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Tristen « Les couleurs et les formes »

Une chose est sûre : passé au tamis Delpech et Polnareff, la musique de Tristen est limpide. Elle doit pourtant autant à Radiohead qu’à Mike Patton. Paradoxe.

En fin de compte, on ne sait pas si la France a un incroyable talent. Mais à l’écoute de tant de bons albums passés souvent inaperçus, il est toujours aussi surprenant de noter que les musiciens français sont nombreux à exercer un talent musical. Et pour peu qu’on ne cherche pas à décoder la pop et la chanson de chez nous avec les codes anglo saxons, certains artistes s’exposent même à une grande bienveillance. Tristen est du nombre. Sébastien Pasquet dans le civil, arpente depuis une dizaine d’année la scène indie rock parisienne comme batteur (et parfois bassiste) d’Alex Rossi, Cherie++, Myra Lee, Porco Rosso, Querencia, Saibu ou encore Folks. Le métier lui donne envie de jouer son propre rôle, c’est Tristen depuis 5 ans. Sa partition est alors beaucoup plus pop, voire chanson française et ultime outrage, variété française. Son troisième album solo n’échappe pas à cette triple définition. On y trouve de belles nostalgies folk pop (« Les structures de l’automne »), une magnifique reprise d’Aloha Aloha (« La fin du monde ») à la mélodie 70 digne d’un Michel Delpech post dépressif, un instrumental baroque (« Chanson du XXème siècle ») et d’autres petites merveilles pop mariant laissé allé et délicates retenus. Pourtant, Tristen n’est pas coupé du monde et sait distiller ses influences post rock anglo saxonnes. On pense alors à Tortoise, Mike Patton ou Low. Le signe d’une musique travaillée, consciente et ciselée aux petits oignons pour hisser vers le haut notre confort hédoniste.

Hervé Devallan
Tristen « Les couleurs et les formes » – (Pas la Peine) – 3/5

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