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Manu Lanvin : « Mon nom n’a pas été un Sésame »

Manu Lanvin, fils de l’acteur Gérard et de l’ex chanteuse Jennifer, est un bluesman qui chante du rock, ou un rocker qui ne refuse jamais un petit blues. Sa musique s’inscrit donc dans une tradition de transmission. On pense aux Rolling Stones reprenant BB King ou Skip James, même si lui adopte souvent une démarche inverse, habiller quelques classiques d’AC/DC par exemple de mesures blues… Sa grosse voix et sa 6 cordes sont deux atouts de taille pour transformer n’importe quel morceau musclé en cri déchirant. Chantant en anglais et en française, on pense à Paul Personne et/ou Johnny, un Johnny qui l’avait d’ailleurs invité à croise le manche de 6 cordes. Le nouvel album de Manu Lanvin & The Devil Blues s’appelle Grand Casino, c’est déjà sa septième livraison studio.

Où as été enregistré ce disque ?
Dans le casino de Forge les eaux dans un vrai casino, il y a un studio d’enregistrement. Ça m’a rapproché de la mythologie du festival de jazz de Montreux. Le proprio est un passionné de matériel analogique, il a racheté une partie du matériel qui a appartenu au studio Pathé Marconi. Il y a des micros Téléfunken qui ont servi aux Rolling Stones, aussi à ma maman. Et j’ai réalisé que j’avais du crier dans ce micro quand j’avais 5 ans. (Sa maman, ex mannequin reconvertie en chanteuse disco sous le nom de Jennifer a eut un énorme succès en 1976 intitulé « Do It For Me »)

La guitare c’est parce que tu étais mauvais à l’école ?
Non, j’étais même plutôt un bon élève, je pensais tout faire sauf une carrière d’artiste. Mes parents m’ont trainé à Téléphone, Trust, Renaud, mais c’était sans doute Téléphone le plus marquant, je voyais un groupe de jeunes qui s’amusait sur scène.
Je commence par jouer de la batterie, mes parents me disaient que ce n’était pas le plus pratique pour se déplacer, je me suis mis à la guitare. Ma première c’est mon père qui me la donnée, c’est celle dont il se sert dans le film Marche à l’ombre, une vieille Ibanez acoustique. Il jouait avec dans le film. Il m’a dit : Tu peux voyager avec ça. Mes parents déménageaient deux fois par an, et c’est sans doute pour cela qu’ils m’ont dit ça. Mon père prenait des cours, et je piquais des plans qu’il me montrait.

Ça fait presque vingt ans que tu sors des disques, d’abord en solo mais maintenant c’est Manu Lanvin & The Devil Blues.
Oui, les trois premiers albums (Venir Au MondeLes Temps MauvaisFaible Humain) c’est seulement Manu Lanvin, j’avais du mal à communiquer avec les maisons de disques, il faut resituer un peu, à la base c’est le projet d’un mec qui joue de la guitare. Les trois premiers disques sont en français, mais l’anglais permet d’avoir plus de débouchés, donc sur le quatrième Son(s) Of The Blues, il y a de l’anglais. Les collaborations m’ont décomplexé aussi, la première qui est importante c’est Calvin Russel, il me remet en perspective. Je suis un français très influencé par la musique anglo-saxonne.

Comment rencontres-tu Calvin ?
C’est Paul Personne qui me le présente, et on devient pote. Je suis le premier avec lequel il va écrire, l’album Dawg Eat Dawg (2009). Je suis fan du bonhomme avec sa gueule de croque-mort et son haut de forme. C’est après que je vais fonder les Devil Blues. Quand Calvin meurt (3 avril 2011), je suis un peu perdu, je suis son guitariste, son chef d’orchestre, son pote. Je me suis beaucoup investi dans son aventure. Avant de partir il m’a dit : Continue, fais-moi plaisir… Ce que je fais, Mauvais Casting sort en 2012.

Quel regard portes-tu sur ta carrière ?
Je ne suis pas très marketé, je ne vais pas faire l’andouille sur les plateaux de télé, mais grâce à un travail de fonds, je fais mes 600 entrées payantes dans chaque ville où je passe. C’est chouette, le public est là.

Il y a de nombreuses reprises sur ton nouvel album Grand Casino.
Je joue du blues mâtinée de rock, mais l’inverse est vrai. Le blues c’est la racine de pas mal de choses selon Willie Dixon. Il a raison. Le blues donne naissance à la soul, le ryhthm and blues, le rock… « Tous ça, vient du blues » ! C’est très électrique, très gonflé au niveau du son. Moi, je suis autant fan de guitare héros de Robert Johnson que d’AC/DC. Eux-mêmes étaient   complètement mordus de blues, et il est vrai que ce sont souvent les trois mêmes accords. Ça m’a amusé de tenter, il était hors de question de plagier, de faire à l’identique ce que je n’aurais jamais su faire, des reprises des Rolling Stones, de Skip James, BB King… C’était l’envie de faire un clin d’œil. Je voulais réinscrire ces titres-là dans leur inspiration d’origine. Les Rolling Stones expliquaient souvent, comment ils ont pris des formules du blues et les ont emmenées vers le rock. Moi j’ai voulu faire le chemin inverse.

Est-ce que tu as galéré ? Est-ce que ton nom était un Sésame ?
A un moment donné j’ai vu que les médias ne répondaient pas, que ça ramait beaucoup. Avant les artistes attendaient que ça décolle en radio avant de tourner, moi j’ai fait l’inverse. Je suis passé par les concerts pour inverser la chose, sans ça, je serai resté chez moi. Avec Jim mon batteur on jouait partout au début, dans des campings, aux coins de rue, on y allait. On s’en foutait. On jouait. Et les médias ne voulaient pas venir à nous. Mais cette démarche nous a vraiment souri. Je fais un peu la même chose en Allemagne en ce moment, j’adore cette façon de travailler. Quel mec aujourd’hui a envie de programmer du rock ou eu blues à la télé ? Ce qui est dommage car aux Etats-Unis aujourd’hui plein de nouveaux artistes émergent, eux les médias les supportent. Ici, si ce n’est pas de la dance ou du rap… Heureusement il y a des gens que ça intéressent, mais on est obligé d’aller les chercher. Sinon, non mon nom n’a pas été un Sésame, mon père se fait plutôt rare sur les plateaux télé.

Tu as joué avec Johnny.
J’ai ouvert en 2000 à l’Olympia, il m’avait invité sur la dernière date à venir faire un duo avec lui. Je jouais souvent aux Caraïbes dans un mini festival, et à chaque  fois il venait me voir, à Saint Bart’ donc, sans que je ne m’y attende. Un jour il me dit : Je ne savais pas que tu jouais comme ça. Et il m’a réinvité à ouvrir pour sa dernière tournée en 2015. Evidemment que j’ai dit oui une seconde fois. J’étais à new York, quand il me l’a proposé, on s’est retrouvé sur des énormes machines. C’était un truc de fou, des Zénith remplis, équipe technique géniale. Fidèle à sa parole, avec son public et moi. A l’Olympia, la première fois on a joué « Au Bon vieux temps du rock and roll », quand il me l’a proposé je lui ai dit : Oui oui évidemment que je la connais. J’ai du l’apprendre le soir même avec Erick Bamy qui me donnait des indications… Mais on s’en est pas mal tiré je crois !

Propos recueillis par Christian Eudeline

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