ressemblait un peu à Mick Jagger. Dans la salle, il y avait les Marquis de Sade : le bassiste Christian Trotoux (Dargerlos, ndlr) et Frank Darcel. Ils m’ont convié à une répétition. J’y suis allé sans vraiment y croire et j’ai trouvé les mecs beaucoup plus motivés que les gens avec qui j’étais. En plus ils avaient une sono conséquente, bien plus que la mienne, une petite sono Peavey. C’est pour toutes ces raisons que je me suis embarqué dans l’histoire.

Pour quoi cette aventure Marquis de Sade n’a duré que le temps de 2 albums, juste 4 ans ?
Il y a eu un hasard miraculeux. Quand un groupe rencontre son public, pour ne pas dire un public, c’est beaucoup de chance.  On ne peut pas dire qu’à l’époque la France était très rock. Quelque part, on a essuyé les plâtres. Ce qui a aidé, ce sont 3 ex journalistes de Libération qui se sont investis dans l’aventure, tout du moins  l’un d’entre eux, Thierry Haupais qui a créé un petit label qu’il a mis en distribution chez Pathé Marconi. Il nous a permis d’enregistrer le premier album rapidement au studio DB qui était à une quinzaine de kilomètres de Rennes.

Et tout de suite ce son Marquis de Sade !
On ne s’en ai pas rendu compte. On était parti dans l’expérimentation. A notre petit niveau, on a repris la musique là où elle était aux Etats Unis dans le prolongement de Père Ubu, de Richard Hell et les Voidoids et dans une moindre mesure Patti Smith même si elle a été importante en 1975. Et Joy Division en Angleterre. C’est très présomptueux, mais à l’époque tout était possible. Pas longtemps… Mais on a  eu – nous – la possibilité de nous exprimer. A côté de cette « histoire américaine », il y a aussi une vraie prise de conscience qu’on est européen et continental. Peut-être est-ce la fait que je ne suis pas breton. Je suis une pièce rapportée, un déraciné. Cette histoire d’Europe a toujours été chevillée au corps. Mes influences musicales et cinématographiques sont Kurt Wein, Hanns Eisler… ça me touchait beaucoup. Je ne sais pas pourquoi…. J’ai trouvé une correspondance avec la musique qu’on faisait et ces mouvements de l’entre deux guerres. La circulation des idées en Europe : j’espérais que c’était ça qui allait se passer en France, en Italie, en Allemagne et même en Angleterre. J’avais l’impression qu’il y avait une vraie musique continentale qui se mettait en place. Avec Joy Division, les premiers Simple Minds, etc.

Le tout en 1979, juste à la fin du punk !
Le punk ne m’a jamais touché. J’ai acheté le premier 45t des Sex Pistols. Et quand j’ai entendu le mec hurlé comme ça, j’ai tout de suite pensé à Johnny Hallyday chantant : « Je suis né dans la rue ». Vraiment. Quand John Lindon chante « Je suis un anarchiste », nous en France on a donné avec mai 68. On avait déjà une prise de conscience politique que n’avaient pas les anglais. Ce n’est que plus tard que je me suis intéressé aux Pistols et aux Clash.

Pour revenir au son Marquis de Sade, le studio DB a joué un rôle ?
Oui, mais aussi notre inexpérience. Il n’y a pas de véritable explication. On a enregistré à toute vitesse.

Pour le second album « Rue de Siam », il y a aussi cette richesse et cette originalité. La conscience est là ?
Oui, là on a fait appel à Steve Nye, un producteur anglais qui avait notamment travaillé avec Roxy Music. (et plus tard, Cure, XTC ou Sakamoto, ndlr). D’où ce choix. C’est un album qui a coûté la peau des fesses. Et quand on leur a annoncé que le disque était terminé et que le groupe aussi… Le label a un peu tiré la gueule.

Marquis de Sade s’est dissous juste après la sortie de « Rue de Siam » ?
La cassure était bien avant la sortie de l’album.  Chacun était chez sois. Je suis parti à Londres faire les voix. Le groupe était déjà mort. Il y a eu un divorce musical qui s’est opéré pendant l’élaboration de l’album. Notre raison d’être ensemble c’était la musique. On n’était pas une bande potes. A partir du moment où musicalement on ne s’entend plus, c’est plutôt compliqué.

Avec le recul, est-ce que Marquis de Sade aurait pu faire la même musique en étant né à Paris, à Londres, à Berlin… ?
Je ne sais pas. A Rennes, on a pris le temps de développer nos idées. A Paris par exemple, des groupes comme Suicide Romeo ou Modern Guy n’ont pas eu le temps d’aller jusqu’au bout de leur démarche. Les médias étaient tout de suite là. Nous on avait que ça à faire : travailler. De toute façon qui peut savoir ?

Dès la fin de Marquis de Sade, Marc Seberg est né ?
Déjà, à la fin de Marquis de Sade, lorsque les journalistes sont venus constater qu’il y avait une scène rennaise en plein développement, Anzia et moi on a inventé ce nom de Marc Seberg. On lui avait même trouvé un manager. Je crois qu’il ya un article dans Best ou Rock’n’Folk, je ne sais plus, où Gérard Bar-David a mordu à l’hameçon. C’était une bonne blague ! Ceci dit tout naturellement quand Marquis de Sade s’est dissous, on a cherché un nom. On s’est finalement appelé Marc Seberg avec les initiales M.S. comme Marquis de Sade. Voilà. On a quand même mis du temps à signer et à enregistrer l’album. Ça a pris plus de deux ans en fait. On ne nous a pas déroulé le tapis rouge.

Pourquoi ?
Je pense que Thierry Haupais qui était à l’origine de CBH, le label sur lequel Marquis de Sade avait signé,  et qui continuait de s’occuper de nous avec Hervé Bordier, avait été échaudé par l’aventure Marquis de Sade. Il attendait qu’on ait tous les morceaux. Au final, c’était très bien. Il fallait laisser murir le projet.

Le premier album de Marc Sebeg se vend bien ?
Tout est relatif. Il s’est vendu à 10 000 exemplaires. L’album qui a le mieux marché c’est « Lumière et trahison ». Il a fallu attendre. Quand on redémarre un groupe, même si le chanteur pense être connu, on redémarre à zéro. Les gens sont attachés à un nom de groupe. Ils achètent un album des Rolling Stones, et ce n’est pas pour ça qu’ils achètent un album de Mick Jagger. C’est bien pour ça qu’il continue avec les Rolling Stones. C’est un exemple comme ça… Il faut faire ses preuves. De la même manière quand Marc Seberg s’est dissous, il a fallu tout recommencer.

Pourquoi Marc Seberg s’est arrêté après 4 albums ?
C’est déjà miraculeux qu’il y ait eu un quatrième album. Je ne voulais faire qu’un 45t. On a raté le coche avec « Lumière et trahison ». Là, il s’est vraiment passé quelque chose. Et  pourtant ça n’a pas décollé. C’est une tournée où on a redimensionné les salles parce qu’il y avait une vraie demande du public. En 86 / 87, les lecteurs de Best nous avaient élu « Meilleur groupe français ». C’est l’époque où la presse avait un certain poids. Peut-être que si la Maison de Disque avait osé faire un clip, ça aurait décollé. Je ne sais pas. Après 4 albums, on s’est épuisé. Il était temps de passer à autre chose.

Ensuite, c’est l’album « Philippe Pascale » avec Pascale Le Berre.
Là c’est Pascale qui est à la base du renouvellement et de cette envie de renouveau pop.  On est en 94/95. Après cet album, plus rien, plus d’envie. La musique est une maîtresse exigeante. J’en ai marre. Je vais à Paris, je change de vie…

Marc Seberg était basé à Rennes ?
Oui. Et c’est un de mes regrets. On aurait dû partir sur Paris. C’est une erreur de management de ne pas l’avoir fait. Toutes les décisions se prenaient à Paris. La presse spécialisée et les maisons de disque étaient là-bas. C’est quand même incroyable d’avoir découvert la pochette du 1er Marquis de Sade dans Rock’n’Folk ! Je ne l’avais pas vu avant. Je tirais la tronche avec ces deux « s » en forme de SS ! Il a fallu attendre « Lumière et trahison » pour qu’on ait un véritable contrôle sur la pochette. C’était une expédition d’aller à Paris ! Il n’y avait pas le TGV.

Vous ne touchez plus à la musique jusqu’à ces réédition de Marc Seberg ?
Si, j’ai remonté un groupe pour le fun. Un groupe de blues très électrique, The Blues Train Choir. J’avais envie de revenir à mes premières amours. Je bossais avec des musiciens rennais extraordinaires : Pierre Fablet, Goulven Hamel, et surtout Tonio Marinescu qui était le batteur de Kalashnikov, qui avait joué sur le premier Sonic, avec Casse Pipe, Red… Il est mort il y a peu de temps. La vie a fait que c’était mon beau-frère. Le maris de la sœur jumelle de mon épouse qui elle, a disparu il y deux ans dans des conditions tragiques l’incendie de son appartement. Tonio, c’était à la fois un membre de ma famille, mon meilleur ami… Pendant un an et demi, il a vécu chez moi. Il était parti en tournée européenne avec un groupe australien The Midnight Scavengers. De nouveau, il pouvait dormir dans son appartement, les travaux étaient terminés. Il dormait avec les australiens et il ne s’est pas réveillé… 53 ans. Et c’était un peintre incroyable. Je ne m’en suis toujours pas remis. Rennes sans lui ne sera plus Rennes. Il avait joué avec tous les groupes. Dernièrement, il était avec Laetitia Shériff. Une école, pas loin du Stade de la Route de Lorient,  lui avait demandé pendant un an de travailler la musique avec les élèves.

Vous aviez des projets ensemble ?
Oui, on avait commencé à composer tous les deux, car non seulement, il était batteur, mais aussi guitariste. C’était un vrai musicien de rock. Je n’ai jamais pu me mettre à une table et écrire. Il faut toujours que ça vienne de la musique. Je ne suis pas un vrai auteur, un vrai écrivain. Je me suis mis à écrire parce que personne d’autre ne le faisait. Ma matière première c’est la musique.

D’autres projets sont à venir ?
Avec Pascale Le Berre, on parle de futurs projets qui vont voir le jour autour de Marc Seberg. C’est difficile d’en parler. Ce sont des projets qui ne font qu’attendre comme dirait l’autre!  C’est trop tôt pour le savoir.

Marquis de Sade fête cette année ses 40 ans. Rien de ce côté-là ?
Poch va faire une exposition en septembre. Il a contacté une vingtaine de peintres  Ils vont associer un tableau à un texte. Ça m’épate toujours que des jeunes s’intéressent à cette époque. C’est comme si nous, dans les années 70, on avait écouté des morceaux des années 30…  Comme si le rock n’avait pas évolué.

Quand même, un concert est annoncé le 16 septembre à Rennes pour les 40 ans du groupe, non ?
Il en est question… J’ai ouvert une parenthèse « stand by » et je ne l’ai pas refermée. Ce qui compte ce sont mes chats, ma famille. Il faut avoir l’élégance de garder le silence quand on n’a pas grand-chose à dire. La musique a toujours été une béquille pour avancer. Là j’en n’ai pas besoin. Je n’ai pas de plan de carrière. Je digère difficilement la disparition de ma belle sœur et de Tonio… Qui vivra verra.

Vous suivez la nouvelle scène rennaise ?
Honnêtement, non. D’un autre côté, je ne sors pas. Je n suis pas sur les réseaux sociaux… J’ai bien sûr entendu parler des Popopops, de Her… C’est tout ce qui est arrivé à mes oreilles.  Ceci dit, même à l’époque de Marquis de Sade, je n’étais pas très impliqué dans cette scène rennaise. Mais il y avait une certaine compétition : on ne tapait pas le bœuf entre nous par exemple.

Depuis Marquis de Sade, on parle de cette fameuse scène rennaise. Quel regard portez-vous sur ces 40 années ?
Je dirais que la mairie a bien récupéré le truc. La municipalité s’est refait une virginité depuis 1977. Et que nous, on n’a pas vraiment récolté les fruits de ce qu’on avait initié.

Et Philippe Pascal et la Bretagne ?
J’adore ce pays. Mes amis sont là, ma famille aussi. Mais je ne me sens pas breton. Je me sens profondément européen. J’envie pourtant ces gens encrés dans leur terroir. Je n’ai pas ce sentiment d’appartenance, peut-être parce que j’ai été élevé à Saint Malo. « Ni français, ni breton, malouin avant tout » ! Et je me sens surtout rennais. Qui n’est vraiment pas extraordinaire. J’aurai préféré être lyonnais ou marseillais : ce sont des villes qui ont vraiment du caractère. Rennes est une ville étudiante, une ville où il fait bon vivre. On peut y travailler : il n’y a que ça à faire. C’est une ville neutre. C’est la famille qui m’encre ici.

Vous pourriez vivre ailleurs ?
J’ai failli m’installer à Los Angeles. J’aurais aimé vivre là-bas. Venice, j’adore.

Pas à New York ?
La première fois que je suis allé à New York c’est pour une tournée de Marc Seberg. Je suis resté enfermé dans mon hôtel. Le poids de cette ville était trop pour moi. Il m’a fallu plusieurs séjours pour apprécier le Max Kansas, tomber sur le CBJB, etc.

Propos recueillis par Hervé Devallan
A lire aussi, l’interview de Pascale Le Berre.
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