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Les Chats Sauvages

Notre affrontement Beatles / Rolling Stones ou Nirvana / Pearl Jam « à nous » c’est – à n’en pas douter – l’opposition Chats Sauvages / Chaussettes Noires. Et nous sommes en 1961, deux ans avant le choc Liverpool – Londres ! Un match passionnant qui fit hurler les foules comme tout combat qui voit s’affronter la province et Paris ! Pour les niçois comme pour les parisiens, l’assaut fut aussi bref qu’intense (1 an), avec sur scène, un léger avantage pour les Chats Sauvages qui pratiquaient un rock endiablé, beaucoup plus violent que leur confrère. Cette année 1961 opposa non seulement Dick et Eddy mais également Pathé Marconi et Barclay avec de nombreux coups bas autorisés par l’enjeu économique que représentaient ces deux énormes vendeurs de disques.

C’est après avoir gagné un concours de chant (et remporté un magnum de Martini !) que le jeune Hervé Forneri décide de former un groupe. Un copain le met en relation avec les frères Roboly et quelques animations de soirées niçoises plus tard, Les Drifters (après avoir essayé plusieurs noms dont Tommy Steele and the Steelmen) notent l’arrivée de Gérard Jacquemus à la basse. Rapidement, jouer en public ne leur suffit pas. Ils veulent passer à la vitesse supérieure et enregistrer un disque. Un échec en France suivi d’un autre en Italie les pousse à monter sur Paris au printemps 1961. Promis ils seront de retour pour la rentrée ! Fort de 70 000 anciens francs « empruntées » à une tante de Jean-Claude et Gérard Roboly et les 4 impétrants s’installent rue de la Salpétrière chez un oncle Roboly. Ils leur manque un batteur qu’ils vont trouver en la personne de Willy Taëb. Le 24 avril, jour des 16 ans d’Hervé, ils auditionnent à Boulogne dans les studios de Pathé Marconi. En revanche, il faut trouver un autre patronyme puisque The Drifters est déjà pris. Ce sera les Chats Sauvages, en référence à Larty Wilde and his Wildcats, le groupe du père de la future Kim Wilde…

Dès le premier disque, c’est le succès avec plus de 200 000 ventes avec le 45t 4 titres « Le jour « J » (I’ve got you de Bobby Doss) / En avant l’amour (I Cannot find a true love de Cliff Richard and the Shadows / Ma p’tite amie est vache (Mean Woman Blues d’Elvis Presley / J’ai pris dans tes yeux ».  Second 45t en juillet (illustré par le célèbre dessinateur Siné) et c’est la route jusqu’à un Palais des Sports en novembre avec Les Chaussettes Noires, Les Champions, Vince Taylor, etc. Dans la foulée un premier 25 cm est enregistré comprenant les deux classiques de la formation : « Est-ce que tu le sais ? » et le célèbre « Twist à Saint-Tropez ».

C’est à ce moment là que Willy « Lewis » Taeïb quitte Les Chats Sauvages pour Les Champions de l’écurie concurrente Barclay. Avec Rodgers à la batterie puis Armand Molinetti et l’anglais Smoky Dean, les cadences infernales se poursuivent : tournée, EP pour finir par leur second album qui sort en mai 1962. Les premières tensions apparaissent dans le groupe jusqu’au jour de septembre où Dick Rivers quitte à son tour le groupe. Pour celui qui avait pris comme nom le pseudo d’Elvis Presley (Deekre Rivers) dans le film « Loving you », l’aventure grégaire n’aura durée qu’un an…

Après une vingtaine de dates avec Thierry Thibault derrière le micro (celui qui allait devenir le chef des Mods du célèbre film de Lautner « Ne nous fâchons pas » ne peut continuer car il a déjà signé chez Barclay – décidément -…), c’est Mike Shannon (Michel Simonet), un grand toulousain blond qui est repéré et choisi. Côté batterie, c’est André Ceccarelli, niçois d’origine qui prend officiellement le poste. Jusqu’en 1964, cette formation enchaînera les disques et les concerts mais n’arrivera pas à décrocher de nouveaux succès populaires. Mike Shannon arrête les frais en juillet 1964. Les Chats Sauvages auront quand même vendus plus de 2 millions de disques !

En 1981, le canal historique (avec Dick Rivers, mais sans Gérard Jacquemus décédé en 1974) reprend du service et sort un album produit par Jean-Pierre Massiera qui fleure bon les années 60. Mais qui s’en souvient ? En revanche, les couloirs judiciaires résonnent encore du procès intenté par Dick Rivers suite à la reformation des Chats Sauvages par les frères Roboly.


A ranger tout près des Chaussettes Noires

Que sont-ils devenus ?

Hervé Forneri continue encore à prêcher la bonne parole du twist et du rock sous le pseudo bien connu de Dick Rivers avec un dernier album live sorti en 2012 et enregistré  à l’Olympia : « Gran’Tour »
Michel Simonet signe son retour en solo sous son pseudonyme (Mike Shannon) puis sous le nom de George Brummell et tente sa chance au Canada sans grand succès. Installé à Toulouse, il est le co organisateur du festival de Mirande.
Gérard Jacquemus
(1943 – 1974)
Fin 1961, Willy Taïeb quitte les Chats Sauvages pour jouer dans Les Champions, Les Gamblers puis Claude François. Il est aujourd’hui producteur.
Après une courte pige au sein des Champions, André Ceccarelli se tourne vers le Jazz tout d’abord dans l’orchestre d’Aimé Borelli dans le milieu des années 60 où passeront également Maurice Vander (beau père de Christian Vander, leader de Magma) et Martial Solal. On le retrouve également au sein de la formation Troc au début des années 70. Comme musicien de Studio il participe à l’enregistrement de plus de 1000 disques ! Il tourne avec l‘ONJ et Dee Dee Bridgewater. Il publie sous son nom une dizaine d’albums, dont le dernier « Golden land » est sorti en 2007.
L’ex Chaussettes Noires, Michel Santangelli joue ensuite avec les Pingouins. Sa grande carrière va croiser la route d’Alan Stivell (Olympia 1972), Dan ar Braz et Jacques Higelin dans les années 80.
Gérard Roboly est devenu antiquaire à Nice.
Jean-Claude Roboly devient producteur pour la TV au Canada puis de retour à Paris retravaille dans la musique. On lui doit notamment les « Masters de la Guitare » en 2001. 

Fiche technique des Chats Sauvages
Ou : Nice
Quand : entre 1960 et 1964 – Reformation : 1981 – 1982
Genre : Rock
Line up
1960 : Hervé Forneri aka Dick Rivers (Chant) – Jean-Claude Roboly (Guit) – Gérard Roboly (Guit) – Gérard Jacquemus (Basse)
1961 : Hervé Forneri aka Dick Rivers (Chant) – Jean-Claude Roboly (Guit) – Gérard Roboly (Guit) – Gérard Jacquemus (Basse) – William Taïeb aka Willy Lewis (Batterie)
1962 : Michel Simonet aka Mike Shannon (Chant) – Jean-Claude Roboly (Guit) – Gérard Roboly (Guit) – Gérard Jacquemus (Basse)
Se sont succédés à la batterie : Armand Molinetti, Dean Shelton et André Ceccarelli
Discographie
EP avec Dick Rivers au chant
1961 : EP « Le jour « J » (I’ve got you) / En avant l’amour (Cannot find a true love) / Ma p’tite amie est vache (Mean Woman Blues) / J’ai pris dans tes yeux » (Pathé Marconi)
1961 : EP « Je veux tout ce que tu veux / Trois en amour (« D » in Love) / Toi l’étranger (The Stranger) / Hey Pony ! » (Pathé Marconi)
1961 : EP « Toi tu es bath pour moi / Dis moi si c’est l’amour / Toi, quel bonheur / Tu peins ton visage (War Paint) » (Pathé Marconi)
1962 : EP « Sous le ciel écossais (When the girl is in your arms) / Un p’tit je ne sais quoi (One track mind) / Les bras de l’amour / Laisse-moi rire (Lessons in love) » (Pathé Marconi)
1962 : EP « Twist à Saint-Tropez / C’est pas sérieux (Theme for a dream) / Est-ce que tu le sais ? (What’d I Say) / Oh Boy !!! » (Pathé Marconi)
1962 : « Oh ! oui » (Pathé Marconi)
1962 : EP « Laissez-nous twister (Twistin’ the night away) / Un cœur tout neuf (A brand new beat) / L’amour que j’ai pour toi (Love of a man) / Cousin-cousine » (Pathé Marconi)
1962 : EP « Je reviendrai (I’m going home) / Tout ce qu’elle voudra (Tell me what she said) 1ère version / Oh ! Lady ; Toute la nuit (Week end) » (Pathé Marconi)
Albums Dick Rivers au chant
1961 : « Est-ce que tu le sais » (Pathé Marconi)
1962 : « Oh ! oui » (Pathé Marconi)
1982 : « Love, love, love » (RCA) avec 10 titres inédits
1987 : « Inédits et titres rares » avec 6 inédits 

EP avec Mike Shannon au chant
1962 : EP “Sherry ; Mon copain / Derniers baisers (Sealed with a Kiss) / Tout le monde twiste (The Twist Kid)” (Pathé Marconi)
1963 : EP B.O.F « Le roi du village » (Pathé Marconi)
1963 : « Venez les filles » (Pathé Marconi)
1963 : EP « John, c’est l’amour (Son, this is she) / Horizon / Emmène-moi (folklore) / Judy, rappelle-toi »
1963 : SP « Dis-lui que je l’aime (Tell her) / Une fille comme toi (The shape I’m in) / Allons, reviens danser (Dancing Shoes) / Quelle nouvelle (Big news) » (Pathé Marconi)
1963 : EP « Laisse-moi chanter / Ô Valérie / Elle t’aime (She loves you) / Moins d’une minute » (Pathé Marconi)
1963 : EP « Jolie fille (Betty Jean) / Seul (Boys) / La route / Ericka » (Pathé Marconi)
1964 : EP «  Merci (L’Edera)-(Constantly) / Je suis prêt (That’s all right) / Obsession (Suspicion) / Malgré tout ça (Shaking feeling) » (Pathé Marconi)
Albums avec Mike Shannon au chant
1963 : « no 3 – Venez les filles » (Pathé Marconi)
1983 : « Mike Shannon et Les Chats Sauvages » (Mondane)

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