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Nouvelle Vague vise la haute définition

Marc Collin de Nouvelle Vague est avant tout un producteur. Un amoureux du son. Rien d’étonnant à ce qu’il célèbre son 20e anniversaire en haute qualité sonore (haute résolution). Pour l’occasion, il présente les trois albums iconiques du groupe – dont un enregistrement live inédit – en Hi-Res 24 Bit sur Qobuz, la plateforme française de streaming et de téléchargement de musique haute qualité.

On retrouve ainsi les albums
Nouvelle Vague – édition 20 ans + bonus tracks
Bande à Part- édition 20 ans + bonus tracks
KCRW Session – Live
Soit une cinquantaine de titres au total.

Voici un lien vers son interview pour la plateforme Qobuz

Pour la sortie du 6ème album de Nouvelle vague au début de l’année, Marc Collin avait aussi répondu à nos questions. Une interview exclusive.

C’est le 6ème album de Nouvelle Vague : vous pensiez que ça durerait 20 ans ?
Marc Collin :
Absolument pas ! Nouvelle Vague, c’était presque pour se marrer. En fait, je voulais aller encore plus loin que ce qu’on a fait. Je voulais faire un disque mystérieux, comme si quelqu’un avait découvert un disque chez un revendeur à Rio et qu’il s’agissait d’une pépite qui allait révéler des trésors repris bien plus tard par des groupes anglais. J’étais allé très loin. Mais c’était compliqué… Pour répondre à votre question, je ne pensais pas aller au-delà du premier album. J’ai pris vite fait les morceaux qui me touchaient le plus. Et puis l’album a marché partout… Le second aussi ! Ensuite, on a été rattrapé par le streaming. Maintenant, les projets ont une durée de vie bien plus longue. Et maintenant, on fête les 20 ans, la réédition vinyle du premier album qu’on rejoue intégralement. Bref, on s’amuse avec le catalogue.

La disparition d’Olivier Libaux a remis en cause le projet ?
M.C.
 : Pas trop. On avait juste décidé de faire une belle tournée pour les 20 ans. On n’était pas forcément d’accord pour le nouvel album. De son côté il avait sorti un disque avec Mélanie Pain. J’ai d’ailleurs repris un morceau sur l’album, le titre « Rebel Yell ». Mais je ne voulais pas répéter la même formule Bossa Nova. Je voulais arrêter là, surtout après sa mort. Et puis le temps a passé. Jusqu’au jour où j’ai rencontré Alonya, une chanteuse incroyable, superbe. C’est là où je me suis dit : j’aime faire des reprises. Alors, quitte à tourner, autant le faire avec des nouveaux morceaux.

Après cette rencontre, tout est allé très vite ?
M.C.
: Oui, en 4 mois. Le premier titre enregistré a été « Should I stay should I go » avec elle.

Un titre punk. Pourtant, l’album penche un peu vers le répertoire pop, non ?
M.C. :
C’est l’éternelle question : qu’est-ce qui vient du punk ? Quand j’avais 14 ans, « Shout ». c’était de la pure new wave. On ne se rendait pas compte d’où ils venaient. Un peu comme Eurythmics. C’est de la new wave électro. Pour moi, Simple Minds, Spandau Ballet, Depeche Mode, Human League et les autres, c’était la même famille : des groupes anglais de new wave. Ils venaient de l’underground, et pour beaucoup, ont réussi à toucher le grand public. Ils n’étaient pas voués à remplir les stades à la base. Donc oui, il y a des morceaux un peu plus pop, mais ce sont des morceaux que j’ai écouté – moi – à cette époque, comme « You Spin Me Round » par exemple.

L’album est constitué à 100% de reprises anglo-saxonnes. Pas de français ?
M.C. :
J’ai fait un album entier qui s’appelle « Couleur sur Paris » consacré aux artistes français. Mais j’ai quand même repris un Daho, « Bleu comme toi » qui n’est pas sur l’album. Je le mettrais plus tard. C’était difficile de l’inclure dans la set list finale.

Votre biographie explique qu’après le premier album, tous les disques suivants ont été des surprises.
M.C.
 : Il faut que je vérifie, mais je pense qu’en 25 ans de carrière, Nouvelle Vague est le seul projet qui connaît un volume 2, 3, 4, etc.

Pourquoi ?
M.C. :
Parce que ça n’a pas marché autant ! Les trois premiers albums de Nouvelle Vague se font dans un même élan. C’est un tourbillon, on est demandé partout dans le monde. Et puis t’es inspiré et ce n’est pas mes chansons, c’est encore plus facile. Ensuite, après l’album français on marque le coup. Qu’est-ce qu’on peut faire de plus ? En 2016, un producteur américain nous demande de réaliser une reprise des Ramones. Il voulait le son Nouvelle Vague et Camille. J’appelle Camille avec qui je n’avais pas travaillé depuis 5 ans. Elle dit oui ! On a aimé retravailler ensemble et on s’est dit qu’on allait faire un nouvel album. Ce fut « Singers », le cinquième. Et le fin mot de l’histoire, c’est que le morceau n’a pas été retenu dans le film !

Nouvelle vague serait un projet « malgré moi » ?
M.C. :
Un peu… C’est-à-dire que je ne me réveille pas le matin en me demandant ce que je vais faire pour Nouvelle Vague. C’est la grande chance de ce projet : on a une liberté totale. C’est un projet de producteur à la base où il n’y a pas réellement d’artiste hormis Olivier et moi. Désormais c’est moi seul et je décide de tout. Comme je suis mon propre producteur, je n’ai que des licences et aucune pression de maisons de disque. C’est quand je veux, ou je veux. On reprend parfois des morceaux complètement inconnus, on fait appel à des chanteuses inconnues aussi et on va jouer dans des endroits improbables. On peut faire 3 dates en Turquie, ce qui n’intéresse personne autrement puisqu’il n’y a pas de marché. C’est aussi dû au fait que le monde a changé. A l’époque, on allait voir des gens qui avaient notre âge sur scène. On ne voyait pas un type de 50 ans sur scène. De toute façon tous les groupes splittaient et surtout ne se reformaient pas. Curieusement, maintenant, ça ne dérange personne d’aller voir des gens qui ont 80 ans sur scène ! C’est dingue. Du coup, nous, on se dit, pourquoi pas continuer !

Un succès mondial dès le premier album ?
M.C. :
Le premier album a été un succès mondial, mais on était sur un petit label. Du coup avec des licences par ci par là. En revanche, le deuxième et troisième album ont été signé chez PIAS qui ont mis les moyens. En fait, on a récupéré plein de retombées média qui avaient entendu parler du premier disque sans rien faire. Ils étaient passé à côté. Ils se sont rattrapés sur le deuxième album. On a fait Taratata, le journal de Canal+, etc. Là, on a vendu plus d’un million d’albums. Un vrai succès.

Pourquoi les anglo-saxons sont séduits par Nouvelle Vague ?
M.C. :
Le projet est né chez moi, sur mon petit label. Du coup, j’envisage tout de suite des licences. Les gros labels me jetant tous. Le seul qui a cru au projet c’est Frédéric Rebet chez Naïve, tout en me disant qu’il ne pouvait pas le faire. Ivan Smagghe avec qui je bossais à l’époque le laisse chez Peace Frog, un petit label anglais qui me fait une proposition. Comme je n’avais pas le choix, je signe avec eux. Et finalement, ce projet est né en Angleterre et ça change tout ! Toute la promo est partie de là-bas. Et l’Angleterre est un lead dans le monde. Quand on commence à avoir la presse anglaise, c’est lu à l’international. Le succès anglais explose partout. En fin de compte, la France a suivi après comme les autres pays. Ensuite on a signé sur le label Luaka Bop de David Byrne aux Etats Unis. Et de là s’ouvre le marché de l’Amérique du Sud, l’Asie… On fait, on fait un petit tube planétaire. En plus en live, on était très bon : Camille était incroyable. C’était le bon moment. Aujourd’hui, on sortirait le projet que ça n’intéresserait personne. A l’époque, rendre hommage aux groupes post punk, c’était le bon timing.

Et le fait que ce soit un projet créé par un Français, ça a joué en faveur de Nouvelle Vague ?
M.C. :
Ils ont adoré. Ils nous ont dit : il n’y a que des français qui ont osé faire ça. C’était irrévérencieux. On ne s’en rend pas compte. Depuis beaucoup de gens ont pratiqué l’art de la cover. Les anglais ont adoré ce côté audacieux d’un projet qui s’attaque à une culture qui n’est pas la sienne. En même temps on rend hommage à cette culture. Les gens se sont rendu compte qu’on connaissait notre affaire et les fans étaient super contents qu’on parle de leurs groupes. Il y a 20 ans, cette scène post punk n’existait plus.

Et pourquoi la Bossa Nova ?
M.C. :
J’aime la bossa nova et à l’époque on disait que les punks ne savaient pas chanter, danser, composer… Et bien si, ce sont de vraies chansons ! en fin de compte, c’est très conceptuel sans trop y avoir réfléchi avant. D’avoir choisi des chanteuses et pas des chanteurs, c’est juste parce que je ne connaissais pas de chanteuses ! J’ai appelé Camille, Mélanie et voilà.

Comment a été reçu Nouvelle Vague au Brésil ?
M.C. :
Hyper bien ! Eux, n’ont pas découvert Nouvelle Vague comme un groupe de bossa nova français, mais comme le projet hype du moment. Pour les jeunes brésiliens, la bossa nova c’est un peu de la musique folklorique. Ce qu’ils ont aimé c’est la fraîcheur du projet.

Tous ces albums des années 80 font partie de votre discothèque vinyle ?
M.C. :
Oui ! J’ai acheté très tôt des vinyles. Avant ça, j’avais un petit business illégal : je vendais des K7 live pirates que j’enregistrais avec mon walkman. J’étais en relation avec des gars comme moi dans le monde entier. Et le gars qui enregistrait Cure à Hambourg, à Tokyo… on s’échangeait les K7. J’avais une collection de dingue, plus de 1000 K7 ! J’avais toute la tournée de New Order de 84 par exemple. Je vendais par correspondance et au lycée tous mes pirates. Tout ça pour dire que j’avais plein d’argent pour acheter des vinyles ! J’achetais tout ce qui sortait : les maxis, les 33t… Le problème c’est que j’en ai revendu pas mal au début des années 2000, surtout les collectors. J’ai eu tort, mais bon…  Bon, il m’en reste encore énormément. Je continue à en acheter mains qu’avant quand même. Car j’ai du mal à les écouter. Ils sont au bureau. Et puis, je n’arrive plus à écouter un disque comme quand j’étais jeune. A l’époque je pouvais écouter un disque 30 fois de suite. Aujourd’hui, il y a trop de truc à écouter. Le streaming est bien fait pour ça. En revanche, quand j’adore vraiment un album, là j’achète le vinyle. Comme avant en fin de compte ! Sans compter les disques d’occasion.

Vos bonnes adresses à Paris ?
M.C. :
Mon studio est presque au-dessus de Monster Mélodie et à côté de Parallèle, donc… Il y a aussi Betino’s Records dans le 11e qui est plutôt pas mal. Balades Sonores aussi. Et Les Puces bien sûr.

Hervé Devallan

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