
En termes de fréquentation, Rock en Seine a accueilli 110 000 personnes en 2016, ce qui le place au même rang que Garorock, Marmande et Main Square d’Arras par exemple. Mais loin derrière Les Vieilles Charrues de Karez (278.000 personnes), Solidays à Paris (200.000) et le Hellfest à Clisson en Bretagne (180.000).
Peu à peu, ces événements culturels sont en passe d’être rachetés par de grandes multinationales. On pense aux Eurockéennes de Belfort dont le banquier est à titre personnel déjà le président, mais aussi du Printemps de Bourges avalé par Morgan Prod via C2G la société de Gérard Pont, patron des Francofolies. Et bien sûr à Live Nation qui a créé le rendez-vous du Main Square. Une stratégie 360° qui permet d’optimiser les coûts de production, de revente des droits et de bien négocier les cachets des artistes. Et d’assécher la diversité. Pas étonnant de voir les mêmes artistes un peu partout.
Côté Matthieu Pigasse, l’organisation va se faire via sa branche événementielle, « LNEI Live » dont la direction a été confiée à François Missonnier, par ailleurs toujours directeur de Rock en Seine. L’entité LNEI Live va regrouper le festival des inRocKs et les Nuits Zébrées de Radio Nova. « L’acquisition de Rock en Seine se situe aussi au cœur de la stratégie de LNEI, qui veut devenir un leader de la production de contenu premium » explique Matthieu Pigasse. Après les médias qui appartiennent aux mêmes habiles négociateurs de subventions et de règlements (banques, armement…), voici venu le temps de l’intégration verticale de la musique live. On passe du lobby au hobby avec la même conscience, le même réseau. Et les mêmes raisons ?
