Lancer un label en 2021… Quelle étrange idée ! L’auteur de cette audace ? Yann Landry, attaché de presse, journaliste et quelques fois manager. Un homme qui connaît donc le secteur et ne doit certainement pas s’engager à l’aveugle. En revanche, on est curieux de connaître ses ambitions et surtout son business model comme disent nos amis du marketing. Le rock indé a des limites que même l’enthousiasme peut contraindre.
OK, mais alors quelle différence avec un autre label ? Car, bien avant le Covid, le marché de la musique ne se portait pas si bien et parmi ces acteurs en berne, les maisons de disque faisaient office de lampions lumineux. En effet, comment gagner de l’argent en vendant et distribuant des disques que personne ne veut ? Si les trois Majors s’en sortent avec le streaming, les indés sont en bout de chaîne avec des ventes physiques souvent réduite au simple Merch de fin de concerts. Là, on ne peut pas dire que la crise du coronavirus ait facilité les choses. Reste les plus malins qui possèdent les droits d’édition et une belle boutique en ligne. Mais ce n’est pas la fortune, même si le vinyle reprend du poil de la bête.
« Tadam Records repose sur un fonctionnement horizontal et coopératif, explique notre manager. Chacun a son mot à dire sur les orientations. Tous les artistes signés sont membres du conseil consultatif. Ils peuvent se prononcer sur le recrutement des nouveaux groupes. » Soit, mais une bonne démocratie participative n’est pas forcément synonyme de rentrée d’argent. Yann Landry poursuit : « Nous sommes un label 360°, composé d’un pôle relation presse et d’un pôle booking » Là, on commence à comprendre.
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« Nous sommes écocitoyens«
Tadam Records a donc de l’avenir. Non seulement, ils ont des idées, mais des artistes. Et ni l’un ni l’autre ne devraient d’arrêter en si bon chemin. Côté idée, leur engagement va au-delà avec la volonté de circuit court. « Nous sommes écocitoyens, c’est-à-dire que nous privilégierons les filières courtes pour la production des albums, les matières recyclées pour la fabrication du merchandising et nous tenterons de bannir au maximum les matières plastiques. » reconnaît Yann. Et ce n’est pas tout : « Tadam Records soutient la cause féministe. Nous travaillerons surtout avec des personnes qui soutiennent notre démarche. Il n’est pas normal qu’en 2021, les femmes doivent encore se justifier d’être chanteuses, musiciennes, bookeuses, techniciennes et d’être sous-évaluées par rapport à leurs confrères masculins. » Résultat, chez Tadam Records, « le bureau du label est mixte et paritaire, composé de 2 femmes et 2 hommes ; Yann à la présidence, Alice à la vice-présidence, Eloa au secrétariat et Greg à la trésorerie. ». On adhère !
Résumons : coopératif, égalitaire, éco citoyen… : Tadam Records a tout pour séduire. Comme c’est le temps des vœux, nous leur souhaitons un bel avenir. Les cinq groupes signés sont gage d’un tel augure.
Hervé Devallan
*Steve Amber, L’Ambulancier, Captain Obvious, SheWolf et Shoefiti.
