Le contenu de ce livre est à l’image de ce que représente son auteur : élitiste et éclectique. Ancien journaliste à Libé, Serge Loupien s’essaye ici à l’histoire hexagonale du free jazz et du psychédélisme des années 1965 à 1979. « Le temps des utopies » comme il est précisé en sous titre. On se précipite donc sur l’ouvrage.
Si intellectuellement et historiquement, le travail est à saluer, on reste pourtant sur notre fin. Car la France ne se résume pas à Paris (et Marseille pour quelques pages). C’est pourtant le prisme choisi par l’auteur qui en bon élève de Libération n’imagine pas une vie en dehors de la petite couronne parisienne. Les ploucs n’ont pas le droit de cité. Le titre est donc une usurpation : « La France underground » s’appellerait « Paris Underground » qu’il aurait été plus juste et davantage en adéquation avec le contenu. Pour le reste, certaines pages ressemblent à un bottin de musiciens en marge d’un système. Il reste cependant le témoignage d’hommes (très peu de femmes…) qui ont traversé et survécu à cette époque. Des témoins qui illustrent la difficulté de vivre de son art. En ça, le temps ne fait rien à l’affaire : en 2018, crise du disque ou pas, pas grand chose n’a changé. Les musiciens sont toujours aussi fauchés. Reste qu’ils ne se battent plus pour des idées…Le Front le la Libération International de la Pop (FLIP) a fait long feu.
Hervé Devallan
« La France underground 1965 – 1979 » de Serge Loupien aux éditions Rivages Rouge 406 pages – 23€
