Le chanteur et l’écrivain se sont bien trouvés. Les mots du poète ont su forcer cette rencontre qui donne 16 titres intimistes et respectueux d’un art pas si mineur que ça.
Aucun choc générationnel ni culturel dans cette rencontre. Les deux hommes ont simplement tracé leur route sans reniement, connaissant le succès et les honneurs sans jamais les jeter en pâture aux hebdos en mal d’indiscrétions. Pour initier cette collaboration, il fallait bien ce véritable coup de foudre du chanteur pour les poèmes de l’écrivain. Il le confirme dans une interview donnée à Europe 1 : « C’est un petit bouquin que je glisse dans mon sac, que j’oublie et trois jours après, entre deux rendez-vous, j’ouvre le livre à une page précise, où il est inscrit « Isolement ». J’ai l’impression que la chanson était déjà faite, qu’elle n’attendait plus que d’être chantée« . Il finit par décrocher son téléphone et invite Michel Houellebecq à écouter le titre « Il se lève, et à ma grande surprise, il vient m’embrasser et me dit : C’est mieux que ce que j’ai écrit. Je suis tout rouge et super content« , raconte-t-il encore sous le charme. Depuis 16 titres ont été enregistrés.
L’album est ainsi fait qu’on est loin des danses électroniques, des furies rock et autres hymnes psychédéliques. Rien à voir, non plus avec les premiers pas de l’écrivain comme chanteur avec le groupe AS Dragon et sa pop énervée chère à Burgalat. Ici, l’univers est intimiste comme un petit déjeuner en amoureux. Les guitares acoustiques prennent le temps et laissent les mots imposer leur poésie. L’album est tout simplement beau comme une pluie d’été. Il ramène un peu de vie là où l’ennui commençait à sourdre.
Hervé Devallan
Jean-Louis Aubert chante Houellebecq « Les parages du vide » (La Loupe / Parlophone / Warner) – 4/5
