
Présent pour la première fois à Paris, le quartet francophone a su maintenir la pression pendant les deux heures du show. Cela fait pourtant 10 ans qu’ils tournent un peu partout au Canada notamment dans de grands festivals. L’expérience est là (3 disques au compteur) et le public répond présent ; il faut dire qu’ils jouent presque à domicile : en connaisseurs éclairés, les québécois avaient répondu présent.
Bleu Jeans Bleu a déroulé ses derniers classiques (« Coton ouaté », « J’ai mangé trop de patates frites », etc.) et démontré que le classique rock (souvent country) et les mélodies pop s’adaptent très bien aux jeux de mots francophones. Un peu comme Odeurs savait le faire dans les années 80. Là où l’impression est encore plus forte, c’est la facilité et le naturel avec lesquels ils saupoudrent leurs titres originaux de clin d’œil aux aînés. On pense au solo d’Hotel California des Eagles en point d’orgue d’un de leur morceau. Magique. Quand ce n’est pas un medley hypnotique où une dizaine de standards sont exécutés en quelques secondes chacun : Nirvana, Clapton, Hendrix, AC/DC et on en oublie. Trois accords emblématiques et le tour de magie est joué. ON notera aussi une entracte bière pendant laquelle le chanteur guitariste Mathieu Lafontaine se prête spontanément au grand jeu des selfies
Un double rappel plus tard, c’est toute la formation qui traverse la salle en laissant derrière elle cette douce impression que le rock n’est pas mort et qu’il serait peut-être bien caché du côté de Montréal. Ou à La Dame de Canton mardi 19 juillet 2022
Hervé Devallan
