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Heldon

Heldon, c’est le groupe de Richard Pinhas (1951), ancien prof de Philo à l’université de la Sorbonne et journaliste au magazine branché parisien Actuel. A la recherche perpétuelle du son, sans ligne mélodique et sans rupture d’accord, Heldon navigue entre musique expérimentale, progressive à la Tangerine Dream, Robert Fripp / Brian Eno ou encore l’école de Berlin conduite par Kraftwerk. Après une première expérience avec le groupe Schizo, en 1974, il enregistre pratiquement seul un premier album sous l’entité Heldon. Alain Renaud intervenant parfois à la guitare. Un album édité à 1000 exemplaires par l’association Disjunctas destinée à « promouvoir de la musique non distribuée normalement ». S’il dispose d’une grande liberté, il doit aussi user et abuser du system D à l’image des séances d’enregistrement au studio Davout troquées contre des sessions de guitariste. « Je n’ai jamais mis d’argent dans les albums, à part le premier où j’ai mis 7000 francs. Je n’en ai jamais eu ni le désir, ni la volonté, ni les moyens. » explique t-il dans une interview accordée au magazine Christal Lake en 1994. Cette liberté de ton et d’action se retrouve par exemple dans cet étonnant 45t en soutien à la RAF (Rote Armee Fraktion) ou Fraction Armée Rouge. Le disque était distribué gratuitement… Son côté anarchiste sûrement.
Il faut attendre 1976 et le disque « Agneta Nelsson » (dont la superbe pochette est signée Daphné Mouchnoux) pour qu’Heldon ne se résume plus au simple Richard Pinhas. L’album est enregistré avec Alain Bellaiche (basse), Patrick Gauthier (minimoog) et Coco Roussel (batterie, percussions). La même année, il installe de façon permanente ses synthés dans un local des studios Davout en région parisienne. A partir de « Un rêve sans conséquence spéciale », dont le titre est la traduction d’un disque pirate de King Crimson, Heldon se stabilise autour de Richard Pinhas, François Auger et Patrick Gauthier. Le groupe est ensuite mis entre parenthèse avec la sortie de deux albums solo de Richard Pinhas. Heldon revient dans les bacs en 1978 et l’album « Interface » où Didier Batard tient la basse sur un morceau. Le dernier album « Stand by » sortira en 1979 sur l’excellent label progressif Egg, filiale de Barclay. Si cet opus met un terme au projet Heldon, l’univers de Richard Pinhas continue ses expérimentations. Très proche des écrivains de science fiction (Spinrad lui dédicace son roman Little Heroes), Heldon a joué les pionniers de la musique électronique tendance NIN voire Rage Against the Machine.



A ranger entre
Carpe Diem et Magma
Ecouter Richard Pinhas sur Myspace


Avant Heldon : Schizo, premier groupe de Richard Pinhas avec Patrick Gauthier (piano), Georges Grunblatt (synthé VCS 3), Coco Roussel (batterie), Pierrot Roussel (basse) et Olivier Pamela (chant) –  Richard Pinhas est également présent sur l’album « No Sex » d’Odeurs

 

Que sont-ils devenus ?
Sous son nom où ceux d’Ose, Drones ou encore Island, Richard Pinhas enchaîne les disques à partir de 1978 avec les anciens musiciens d’Heldon ou de Magma. Puis silence absolu pendant 6 ans dans les années 90. A l’aube des années 2000, il travaille sur trois albums avec l’écrivain et ancien clavier d’Artefact, Maurice G. Dantec. Ensemble, ils sortent 3 albums sous le nom de Schizotrope en 1999, 2000 et 2001. Il édite également plusieurs ouvrages sur le philosophe Gilles Deleuze. Il collabore également avec l’écrivain américain Hubert Selby. La mort de ce dernier en 2004 transforme le livre d’entretiens en une série de documents inédits. Son dernier album « Métatron » est sorti en 2006.
D’anciens musiciens d’Heldon forment Weidorge avec d’ex Magma. Un combo jazz rock où se retrouvent entre autre Bernard Paganotti à la basse et les frères Guillard au sax et à la trompette.
Janick Top se retrouve au sein de la formation psychedelic Cheval Fou. 

 

Fiche technique de Heldon
Ou : Paris
Quand : 1972 – 1980
Genre : Progressif
Line up
1976 : Richard Pinhas (Guit, Claviers) – François Auger (Batterie) – Didier Batard (Basse)
Ont aussi joués dans Heldon
Alain Renaud (Guit) – George Grunblatt (Claviers) – Patrick Gauthier (Claviers) – Coco Roussel (Batterie) – Pierrot Roussel (Guit) – Gilles Deleuze (Chant) – Alain Belaiche (Basse) – Gilbert Artman (Batterie) – Jean My Truong (Batterie) – Ariel Kalma (Harmonium indien) – Michel Etori (Guit) – Janick Top (Basse) – Patrick Gauthier (Claviers)
Albums
1974 : « Electronique guérilla » (Disjuncta)
1975 : « Allez Teia » (Disjuncta)
1975 : 45t « Heldon – soutient à la RAF » (Disjouncta)
1975 : « It’s always rock’n’roll » (Disjuncta)
1976 : « Agneta Nilsson » (Disjuncta)
1976 : “Un rêve sans conséquence spéciale” (Cobra)
1978 : « Interface » (Cobra)
1979 : « Stand by » (Egg)

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