
Nous passons devant le chantier des sous-marins nucléaires de General Dynamics à New London, puis on fait un court arrêt à Mystic, au nom énigmatique, connue pour sa fabrique de cordages. Je connais toutes ces informations – le chantier de sous-marin, la fabrique de cordages – parce qu’on m’en a parlé. Alors qu’on a quitté New York et que les campagnes s’épanouissent, les gens s’ouvrent de même. Après des jours dans une ville où ils ont évité le contact avec les inconnus, ils parlent, redeviennent humains.
He’s a schmuck!
… et les Bostoniens ADORENT parler. Je prends un petit déjeuner dans un diner sur South Street et le ton est bruyant et rauque. Si j’ouvrais l’app multi-mètre de mon téléphone (tout musicien qui se respecte devrait en avoir une), cela montrerait une étendue de fréquence sensiblement différente de celle à laquelle les oreilles sont soumises dans un bistro parisien, un pub londonien ou un bar à sushi à Tokyo.
Comme pour illustrer le propos, la fille assise à côté de moi au comptoir dit la chose suivante à propos de son ex :
« Ma mère ne l’aimait pas parce qu’il chuchotait. Elle disait : “He’s a schmuck! (C’est un pauvre con!) Si tu veux dire quelque chose, CRIE-LE ET OUVRE LES FENÊTRES POUR QUE LES VOISINS PUISSENT ENTENDRE !! »
Hier soir, un set gigantesque de trois heures au Bebop m’a cassé la voix, je suis donc content maintenant d’être dans un endroit où j’ai juste à écouter…
Barton H.
Day 1 : Harlem to Brooklyn
Day 2 : Hicksville
Day 3 : New York backwards
Day 4 ; New York Umlaut
