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Téléphone

Il y a un avant et un après Téléphone. Né avec la vague Punk et un 45t autoproduit, le groupe est mort avec le repositionnement des radios libres et un 45t de variété (« Le jour s’est levé »). Entre temps, Téléphone a fait rêver toute une génération d’adolescents. Porte parole de leur mal être, suffisamment provocateur pour tenir les parents à distance (pochette de « Crache ton venin », masque politique au concert de la Fête de l’Humanité, etc.), les parisiens ont aussi donné un souffle nouveau au rock en français en démontrant que la langue de Molière se prête efficacement au binaire.
C’est le 12 novembre 1976 que tout commence avec un premier concert fédérateur au centre américain qui allait les réunir pour la première fois Jean-Louis et Richard d’un côté et Louis et Corine de l’autre. Déjà… Sans oublier le véritable cinquième membre du groupe (y compris pour les revenus !) que fut François Ravard, leur manager.
N’oublions pas pourtant qu’à l’été 1976, les premières répétitions réunissent Jean-Louis Aubert, Richard Kolinka, Olivier Caudron (Guit, Chant) futur Lili Drop et ami d’enfance (et de scoutisme !) de Jean-Louis Aubert et Lionel Lumbroso (copain de Louis Bertignac) à la basse. Tout ce petit monde se connait bien squattant et voyageant ensemble depuis de nombreuses années, avec en « chef d’équipe » Olivier Candron. Jusqu’au jour où Richard Kolinka trouve le fameux concert au Centre américain en novembre 1976. Et il faut honorer la date, Richard s’y est engagé ! En parallèle Louis Bertignac et Jean-louis décident de (re)jouer ensemble et il est convenu que le concert du 12 novembre se fera avec Louis et qu’Olive fera la première partie. A charge de revanche ! Louis est d’accord à condition que ce soit Corine Marienneau à la basse. Une fille dans le groupe ? Richard et Jean-Louis sont tout d’abord hostiles. Peut-être, mais la date du concert approche. Résultat, les répétitions chez Richard commencent ! Pour le jour J, tout le monde est alors mis à contribution pour faire la claque, coller les affiches (sous le nom de « ! »). Et à la surprise générale, plus de 500 personnes font la queue pour assister au concert. Téléphone, né par accident ? Peut-être, mais avec  Alain Maneval comme attaché de presse (il le fut aussi pour Starshooter et Jacques Higelin), le groupe s’entoure également d’un homme de radio qui anime PO-GO à minuit sur Europe 1. Et comme il le dit lui-même « Les radios libres n’existent pas encore. Il y a RTL et Europe 1, et ces grosses radios, qui ont le monopole, diffusent de la daube. Il ne faut oublier qu’elles sont aussi éditrices, et qu’elles passent, en fait, les artistes qu’elles ont en édition. » (dans « Le soleil noir su rock français » par Jean-François Jacq aux éditions L’Ecarlate)
1977, année punk et année du premier album enregistré à Londres au Studio Eden par Mike Thorne, producteur des Sex Pistols. Ecoutez ce mur de son des guitares rythmiques ! A noter que Jean-Louis Aubert aura composé pas mal de morceaux de cet opus lors de sa traversée des Etats Unis avec Olive de Lili Drop. Les portes du succès sont ouvertes : promotions, festivals, télé… Retour à Londres pour le deuxième opus avec Martin Rushent aux manettes (icône de la mouvance punk) et une pochette signée Jean-Baptiste Mondino. C’est sur cet album que sont gravés « La Bombe Humaine », « Fait divers » (directement inspiré d’une ancienne copine d’Olive)… qui transforment Téléphone en un véritable phénomène de société et les fait visiter toute Europe. A cette même époque, ils acceptent la présence de Jean-Marie Poirier qui les suit et réalise le long métrage « Téléphone public ». Avec les 2 albums suivants, dont « Dure Limite » réalisé par la canadien Bob Ezrin Téléphone va conserver sa place au sommet tout en affirmant le rôle de Louis Bertignac qui signe « Cendrillon », la meilleure vente single du groupe. Un enregistrement aux Etats-Unis qui permet à Richard Kolinka de faire une pige sur un album d’Alice Cooper. Quelques mois plus tard, les Rolling Stones les invitent en première partie de leur tournée française. Ils acceptent la proposition pour l’étape parisienne uniquement, ne voulant pas doublonner certaines dates avec leur propre tournée. Et ils n’arrivent toujours pas à percer le marché américain malgré une nouvelle tournée outre Atlantique.
Usure ? Egos ? Lassitude ? Une chose est sûre, certaines dissensions commencent à voir le jour. Pourtant un cinquième et dernier album produit par Glyn Johns sort en 1984. Plus commercial, il annonce la fin d’un cycle qui arrive en 1986. Le groupe est mort, la légende est en marche…. A tel point que 30 ans plus tard, les rumeurs persistantes annoncent la reformation du groupe. Sans Corine Marienneau. Le tout systématiquement démenti par Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac occupés à leurs carrières solo respectives… Jusqu’à un beau jour de septembre 2015 où les 3 compères se produisent au Point Ephémère (Paris) et à Lille sous le nom des Insus. Corine leur interdisant d’utiliser le nom de Téléphone. Reformation ou simple coup de promo à l’heure où leurs disques ressortent remasterisés avec un coffret best of à la clef. Une chose est sûre, les salles sont complètes en 2016.

 

A ranger entre Trust et Starshooter
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Avant Téléphone
En 1970, Jean-Louis Aubert joue dans le groupe Masturbation où l’on retrouve déjà Olivier Caudron futur Lili Drop et deux futurs Diésel, Alain Plume et Max Picout). Il croise également la route intime de Valérie Lagrange.avec qui il monte à l’été 1976 le groupe Cool Rock avec l’américain Ian Jelfs, l’ex futur compagnon de Valérie Lagrange
Louis Bertignac joue au sein de Korange avec Jean-Louis Aubert en 1973 venu remplacer Lionel Blévis à la guitare rythmique parti se concentrer sur ses études de médecine. En 1974, Louis Bertignac remplace le guitariste Simon Boissozon au près de Jacques Higelin. Il va participer à l’enregistrement de  l’album « Irradié » en 1975. Ensuite, en 1976, on le retrouve dans Shakin’ Street avec Corine Marienneau.
Richard Kolinka et Jean-Louis Aubert ont monté le groupe Semolina avec Daniel Roux à la basse. Ils sortent le 45t « Plastic rockeur ». Les deux mêmes avec Zox à la basse et le futur Extraballe Jean-Robert Jovenet au chant montent le groupe Compartiment Tueur.

Que sont-ils devenus ?
Jean-Louis Aubert poursuit une carrière éponyme au succès populaire jamais démenti d’abord sous le nom de Aubert‘n’Ko puis sous son propre nom.

Plus discret,
Richard Kolinka accompagne Jean-Louis Aubert. Une fidélité sans faille des 2 hommes qui se sont rencontrés au début des années 70 au sein des sombres Sémolina avec Daniel Roux à la basse. Un 45t chez WEA est à leur passif. Dix ans après, le même Daniel Roux retrouve ses deux anciens condisciples et participe à l’aventure Aubert‘n’Ko. En 2008, Richard Kolinka cogne derrière Cali et au sein du Cercle… Avec Daniel Roux, toujours qui décède en 2009 d’une crise cardiaque. En 2012, on retrouve l’ancien batteur de Téléphone dans le projet Even If avec Sylvain et France Cartigny.


Après Jacques Higelin,
Shakin’ Street (3 mois en 1976 avec Corine Marienneau) et Téléphone, Louis Bertignac reste quant à lui fidèle au rock et au blues en créant Les Visiteurs (où l’on compte la visiteuse Corine Marienneau) puis sous son nom avec une belle série d’albums live (et studio) à la clef. Il a également produit et composé en 2002 le premier album de Carla Bruni, sa compagne d’alors… En 2012, il est un des membres du jury de l’émission de télé réalité The Voice. Mouai…


Danseuse, «
bassiste de Téléphone », Corine Marienneau fut de la première mouture des Visiteurs de Louis Bertignac. Elle revient sur le devant de la scène en 2002 avec un discret album solo et, en 2006, avec une autobiographie « Le fil du temps ». En 2012, elle partage son expérience avec les jeunes musiciens de la School of Rock de Blagnac.

 

Depuis 2015, Jean-Louis Abert, Louis Bertignac et Richard Kolinka sont devenus Les Insus.


Fiche technique de Téléphone

Ou : Paris
Quand : 1976 – 1986
Site Internet
Genre : Rock
Line up
Corine Marienneau (Basse) – Jean-Louis Aubert (Guit, Chant) – Louis Bertignac (Guit) – Richard Kolinka (Batterie)

Albums
1977 : « Anna » (Pathé Marconi)
1979 : « Crache ton venin » (Pathé Marconi) – 600 000 ex
1980 : « Au cœur de la nuit » (Pathé Marconi)
1981 : Double SP « Live » 4 titres (EMI)
1982 : « Dure Limite » (Virgin) – 700 000 ex
1984 : « Un autre monde » (Virgin)
1985 : SP « Le jour s’est levé / Quelqu’un va venir » (Virgin)
1986 : Live « Live » (Virgin)
1993 : Compilation « Rappel » (Virgin)
1993 : Compilation « Rappel 2 » (Virgin)
2000 : Live « Paris 81 » (EMI)
2015 : Coffret « Au cœur de Téléphone » (Warner) – Comprend deux albums d’inédits
Et s’il n’en reste qu’un
1979 : « Crache ton venin »

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