Plus personne ne passe à côté. Le disque vinyle est là, au coin de nos rues, fier de cette nouvelle renommée, cajolé par des passionnés et exposé dans des boutiques indépendantes fleurissantes, jusqu’à être célébré pour la sixième année consécutive par un Disquaire Day. D’objet industriel à son âge d’or (1960 – 1990), le disque vinyle est aujourd’hui tendance. Il s’inscrit dans un nouvel art de vivre qui marie vintage, proximité, street art… A croire qu’il marque la fin des Bobos. Rendez-vous le 16 avril pour s’en convaincre.
Entre slow attitude et respect de l’environnement, le vinyle trouve son second souffle. Respect de l’environnement ? Etrange pour un objet en plastique conçu à base de pétrole. Pas tant que cela, si l’on considère que l’essentiel des transactions est en fait du recyclage grâce au marché de l’occasion. Une grande lame de fond qui repousse le capitalisme dans ses derniers retranchements !
Mixer les activités
Cependant, quelques soient les chiffres, le volume reste encore assez faible, même s’il est en pleine croissance comme le confirme l’Angleterre qui enregistre de son côté quelque 1.3 million d’unités écoulées en 2014 (source British Phonographic Industry), où les Etats-Unis avec plus de 9 millions de galettes vendues l’année dernière. Soit + 50% vs 2013 selon l’Institut Nielsen. Alors comment concilier espoir, business plan et plaisir ? Il semble que certains aient trouvé la bonne formule en mixant les activités, et donc en diluant les risques. C’est ainsi que fleurissent des disquaires qui vendent aussi des meubles (National 7 / Paris), de la bière (Beer & Records / Montreuil), du vin (La Cuve à Son / Paris), voire font carrément bar (Walrus / Paris). Allez faire la même chose avec du mp3 !
Ce mariage des métiers et des supports est donc la grande nouveauté du vinyle qui est aujourd’hui vu – et entendu – autant comme objet d’art que source de plaisir pour mélomane averti. Une seconde vie qui promet d’être longue puisqu’elle semble cristalliser les priorités d’une nouvelle génération tout en ravivant la nostalgie des anciens. Mieux, elle illustre cette nouvelle façon de consommer (proximité et artisanat), de travailler (disparition programmée des salariés remplacés par l’auto entreprise) et tout simplement de vivre.
Hervé Devallan
Quelques disquaires
National 7– Beer & Records (Montreuil) – La Cuve à Son – Walrus
Site du DIsquaire Day 2016
Les photos sont extraites du magnifique et indispensable ouvrage « Dust and Groove »
https://www.youtube.com/watch?v=KVtvyt8OEzY

