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Laura Cox : Bosser avec Money Kids m’a ouvert l’esprit

La guitariste Laura Cox arrive avec un album qui pourrait surprendre les premiers fans. Si le classic rock est toujours – un peu – présent, elle se tourne davantage vers une pop rock aux sonorités très actuelles. Il faut dire qu’elle a enregistré sans son groupe mais avec les Money Kids. Explications. 

Trouble Coming est votre quatrième album. Qu’est-ce qui a changé depuis votre premier disque en 2017 ?
Laura Cox :
Beaucoup de choses. Déjà, je ne l’ai pas enregistré avec les mêmes personnes afin de trouver d’autres sonorités. Des sons auxquels je n’aurais pas eu accès, juste avec mon groupe. Je me suis entourée des No Money Kids, un duo français avec qui j’avais envie de collaborer. Je voulais voir si on pouvait trouver un terrain d’entente entre nos deux univers. Et ça a collé. 
Et puis, pour la première fois, j’ai composé et écrit moi-même l’ensemble de l’album. Plus ça avance, plus j’essaie de m’imposer en tant que compositrice et autrice, de trouver mon style.

Comment s’est passée la rencontre avec les Money Kids ?
L.C. :
Ma manageuse m’avait dit « Ok, qu’est-ce que tu envisages pour ce nouvel album ? Est-ce que tu as des idées ? » Moi ce que je savais, c’est que je voulais quelqu’un qui produise et qui arrange, quelqu’un qui guide le truc musicalement parlant. Bref, j’ai expliqué à ma manageuse que j’avais envie d’un truc un peu plus moderne. C’est elle qui a pris contact avec eux. On ne se connaissait pas. On s’est rencontrés et ça a bien matché. On a donc fait un test sur un titre pour voir qu’on ne s’embarque pas dans quelque chose de bancal. Le test c’est fait sur « Away Home », le deuxième titre de l’album.

Au début c’était un peu un choc. Je me suis dit « Ouh, ça change ! »  Et puis rapidement, ça a matché. Ils comprenaient d’où je venais. Ce que j’ai bien aimé en bossant avec eux, c’était cette sensation de liberté. Je n’ai pas eu à me prendre la tête avec, par exemple, tout le côté technique, matos… sur lequel je me penche d’habitude en studio. Même le choix des instruments, le choix de l’ampli, les réglages et tout. Là, j’étais dans leur studio et ils me mettaient la guitare entre les mains.

Comment avez-vous travaillé avec eux ?
L.C. :
Ça a été un mélange entre leur studio et chez moi. J’avais fait énormément de maquettes, mais avec du matos bas de gamme. Et finalement, ils m’ont dit la prise est bonne, t’inquiètes pour le son, on va remanier ça. Du coup il y a pas mal de prises de voix qu’on a gardées, sans penser que ça allait être définitif. Mais on a quand même réenregistré pas mal de choses chez eux.

C’est ça que j’ai aimé, c’est de pouvoir enregistrer quand je voulais chez moi. Quand j’avais plus ou moins fini la maquette d’un titre, je leur envoyais, ils réfléchissaient à un arrangement, on se voyait et on réenregistrait. Au final, ils m’ont apporté plus de flexibilité, moins de pression, parce que ce n’était pas dans un cadre trop structuré où tu dois tout finir en deux semaines.

En combien de temps vous avez enregistré l’album ?
L.C. :
Ça s’est fait sur trois mois je dirais. Un mois durant lequel j’ai fait des allers-retours chez eux. Et puis, on a fait ça une dizaine de sessions entre septembre et décembre 2024.

Tous les titres étaient maquettés avant d’entrer en studio ?
L.C. :
Certains morceaux étaient quasiment prêts. D’autres titres sont venus durant cette collaboration. Le fait de bosser avec eux, ça m’a un peu ouvert l’esprit. Je me suis dit quitte à tester autre chose, je ne vais pas me mettre de barrière par rapport au style. Je vais un peu aller où mon cerveau m’emmène. Même s’il y a des trucs qui ne me paraissent peut-être pas très cohérents à première écoute, le fait qu’on ait des producteurs et des arrangeurs, ils arriveront à donner une cohésion, une cohérence à l’album.

Quand vous dites des titres différents, vous pensez à quels morceaux ?
L.C. :
Ceux que j’ai enregistrés suite à ma collaboration. Par exemple, Dancing Around The Truth. Je suis partie sur des trucs qui ne sont pas forcément dans mon style à la base. Je pense que ça m’a poussée à travailler un peu différemment, à ne pas me poser de limites. En fait, tous les titres qui sont moins rock, un peu pop. Là, je me suis dit qu’on allait se lâcher. Le but, c’était d’essayer aussi de me sortir de ce cliché classic rock dans lequel j’étais ancrée. J’avais envie de proposer un truc un peu plus moderne. Parfois, ils me disaient, « Attention, Laura, là, t’arrives avec un riff, c’est daté, on ne veut plus entendre ça. En fait, je les ai suivis. Je me suis dit, c’est pour ça qu’ils sont là, je vais leur faire confiance ».

No Money Kids est donc intervenu sur les arrangements ?
L.C.
 : Oui, c’est totalement ça. Moi, je leur livrais un guitare-voix avec un punchak derrière. Tout le reste, c’est eux qui ont habillé.
Sur certaines maquettes, il y a des choses qui ressemblent beaucoup à ce que je leur ai envoyé. Sur d’autres ils les ont vraiment transformées avec leur synthé, leur son de batterie… Parfois, Félix, le guitariste de No Money Kids, a même posé d’autres guitares.

Sur cet album, vous abordez aussi des thèmes plus personnels. Une évidence pour vous ?
L.C. :
Mon point de départ venait souvent d’une expérience, d’une situation vécue. Ensuite, j’extrapole, j’élargis un peu pour que ça puisse parler à tout le monde. C’est vrai que sur les anciens albums, j’avais tendance à rester un peu dans les clichés rock, avec des textes assez légers, du genre, je suis dans ma voiture, les fenêtres ouvertes, je regarde le soleil qui se couche… C’est marrant, mais je commençais à me lasser. Sur cet album, j’ai voulu un peu plus de profondeur. Il se trouve que sur Chop Recoming, j’ai trouvé une espèce de fil rouge, de thème global.

Je me suis rendue compte avec du recul, que chaque chanson tournait autour de la santé mentale, soit en évoquant la dépression, soit la solitude, soit l’addiction. Des sujets récurrents chez les artistes sur la route. Attention, je ne dis pas que je suis atteinte de tous les troubles mentaux possibles, mais c’est vrai qu’en tant que musicien sur la route, souvent, on n’est pas en phase avec le rythme des autres. On est entouré de plein de gens, et en même temps, on se sent seul. Je me suis dit que j’allais essayer de décrire ces sensations, parler un peu des troubles mentaux des artistes. Mais attention toutes les chansons ne traitent pas de ce sujet.

Laura Cox, c’est toi, mais c’est aussi un groupe. Les musiciens sont intervenus en studio ?
L.C. :
Pas du tout. C’est aussi ça la grosse différence par rapport aux autres albums : mon groupe live n’était pas avec moi en studio. J’avais très peur de leur dire qu’ils ne participeraient pas à l’enregistrement. Et ça s’est bien passé. Ils m’ont dit, Laura, ne te prends pas la tête. Si tu as besoin de nous, on est là. Et pour la scène, ça ne bouge pas, c’est cool.

Sur scène, on retrouvera No Money Kids ?
L.C. :
Non, non. Je continue à tourner avec les mêmes musiciens. Justement, ça demande un petit travail de réarrangement. En ce moment, on répète pour que chacun trouve sa place afin de coller à l’esthétique de l’album sans pour autant perdre le son de la scène.

Un père anglais, une mère française, vous chantez en anglais. Jamais en français ?
L.C. :
je pourrais, mais je ne promets pas le résultat. Je ne sais pas ce que ça donnerait !

Vous le faites déjà ou pas ?
L.C. :
Très, très peu. Sur le premier album, il y a un couplet en français sur une chanson. Sinon, à l’occasion de sessions promo, j’ai repris un titre de Francis Cabrel pour une émission télé. Mais c’est vrai que c’est quelque chose que je ne fais jamais. J’écoute très peu de musique française. En faisant du rock, j’ai du mal à imaginer à quoi pourrait ressembler ma musique en français. Mais c’est vrai que pas mal de gens m’en parlent depuis des années. Et je me dis qu’un jour, ça pourrait être fun d’essayer. Le seul truc, c’est que je trouve qu’écrire en français, me semble compliqué.

Le français n’est pas aussi une façon de se livrer davantage ?
L.C :
Oui, je pense, parce que l’anglais n’est pas ma langue maternelle. C’est vrai que mon père est anglais, mais je suis née à Paris.

Vous avez toujours parlé en français ?
L.C. :
Oui, mon père m’a parlé toute sa vie en français En fait, j’ai appris l’anglais à l’école. Et j’ai toujours habité en France. Alors, c’est vrai que sur papier, je suis moitié française, moitié anglaise, mais je me considère comme française.

Quand avez-vous appris la guitare ?
L.C. :
A 14-15 ans, C’est assez tard. Dans les familles de musiciens, ils commencent à 5-6 ans. En fait, ce qui m’a donné envie de faire de la musique, et on va en rire, c’est vers 10-11 ans, quand je regardais la Star Académie. A l’époque, je voyais surtout les musiciens sur le plateau. Mais c’est vrai que j’ai quand même toujours évolué dans un milieu assez rock, la musique que mes parents écoutaient. Au lycée, j’ai commencé ma propre éducation avec des groupes comme Green Day, Nickelback, Offspring… Le punk rock du début des années 2000. Ensuite, ce qui a été compliqué, c’est de trouver ma propre voie. Parce que j’adore la country, le blues, le rock, le hard rock, le métal. Le spectre est large. J’ai quand même eu la sensation que dans tous mes premiers albums, je me cherchais. Là, j’ai l’impression de me trouver.

Vous définissiez votre style musical comme du Southern hard blues. C’est toujours vrai ?
L.C.
 : Je dirais que c’est un peu moins le cas parce que là, on est dans des influences un peu moins classic rock. Il y a quelques morceaux rock, mais c’est vrai que là, j’ai essayé de partir dans une direction un peu plus moderne. Le style Southern hard blues ne colle plus trop à ce dernier album. Mais je ne saurais pas trop comment le définir

L’album va sortir en vinyle. C’est important pour vous ?
L.C. :
En tout cas, le support physique, oui. J’étais de la génération CD davantage que vinyle. J’ai grandi avec les CD. Et le public qui me suit, c’est un public attaché aux supports physiques, que ce soit CD ou vinyle. Ce sont de beaux objets. Moi, quand je vais à un concert, j’aime bien repartir avec un souvenir. Je me pose la question de sortir l’album en édition limitée en cassette. Il n’y a pas longtemps, j’avais encore un lecteur cassette dans ma voiture, donc ça peut peut-être intéresser les gens.

On vous voit quand sur scène ?
L.C.
 : On commence la tournée en mars 2026 avec trois semaines assez remplies en Allemagne, ensuite la Suisse et d’Autriche. A partir d’avril, on est en France. En mai, on attaque une semaine au Royaume-Uni. On n’y était pas retournés depuis longtemps. C’est un vrai challenge parce que les Anglais, n’ont pas besoin d’un groupe français qui vient jouer du rock chez eux. On tourne aussi un peu en Espagne en en Italie. A l’avenir, j’aimerai me rendre plus souvent dans les pays nordiques. On a fait un festival en Suède cet été et ça s’est vraiment bien passé.

Hervé Devallan
Laura Cox « Trouble coming » (Verycords)

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