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Rodney Crowell au Café de la Danse (Paris) le 30 avril 2026
Tous les amateurs et fins connaisseurs d’histoire vivante de la musique américaine étaient là. Le Café de la Danse débordait… sans se bousculer. Est-ce parce que ça parlait davantage anglais que française ce soir-là à Paris ? Même la mezzanine affichait complet. La chaleur aussi. Les éventails distribués par la salle ont été les bienvenus. Encore merci.
Dans une formation réduite à un trio (claviers, violon et Rodney au chant et à la guitare), l’artiste a balayé ses 75 ans d’un revers de la main pour livrer un concert à la fois intimiste et intemporel. Il faut dire que l’ex maris de Rosanne Cash a de nombreuses histoires à raconter et un immense répertoire dans lequel puiser. Une vingtaine d’albums solo quand même. Alors, si le genre de concert acoustique penche parfois vers l’ennui, ce ne fut pas le cas pendant les deux heures d’un set impeccable de naturel et de bienveillance. N’a-t-il pas invité à partager un titre avec la révélation folk française, Bobbie, qui a assuré la première partie ? L’invitation a dû s’opérer pendant les balances puisque la jeune chanteuse avait retranscrit les paroles sur un bout de papier qu’elle tenait à hauteur des yeux. Encore une fois, la sincérité était au rendez-vous.
Les premiers titres s’enchaînent comme à la parade, toujours entre folk, country, americana et rock. Un cocktail qu’il maîtrise parfaitement et qu’il a pratiquement inventé avec Emmylou Harris dont il fut la guitariste aux premiers pas country de la dame. Puis arrivent quelques classiques du Monsieur qu’il précède d’explications et anecdotes. Le public est conquis. La fin du concert retrouve le rythme du début avec une succession de morceaux sans pause.
Voir une légende et ne pas être déçu reste une expérience unique. Un moment de grâce qui pousse à réécouter ses disques et à presque regretter de ne pas être reparti avec quelques mots manuscrits sous verre vendus au merch. 50€ quand même. Une prochaine fois ?
Hervé Devallan











