
Si le style de Viv Albertine est toujours aussi « punk », l’effet de surprise ne joue plus. Et hormis quelques passages épiques (cette bataille rangée avec sa sœur au pied du lit de leur mère mourante est un grand moment !), l’ouvrage nous laisse un peu sur notre fin. Certes, l’ex Slits reste une femme pas comme les autres avec un vrai recul sur sa condition de femme, de fille et de mère ; certes, les hommes s’effacent de plus en plus au fil des pages ; certes, les moments crus de sexe et d’amour sont uniques. Mais l’auteure n’arrive pas à nous tenir en haleine de bout en bout. Cette vie bien remplie ne nous fait pas rêver et ses déboires amoureux n’ont pas le souffle épique d’un conte de fée. Pour cela, revoyez « Retour à Montauk » de Volker Schlöndorff (2017)
Presque grand-mère, Viv Albertine est sûrement en passe de construire l’épisode trois des son aventure personnelle. Mais comme elle est de plus en plus seule, gageons, qu’il lui faudra un peu de plus de philosophie pour animer ses prochaines pages. A moins qu’elle nous concocte le premier livre d’une grand-mère punk !
Hervé Devallan
« A jeter sans ouvrir » de Viv Albertine aux éditions Buchet-Chastel, 350 pages, 22€
