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Incry : « Les anglais n’ont pas besoin de comprendre les paroles pour aimer »

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Le Hard Rock est une grande communauté. Chaque année, en Bretagne, le Hellfest le démontre avec les honneurs. En revanche, les groupes français pratiquant cet art avec un certain talent et une vraie reconnaissance hors de l’Hexagone ne sont pas légion. Incry fait parti des heureux élus. Rock made in France se devait de les rencontrer à l’occasion de la sortie de leur troisième album. Kouros (chant) et Chris (Batterie) ont accepté de nous recevoir au… Hard Rock Café évidemment !

Qu’est-ce qui a poussé 4 jeunes à monter un groupe de Hard Rock en 2001 ?
Kouros : Nos références musicales bien sûr. A commencer par Trust. Et puis tous ces groupes américains qui continent à émerger, même s’il s’agit de deux influences différentes. Ceci dit, quand tu regardes dans la rue, beaucoup de gamins de 15/16 ans portent des T-shirts d’AC/DC ou d’Iron Maiden. Peu, il est vrai sont à l’effigie de groupes français !

C’est très main stream comme approche, non ?
Kouros : Non, le Hard Rock est intemporel.

Comment est né Ie groupe ?
Kouros : A l’école Atla (Ecole des musique actuelles ; ndlr) où j’ai rencontré le premier batteur d’Incry. Le line up s’est monté en 15 jours avec Triistan « Noug » à la guitare que je connais depuis très longtemps. Ensemble on a cherché d’autres musiciens dans un esprit plus rock, moins trash, ce qu’on faisait à l’époque. Pour monter un  groupe l’école est un endroit rêvé. On est tombé sur Baptiste (batterie) à l’époque. Quand à Didier (basse), c’est lui qui nous a trouvé ! On a répété à Luna Rossa et ça l’a fait !

Revenons sur cette école. Il y avait beaucoup de groupe de Hard Rock à l’Atla ?
Kouros : Non, on était assez atypique. En plus c’était au début des années 2000. L’école donnait ses premiers cours de Métal. Pour moi, c’était para normal. A l’époque, on était parmi les derniers à faire l’armée et un jour Noug vient me voir et me montre sa carte d’école Atla et me dit : « Je vais prendre des cours de Métal ! ». (rire). C’était surnaturel !
A l’époque, je travaillais et ça pouvait rentrer dans le cadre d’une formation professionnelle. C’est comme ça que j’ai pu remplacer le képi par le Métal. C’est là où j’ai appris toutes les techniques vocales, rencontré pas mal de musiciens et surtout beaucoup partagé.

Et ça fonctionne comme une école classique ?
Kouros : Non, ce sont des cours à la carte. Ce qui fait que tu n’es pas toujours avec les mêmes élèves, même si au total, par promo, on est une centaine, tous styles confondus.

« Pandore » est votre troisième album. Qu’est ce qui a changé depuis 2008 dans votre façon d’appréhender la musique ?
Kouros : Nous déjà ! (rire)
Christophe : Oui, trois batteurs ! (rire) Puisque moi, je suis arrivé en mai 2012.
Kouros : Notre expérience n’est pas la même. On fait les choses de manière plus directes. Avant on se prenait beaucoup la tête, on composait en répétition, etc. Maintenant on avance plus rapidement : droit au but ! Et avec Chris, on a vraiment évolué dans la façon de travailler, même si on partage toujours nos idées ! Il n’y a pas une seule direction et point barre.
Christophe : Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice et arriver avec ses propres compositions.
Kouros : Maintenant, la technologie permet d’avancer en dehors de répétitions. C’est ce qui s’est passé sur cet album. En 6 mois, on avait composé les 10 morceaux et on avait commencé à enregistrer. Car entre temps, on avait pu sampler la batterie pour voir ce que cela donnait sans attendre de se retrouver dans un  local.


Christophe, quand es tu arrivé dans Incry ?
Christophe : Juste avant la sortie du deuxième album. Ce n’et pas moi qui joue sur « Rock.fr ».

Comment on s’approprie le jeu de l’autre en ce cas ?
Christophe : On essaye de respecter ce qu’il a fait tout en mettant sa patte. J’ai ajouté quelques petites choses et depuis ça file droit. Pour le troisième album, j’ai entièrement composé la batterie. Mais comme tout le monde est libre de donner ses idées, du coup, certaine parties de batterie viennent de Kouros par exemple et moi je me contente d’arranger.
Kouros : Et pareil pour Chris qui joue de la guitare.

« Pandore » est donc un album collectif !
Kouros : Complètement ! Avec toujours cette notion d’efficacité qui consiste à reconnaître que l’autre peut être meilleur dans tel ou tel rôle. Je sais que Chris va être beaucoup plus rapide pour faire ses partis de batterie. Donc tu vas lui demander, tu ne vas pas essayer de les faire toi-même. C’est aussi ça l’expérience, on peut mettre sa fierté au rencard.
Christophe : On a chacun un rôle, mais on est capable de passer le flambeau de temps en temps !

Arrivé en studio, l’album était composé ?
Christophe : On avait tout maquetté. Il n’y avait plus qu’à appuyer sur Record.

Combien de temps vous êtes resté en studio ?
Kouros : C’est difficile à quantifier. Ça c’est passé à Angoulême au Art Top Studio chez Olivier Marot. Une première étape dans l’urgence après avoir perdu du temps à penser ce qu’on allait faire. Arrivé au studio, il a fallu foncer. On avait fait une pré maquette de 4 morceaux pour démarcher les maisons de disque. C’est 4 titres ont été enregistré dans la foulée. Au total, entre la composition et la finalisation des 12 morceaux de l’album ça a pris 6 mois. Ensuite, entre les problèmes techniques et les planings chargés des uns et des autres, beaucoup de temps c’est écoulé….


Vos paroles sont engagées. Comment expliquer votre reconnaissance en Grande Bretagne ? (Fireworks magazine, clip sur le site du NME)
Kouros : Chez Incry il y a une vraie volonté de faire différemment de ce qui se pratique en France. On compose d’abord la musique et on va entrevoir le chant par sa résonance instrumentale. Si le texte a un sens, c’est bien. Mais ce n’est pas la volonté première. Les Anglo-saxons ont cette habitude. C’est pour ça que les chroniques obtenues outre manche sont souvent bonnes. Ils ont les codes. Les anglais n’ont pas besoin de comprendre les paroles pour aimer. Au contraire, le français veut et doit comprendre les paroles… Sauf quand il s’agit d’un groupe anglais, c’est marrant ! Notre ambition, c’est d’être créatif, de donner un sens artistique.

Du coup, vous travaillez le marché anglais ?
Kouros : On n’a pas cette volonté explicite. On a un manager qui travaille bien. Des personnes qui croient en nous, certaines connexions qui se mettent en place, etc. Mais ce n’est pas l’Angleterre avant la France.

Une tournée est quand même prévue ?
Kouros : Non, pas encore… Tant qu’on n’a pas signé on ne dit rien. Mais oui, l’envie est là.

Kouros, on vous a déjà dit que vous aviez la même voix chaude et roc que le regretté Schultz de Parabellum ? A ce titre quelles sont vos références ? Punk ou Métal ?
Kouros : (rire) On ne me le dit pas souvent ! Dans les deux cas, se sont des groupes qui se démarquent.
Christophe : Côté influences, Did et moi, on est Métal Rock. Noug et Kouros aiment davantage Alice in Chains, ce genre de groupe.

Et vous suivez la scène métal française ?
Kouros : De façon amicale oui. On se comprend, mais aucune référence commune. Nos influences sont essentiellement américaines : Metallica évidemment, Nickelback beaucoup. En France, on garde une image bienveillante sur Trust. On préfère d’ailleurs garder nos souvenirs intacts… Mais quand tu composes, tu ne peux pas tout absorber. Nous on préfère partir de la feuille blanche, c’est notre côté candide. Si tu écoutes de la musique du matin au soir, c’est compliqué de composer un truc qui te ressemble. Donc on n’écoute pas tant que ça de musique. J’ai des tonnes de copains qui en connaissent 10 fois plus que moi sur la scène rock. Et puis, ce n’est parce que t’es fan d’un groupe que t’as envie de jouer comme lui. T’as pas envie de mélanger ta femme et ta maîtresse !

Comment s’est faite la rencontre avec le Dr Laurent Karila, auteur des paroles de « Monde virtuel ». Un lien avec Satan Jokers ?
Christophe : Laurent Karila est un ami de notre manager. On l’a rencontré sur plusieurs dates. Il est notamment venu au Divan du Monde. De fil en aiguille, il a eu envie d’écrire quelque chose pour nous.
Kouros : A force de le croiser quelqu’un, tu t’intéresses a ce qu’il fait. Il nous  a proposé des textes et j’ai été très surpris : des phrases direct, simples… Très rock’n’roll ! J’ai pris le texte avec la volonté de ne rien changer. J’ai simplement adapté à la musique. Mais il n’y a aucun lien direct avec Satan Joker. Bien sûr je connais Renaud, je l’aime bien, on est amené à se revoir. Et puis musicalement, c’est une référence !


De même comment s’est faite la rencontre avec le groupe allemand Vanden Plas ? Vous jouez souvent en Allemagne et plus généralement à l’étranger ?
Christophe : On voulait vraiment jouer en Allemagne. C’est réellement une terre de Métal. On a été super bien accueillis. L’efficacité allemande était au rendez-vous. Et puis Vanden Place, on les apprécie autant pour leur personnalité que leur musique.
Kouros : On les a rencontrés via notre manager. Et oui encore lui, il faut dire qu’il se donne beaucoup de mal ! Il a produit quelques dates de Vanden Pals en France. On les a rencontrés sur Paris. Le chanteur a aimé notre démarche. Du coup, il nous a invités sur une date à Munich. Et là, tu te retrouves au fin fond de l’Allemagne, en Bavière. Tu ne fais pas le malin. Et à la fin ça le fait !


Du coup, l’étranger, c’est une stratégie de développement pour vous ?
Kouros : On n’a pas  de route tracée. On peut être surpris. L’Allemagne, je n’aurais pas misé cher. Pour l’anecdote, on ne sait pas toujours ce qu’on vaut et à qui on va plaire. C’est ainsi que via notre site internet, on s’est rendu compte que les gens qui nous visitent ne sont pas les adeptes de Métal, mais ce sont les fans de voiture et de moto. Incry, c’est une musique de riders !

Et en 2016 ?
Kouros : Du live, du live, du live.

Propos recueillis par Hervé Devallan


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