Rock Made in France

NG Création, Agence web paris nice, application web et mobile

Actu

Mina Sang « Incorporée »

De son Limousin d’adoption, Mina Sang nous envoie cinq cartes postales. Cinq arrêts sur image sombres et néo new wave à l’ambition intrigante.

La pochette et sa photo en noir et blanc salie par le temps n’est pas sans rappeler la fin des années 70 à l’insouciance suicidaire. Elle s’appelait « Fait Divers » chantera Téléphone à la fin de la décade. Mais on se fourvoie si on pense rock. Les cinq morceaux de son premier EP « Incorporé » penchent plutôt pour le versant noir et triste de la chanson pop française. Une sorte de new wave tracassée par son propre destin. D’une voix fragile, Mina Sang dresse le portrait d’un monde à bout de souffle, toujours entre colères et faux espoirs. A moins que l’amour ne la sauve (« Je brûle ») ? Il faut dire qu’elle habite sur le plateau de Millevaches. Un sommet corrézien aussi beau que désertique. On a le temps de se triturer les méninges et transformer la matière grise en chansons. Des chansons qu’elle réserve d’abord à ses amis et que la rencontre avec Boris Boublil (qui a longtemps accompagné Dominique A) libère au public. Sans cela, il est fort à parier qu’elle serait restée squatteuse et fermière, sculptrice et cartomancienne, accordéoniste et camionneuse. Ça nourrit l’imaginaire un tel parcours. Et quand ses mots ne sont pas assez forts, elle s’approprie ceux d’Arthur Rimbaud (« Enfance »). On retiendra aussi cette photo à l’intérieur de l’album : une manifestation parisienne avec un seul mot d’ordre : « A mort la politique ». En 1944, c’était « Mort aux cons ». L’ambition est la même. Reste à connaître la zone de recouvrement.

Hervé Devallan
Mina Sang « Incorporée » (Doux Divorce Records) – 3/5

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Abonnez-vous à notre newsletter

Retrouvez nous sur Facebook

    Les bonnes infos





    Les bonnes adresses