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Grit : « Pour exister, il faut se démarquer »

La relève est assurée. Le quatuor basé dans le nord de Paris soigne son rock et maintient un cap vers la qualité, l’originalité et une vraie volonté (« Grit ») d’en découdre sur scène. Rencontre avec le groupe à la sortie de leur set en première partie de Status Quo salle Pleyel le 2 mai 2017.

Grit, qui êtes vous ?
Quentin : je suis à la basse
Nicolas : à la guitare
Marcus : guitare, chant
Lilian : je suis batteur… Et je suis jeune !

C’est un défaut ?
Lilian : Non, c’est un métier !

La différence d’âge est importante au sein du groupe ?
Marcus : Non… Enfin, si quand même. Le décalage n’est pas important, mais c’est vrai que Lilian a 19 ans et que je vais en avoir 32. On est aussi cousin !

Vous venez d’ouvrir pour Status Quo à la salle Pleyel. Vos premières impressions ?
Marcus : A part le nom, personnellement, je ne suis pas familier de leur répertoire. En fait, c’est une date qui a été reportée. On devait jouer au Zénith en décembre. Le concert a été annulé le jour même (à cause d’une pharyngite de Francis Rossi, ndlr) Le public – comme nous – avons été tristes et déçus. Ça fait donc du bien de pouvoir faire cette date et en plus à la Salle Pleyel, une magnifique salle. J’ai passé un super moment, même si les 25 minutes sont passées hyper vite.  J’ai quand même bien profité, regardé le public, la salle, les collègues, etc. Honnêtement, je pensais que ça allait être plus dur. Même quand on est arrivé, 3 minutes avant le « noir salle », on trainait et on était encouragé à jouer. Bonne ambiance au final.

Status Quo, sympa avec les frenchies ?
Marcus : On les a croisés en sortant de scène. Pendant les balances, l’équipe anglaise nous a gentiment demandé d’arrêter. Comme ils ont fini plutôt, on en avait profité pour jouer un peu plus ! Après le concert, on a fait attention à débarrasser le plateau rapidement pour leur laisser la place. Maintenant on va profiter un peu et aller voir la fin de leur set.

La Salle Pleyel, c’est votre première grande scène ?
Marcus : Avec Grit, non. Mais chacun d’entre nous a une expérience musicale avant le groupe. Une chose est sûre, c’est la plus grande scène à Paris. En revanche on a joué dans des festivals en province.

Vous venez de sortir votre second EP, uniquement en digital comme le premier ? Car sur scène vous finissez en invitant les gens à acheter l’album au corner merch.
Marcus : Alors, oui l’album ne sort qu’en digital, mais on a fait des pressages promos qu’on vend uniquement sur les concerts. C’est réservé à ceux qui viennent nous voir.

Vous avez abordé différemment ce deuxième EP ?
Marcus : En fait, ces deux EP proviennent de la même session d’enregistrement. On appelle ça des chapitres. Au départ, c’est un album. Et pour pouvoir faire découvrir Grit, on a pensé que c’était sympa de sortir le disque en plusieurs fois. Pour exister, il faut se démarquer. On n’a pas cette capacité à faire le buzz comme des artistes renommés. En multipliant les sorties, ça nous permet d’avoir une actualité constante. Et comme on a pas mal bossé sur ce disque, on a envie de le défendre pendant longtemps. En revanche, l’album qui sort en septembre – et en physique – va contenir des titres exclusifs.
Quentin : Oui, on va sortir 3 EP, un best of, la tournée d’adieu et ensuite le premier album ! (rire)

Vous êtes satisfait des premiers retours ?
Marcus 
: Tous ceux qui ont parlé du premier EP en ont dit du bien. Vraiment. Après, on a besoin d’élargir notre base. On pense que l’album peut plaire, car de nombreuses personnes pas spécialement branchées rock nous donnent des retours favorables. En tout cas, le public de Status Quoi semble avoir apprécié notre prestation. Y’a plus qu’à espérer qu’ils aient des réseaux sociaux pour liker un peu.

D’autres concerts sont prévus ?
Marcus : Oui, on a une tournée au mois de juin. On fait la Release Party du second EP le 8 juin au Triton à Paris. Ensuite on part dans le nord, en Belgique, au Luxembourg, etc. Notre objectif, c’est une grosse tournée en septembre. C’est là que ça va se jouer. Pour l’instant, les EP nous permettent de monter sur scène et d’être chroniqués.

Aujourd’hui, vous vivez de la musique ?
Nicolas 
: Moi oui, mais en tant que tromboniste !
Quentin : Moi aussi comme claviériste !
Marcus : Moi, je fais du son et de la lumière pour Magma. Grâce à ça, je gagne ma vie. On espère quand même qu’en faisant du rock on arrivera à la gagner aussi ! D’une façon général, tout ce qu’on fait autour est hyper enrichissant pour Grit.
Lilian : De mon côté, c’est mon premier gros concert avec un groupe. J’en avais fait un autre en Suisse. Là sur scène, pendant les 3 minutes d’attente, toute la pression est retombée. Je suis arrivé dans Grit il y a 2 mois à peine, en mars 2017. Je n’ai pas participé aux  cessions de l’album.

Quels sont les principaux critères de réussite pour Grit ?
Marcus : Tourner, vendre du merch et puis espérer placer une synchro dans une série, un film, une pub, un jeu vidéo… Pour passer au cran du dessus. Mais le principal, c’est de donner des concerts.

Et passer à la radio ?
Nicolas : On fait du rock, donc ça n’arrivera pas.
Marcus : Oui, les médias de masse ne diffusent plus de rock.

Pourquoi des clips en noir et blanc ?
Marcus : Tout simplement parce que c’était assez compliqué en studio d’avoir une belle lumière pour faire de la couleur. Et puis, pour le côté brut de la musique. Il faudrait demander à Alexis qui filme et fait les prises de vues.

Comment c’est passé l’enregistrement ?
Marcus : On s’est démerdé tout seul en fait. J’ai la chance d’avoir un studio chez moi. On est dans des supers conditions pour enregistrer. Comme on voulait une base live, on a enregistré tous ensemble pour bien avoir l’énergie de la batterie et de la basse. Avec les moyens et le temps qu’on avait, on a prit soin de refaire les guitares et les voix avec Mathieu l’ancien guitariste du groupe qui m’a bien coaché pour cette partie là.

Le line up de Grit a beaucoup changé depuis l’enregistrement de l’album ?
Marcus : Oui, ça a évolué. Mathieu a fait un bout de tourné en mars (2017), puis il est parti dans la région genevoise.  Quentin est aussi originaire du bord du lac Léman. Moi je suis du nord de Paris. Mais ça fait 4 ans qu’on joue ensemble avec Quentin. Au départ le projet avait un nom différent : Marcus and the Music. C’était beaucoup plus pop. On a créé Grit (qui veut dire « avoir de la volonté » en anglais) quand on a un peu durcit le ton.

L’objectif de Grit est anglais ?
Marcus : Non, la France est notre premier objectif ; c’est une nécessité. Pour un groupe Français, jouer en Angleterre s’avère toujours compliqué. Les anglais ne sont pas faciles avec les français, voire même durs. Il faut simplement trouver les portes d’accès puis les enfoncer. C’est obligatoire qu’on aille vendre notre musique ailleurs. Dans les pays de l’Est, il y aussi un public pour notre musique. Et là que tu chantes en français ou en anglais, c’est la même chose. Vu notre style de musique, chanter en Français apparaîtrait de toute façon très kitch.

Dernière question : sur scène vous jouez sur des amplis Vanflet. Vous pouvez m’expliquer pourquoi ?
Marcus : C’est grâce à l’autre groupe de Quentin, Holy Oysters, un groupe de pote. Max, le chanteur est notre graphiste ! C’est la famille.
Quentin : Oui, Max connait  les deux créateurs de Vanflet par Marco Cinelli qui est endorcé par la marque normande. Max cherchait des amplis depuis un moment et leur approche artisanale a fini par le convaincre.  Personnellement je ne joue pas sur Vanflet… Ils n’ont pas développé l’ampli basse !
Marcus : Moi, je les ai rencontrés au concert de Holy Oyster, où j’assure leur lumière sur scène. Pour ce soir, on leur a proposé de venir pour qu’ils aient de la visibilité. Ils ont été cool d’accepter. Il a fallu un petit moment d’adaptation à la balance pour retrouver nos réglages, mais comme on travaille notre son au niveau des pédales, ça s’est fait vite. En revanche, côté son, c’était mortel ! Vanflet Power ! (rire) Comme leurs amplis sont légers et transportables, il est possible qu’on reparte avec pour la tournée. C’est comme Dusenberg qui nous a gentiment prêté une guitare. Une marque allemande adorée de tous les musiciens. Je l’utilise déjà dans les clips. Et de toutes les guitares que j’ai essayé, ce sont les meilleures. Gibson et Fender c’est bien, mais c’est extrêmement cher. Tout le monde cherche donc de l’occasion. Dusenberg reste une alternative accessible, entre 1500 et 3000€ max, de qualité exceptionnelle avec leur propre accastillage, leurs propres brevets. Ils ont vraiment un son, juste entre la Telecaster et la Les Paul.

Propos recueillis par Hervé Devalan

Prochains concerts 
8 juin : Le Triton (Les Lilas)
9 juin : B52 Club (Bruges – Belgique)
10 Juin : Piano Bar (Namur – Belgique)
16 juin : La Tennerie (Bourg-en-Bresse)
21 juin : Place Centrale (Thionville)

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