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Little Bob Story « Last Night In Paris »
Double album encapsulant en 22 titres un concert donné à La Cigale à Paris, ce disque live capture toute l’énergie du groupe Little Bob Story à la fin des années 80. Mais le chanteur, 81 ans, né au Havre, remonte encore sur scène, au Café de la Danse, le vendredi 5 juin à Paris, entouré cette fois de ses Blue Bastards, le nouveau groupe qu’il a constitué en 2012…
C’était à La Cigale, à Paris, et cela remonte à quelques années… 38 ! Pour être précis. Roberto Piazza, alias Little Bob, s’était époumonné, entouré de son gang (Yves Chouard, Gilles Mallet, aux guitares / Nico Garrotin, à la batterie / Paul Gene-Burroughs à la basse / Mickey Blow à l’harmonica), devant un public conquis, averti, et pas vraiment riquiqui, enchaînant pas moins de cinq rappels pour satisfaire les fans du groupe (Little Bob Story) et son leader. Sur CD et en streaming, cela donne un double disque avec 22 titres (10 d’un côté, 12 de l’autre) qui démarre avec Ringolevio annoncé par un tonitruant « Good evening ! Have you heard about the gang ? The Warriors are coming tonight ! The Warriors of Ringolevio ! » D’emblée, on sait que les guitares vont écrêter quelques têtes, découper des lardons et faire un peu plus qu’un minimum de bruit. On est dans du rock, du rock’n’roll, du vrai, du bon, du genre à donner envie de filer sur le bitume. Vous êtes prêt ! C’est parti ! Les sept salopards de Little Bob sont partis pour un long western en 22 étapes brûlantes. Il y aura quelques rares plages de calme (Moving Slowly in the dark, Light Of My Town, Crosses on the hill…) mais pas de quoi vraiment avoir le temps de prendre des coups de soleil. En général, quand Little Bob se met au micro, c’est pour allumer le feu (Shadow Lane, Green Back Dollar, Riot in Toulouse…) et ne surtout pas l’éteindre. Ça cavale donc sec tout au long de ce concert à La Cigale, émaillé de quelques reprises bien senties comme Kick Out Ot The Jam emprunté à MC5, I Fought The Law piqué à Sonny Curtis des Crickets (ou au Clash, selon la génération à laquelle on appartient), ou un Play with Fire dérobé aux Rolling Stones. Le disque s’achève sur un boogie woogie, High Time, avec harmonica, batterie déchaîné, et tutti quanti, parfait pour faire tricoter une dernière fois les guiboles des bienheureux qui étaient présents à La Cigale ce soir-là : le 28 mars 1998.
Frédérick Rapilly
Little Bob Story « Last Night In Paris » (Cat Records) – 4/5











