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Marie France : « Moins espiègle, moins chipie, plus femme fatale »

Cela faisait plusieurs années que Marie France avait disparu du paysage médiatique ou plutôt qu’on ne la rencontrait plus dans les rues du 18ème arrondissement. Artiste égérie de Pierre et Gilles, duettiste avec Marc Almond qui voici une quinzaine d’années raconta sa vie dans une biographie Elle Etait Une Fois (Denoël, 2003) elle revient avec un nouvel album intitulé Tendre Assassine (29music).  
Un titre oxymore qui lui sied bien, nouveau chapitre d’une aventure entamée il y a plusieurs années déjà et qui devient de plus en plus intemporelle. A l’image de ces piano-voix mis composés par Leonard Lasry. Trop de vague à l’âme qui ouvre le bal explique d’une certaine façon son chemin, mais le climax de ce disque reste le duo « Déjà vu ». Un mariage artistique entre les Leonard et Marie France qui rappelle que la chanson française peut nous bouleverser.
Nous les retrouvons aux Deux Magots un beau jour de septembre, un quartier mythique s’il en est. Serge Gainsbourg et Juliette Greco habitaient à deux pas.

Ce nouvel album sonne comme un retour.
Marie France : J’ai quitté Paris en 2015 pour m’installer à Sète, peu de temps après la revue de Thierry Mugler, Mugler Follies, pour m’occuper de ma mère. J’avais très envie de déménager, de changer d’air. Je trouvais que j’avais assez donné, mai sil n’était pas question d’abandonner. S’il se passait des choses magiques : Pourquoi pas ? Et c’est ce qui s’est passé d’une certaine façon, j’ai rencontré Leonard (Lasry). On se connaissait parce que je chante en duo sur son premier album (« Du désir au bout des doigts » sur Des Illusions sorti en 2006).
Leonard Lasry : J’avais écrit cette chanson pour elle, et puisqu’elle m’avait dit qu’elle n’était pas contre une suite, j’avais dans l’idée qu’un jour on puisse faire quelque chose. On se croisait régulièrement, j’allais la voir en concert, elle est venue chanter avec mois sur scène. En 2014 je me suis fait un peu plus pressant, mais Marie France s’était déjà engagée avec Jacques Duvall sur un autre projet. Donc j’ai attendu mon tour, même si entre temps je signe la musique d’un film Jours de France dans lequel elle joue et chante. C’est un ami commun, Jérôme Reybaud qui a réalisé ce film et voilà, on a commencé à se revoir à ce moment-là.
Marie France : En 2018 il y a eut un dîner chez des amis, nous étions tous les deux invités, au moment de partir Leonard m’a pris dans ses bras et dit qu’il était prêt pour mon album. Il me parle d’Elisa Point pour les textes, et comme c’est une auteur que j’adore, comment refuser ? Quelques jours plus tard, j’étais rentrée à Sète et Leonard commençait à m’envoyer des chansons que je trouvais superbes. On a enchaîné, ça prendra un an.

Il y a plusieurs Marie France, la meneuse de revue, la rockeuse mais aujourd’hui c’est plus la chanteuse.
Marie France : C’est un petit peu ce que j’ai toujours voulu faire, dans l’esprit des chanteuses françaises telle Jeanne Moreau ou Juliette Greco. C’est cet univers-là.

C’était tes premiers amours la chanson, avant le rock ?
Marie France : Je n’ai pas commencé avec du rock, ma première chanson enregistré c’est dans le film d’André Téchiné Barocco, « On se voit se voir » composée par Philippe Sarde en 1976. Et il se trouve qu’Elisa et Leonard adorent cette chanson.
Leonard Lasry : C’était même notre point de départ, nous voulions cette Marie France là. Que l’on voyait souvent en concerts, car même lorsqu’elle reprenait volontiers certains titres de l’album enregistré avec Bijou (39 De Fièvre), il y avait toujours ce côté un peu cabaret, très moderne. Où elle se fait un peu diabolique et séductrice. Ce n’est pas de la chanson française Rive gauche, avec marie France ça prend tout de suite une dimension spéciale, et on voulait retrouver ça, alors que bizarrement dans ses albums ça ne se retrouve pas forcément. Elisa m’a dit : Je vais écrire dans le sentiment, dans l’intime. Alors que Jacques Duvall par exemple appuie sur le côté pop et garce.
Marie France : Moins espiègle, moins chipie, plus femme fatale, ce qui me va tout à fait. J’étais enfin une femme qui chante, et plus une poupée hystérique.

D’où le piano voix ?
Leonard Lasry : J’aimais beaucoup lorsqu’elle donnait des concerts avec le pianiste Christophe Cravero, je trouve qu’elle épousait vraiment bien le piano.
Marie France : C’est vrai que tous les éléments fonctionnent. Pour me convaincre pleinement de faire cet album, le piano était un élément fondamental.
Leonard Lasry : Ce qui n’empêche un petit peu de guitare, en référence à son disque enregistré avec Yan Péchin (Marie France, 1997)
Marie France : Et j’ai flashé sur un pianiste il y a deux ans, Charly Woodoo de la troupe de Madame Arthur. J’étais très proche de Frédéric Botton et je trouve que les mélodies de Leonard s’en rapprochent énormément.

Comment peux-tu me décrire ces chansons à la Botton ?
Leonard Lasry : Il faut qu’elles soient mélodiques, et j’ai comme l’impression qu’il y a du champagne dans les mélodies.
Marie France : Ces chansons me font penser à Françoise Sagan…

Est-ce que cela te manquait de chanter ?
Marie France : Le manque, pas vraiment. Je suis une grande vivante donc j’ai toujours mille choses à faire, mais il m’arrivait de chanter à Sète avec des groupes du coin.

Ce n’était donc pas une retraite anticipée, tu as toujours multiplié les activités, actrice, chanteuse, meneuse de revue…
Marie France : Je suis une touche à tout, passant du théâtre à la chanson, du cinéma à la Revue. Mais je dirais que la chanson réunit un petit peu tout, le théâtre et la musique.

Vous allez tourner ?
Marie France : Moi j’adorerais,
Leonard Lasry : Tourner le mot est un peu fort pour l’instant, mais il va y avoir quelques concerts oui. Des dates sont prévues ici et là, nous sommes sur une structure indépendante, 29music est mon label. Il est abrité par Kuroneko un distributeur qui travaille une centaine de références, de Talisco à Jay-Jay Johanson en passant par Laurent Garnier. Nous n’avons pas encore de tourneur.
Marie France : Mon rêve serait de tourner en France car je suis active sur les réseaux sociaux comme Facebook et plein de gens m’écrivent : « Pourquoi vous ne venez pas ici ou là ? »

Les gens t’identifient, mais est-ce qu’il reste un cap à franchir pour être plébiscité par le grand public ?
Marie France : C’est une fois que tu as passé l’information que les gens viennent vers toi ou non, mais il est vrai qu’il y a comme un premier cap à franchir.
Leonard Lasry : C’est une nouvelle histoire qui s’écrit en tout cas, les premiers retours que l’on a sont positifs et encourageants. Le bouche à oreilles est désormais primordial, autant que France Inter par exemple qui a décidé de programmer ce disque.
Marie France : Nous ne décidons plus rien ne fois que l’album est sorti.

Nous avons parlé de Barocco, quel souvenir as-tu de ce premier enregistrement ?
Marie France : En fait j’étais un coup de cœur d’André Téchiné lorsqu’il ma vu, ça a mûri dans sa tête et il a voulu me faire tourner. Je me souviens, j’étais à ce moment-là en tournée en Allemagne, et Sam m’a dit : Je voudrais vous proposer une chanson mais je ne connais pas votre voix. Il voulait que je lui chante « Fascination » (titre d’Aimable repris par Jacqueline François et Edit Piaf) et c’est ce que j’ai fait sur une cassette audio que je lui ai envoyé ensuite. Et en rentrant à Paris il m’a proposé « On se voit ce soir ». Philippe aura le César de la musque en 1977.

C’était une nouvelle corde à ton arc alors car tu es meneuse de revue.
Marie France : Oui je chante dans les cabarets, j’ai un numéro de Marilyn. J’avais très envie de chanter mais mon caractère fait que j’attends toujours que les choses me tombent du ciel. Si elles arrivent c’est bien, je ne sui spas du tout carriériste, même si mis bout à bout, j’ai fait pas mal de choses.

Et le moment que tu as préféré alors ?
Marie France : J’ai aimé le cabaret, j’ai aimé tourner, j’ai aimé le rock, travailler avec Jacques Duvall et Jay Alanski aussi, ils ont beaucoup compté pour moi.

Ce sont eux qui t’ont proposé de chanter du rock ?
Marie France : Le premier 45 tours « Daisy » / « Déréglée », c’est Jacques Duvall en 1977 qui écrit les textes. Et tout de suite après il y en a un autre « Marie Françoise se suicide » co-écrit par Jacques toujours et mis en musique par Jay Alanski, il en écriront d’autres comme « Je ne me quitterai jamais » ou « Champs-Elysées ». Mais entre-temps il y aura cet album avec Bijou. On a fait des concerts d’ailleurs, je me souviens d’un palace à Paris et aussi d’un concert en Belgique ou en Espagne, à Marbella. Masi en fait ce que je préfère c’est ce que l’on fait en ce moment, j’adore emmener les gens avec moi dans une histoire, il y a juste ma voix et un instrument.

Propos recueillis par Christian Eudeline
Marie France sera aux Trois Baudets en décembre.

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