
La réalité des kilomètres parcourus dépasse de loin le mythe du guitar hero
L’approche de l’auteur est originale, bien documentée et le fruit d’un passionné. La légende photo de 4ème de couv s’en explique : « L’auteur : spectateur habitué des concerts et des festivals, musicien ayant enregistré plusieurs albums,… ». Et de la description de mosh enfiévrés aux hectolitres de bières d’après concerts, en passant par le graal Hellfest (qui est bien en Bretagne, merci F. de Lancelot !) aux concerts de quartier devant 5 personnes, la réalité des kilomètres parcourus dépasse de loin le mythe du guitar hero scandinave. Pourtant, on se prend à suivre l’innocente Ninon et ses pérégrinations amicales, amoureuses et semi professionnelles. On souffre pour elle, pour eux, on rêve à leur place et on espère que cette folie créatrice découlera sur une œuvre artistique et non pas l’hôpital psychiatrique. Décrivant les musiciens dans leurs souffrances d’hommes (et de femmes), l’auteur dépasse la simple histoire d‘une sucess story, mais ouvre à nos yeux de béotiens un milieu complexe avec des codes qui ne connaissent pas de frontières. De la Finlande au Japon, un métalleux se reconnaîtra entre mille. Par sa culture et son ostracisme. Bel oxymore s’il en est.
Hervé Devallan
« La poétique des flammes » de F. de Lancelot aux éditions LDG – 15.79€ – 370 pages
