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Yarol Poupaud : « FFF n’est plus une priorité »

50 ans au service de sa guitare électrique. 50 ans et toujours le perfecto à fleur de peau. 50 ans et toujours la gueule d’un jeune homme. Yarol Poupaud sort son premier album solo. Lui qui a joué avec FFF, chaperonné les bébés rockers et croisé le manche de sa guitare avec Johnny nous raconte.

Tu sors ton premier album sous ton nom, quinze ans après un premier maxi, aimes-tu prendre ton temps ?
Sessions sorti en 2003 c’était une première tentative avec des musiciens des Hellboys Ghani El Hindy le batteur, Adanowsky. L’EP n’est pas vraiment sorti, je le filai aux concerts. Quand je sus rentré en studio, je ne savais pas trop ce que ça allait donner ni ce que j’allais vraiment faire. Black Minou c’est un collectif, justement, de musiciens, mais sans équipe fixe. Or, je me suis rendu compte que quand tu vas voir un groupe sur scène, si ce ne sont pas les musiciens du disque tu es forcément déçu. Là, j’ai donc eut envie d’assumer la position de frontman. A un concert de Yarol je serai toujours là !

Quel est le déclic pour ce premier album ?
Quand je vais voir les gens de Polydor, j’ai encore pas mal de doutes. J’ai enregistré des titres à Angers, au studio Black Box l’année dernière. Je ne voulais pas que ça sonne classique rock justement, trop vintage. Je voulais plus de risque. Des disques avec guitare-basse-batterie qui sortent, il y en a un paquet. Moi je préfère quand tu ne sais pas si c’est la guitare ou la boîte à rythme qui conduit le truc, ou le synthé. Un peu comme dans les disques de Prince. J’ai repris les bandes de Black Box, je les ai bidouillé, en partie chez moi et en partie avec Dominique Blanc-Francard et aussi à Londres chez Dimitri Tikovoï qu’a bossé avec Placebo, Marianne Faithfull, et voilà.

Qu’est-ce que tu fais avant FFF ?
Rien, des groupes de lycée. FFF c’est le premier truc sérieux. J’achète une guitare un jour, et mon petit frère, Melville (l’acteur) investit alors dans une batterie. On s’échange nos instruments et on commence à enregistrer des trucs sur un 4 pistes à la maison. On bosse des reprises, d’AC/DC notamment.

Quelle est l’idée de FFF ?
La première mouture veut faire du funk, mais très vite, ça s’est transformé en voulant mélanger plein de musiques. On a pris une claque avec le duo Run DMC Aerosmith, et puis aussi on commence à beaucoup entendre des groupes comme Urban Dance Squad, Red Hot Chili Peppers, et on rêve de mélanger comme eux rock-funk et rap, de faire de la fusion.

Où en est le nouvel album de FFF ? Le dernier date de 2000.
On est en stand-by. On a parlé d’un nouvel album l’année dernière effectivement, on a cru qu’on allait y arriver, mais non. C’est facile de jouer dans un groupe de rock quand t’as 20 ans, moins quand t’en as 50. Le batteur vit en Espagne, Marco a plein de projets, moi aussi… FFF n’est plus une priorité.

Tu as été une sorte de père adoptif pour la génération des bébés rockers ?
J’avais entendu parler des Parisians au Bar 3 à Odéon. En fait, j’étais allé là-bas avec mon trio en 2003, et j’avais trouvé ça complètement dingue. J’avais plus 20 ans et je prenais un coup de vieux. C’est alors que Philippe Manœuvre m’appelle car il organise un festival au Gibus, qui débouchera sur la compilation Paris Calling (avec les Second Sex, Plastiscines, les Shades, Brooklyn, The Hellboys, The Parisians…) En fait le festival avec Philippe a si bien marché, que pendant plusieurs mois, il y aura un rendez-vous hebdomadaire au Gibus appelé Rock’n’roll Friday. Je suis un peu le grand-frère, le régisseur, le mec qu’est là, qui veille à ce que tout se passe bien. J’aide les groupes à répéter à mettre deux trois trucs au point. Je suis là pendant le concert pour récupérer les instruments, veiller au son, tout ça. J’ai adoré ce moment-là. C’était leur premier concert presque à tous, des moments de dingue, l’essence du rock. Ça m’a redonné la foi, d’autant plus qu’à ce moment-là je ne savais pas trop quoi faire, FFF venait d’arrêter, je tournais peu avec mon trio. Je végétais. Il y avait une énergie communicative chez ces gamins, si tu fais pas de rock and roll à 17 ans, tu en fais quand ? Certains ont continué, Gustave des Naast est arrangeur entre Londres, Paris et Los Angeles. Niki des Brats continue en solo, le batteur de Mister Soap joue avec Clara Luciani, Thomas Darmon est chanteur de Pépite. D’autres ont eut du mal à gérer la pression. Le succès n’est pas qu’une question de talent, il faut savoir gérer.

C’est le moment où tu rencontres Johnny.
Je le rencontre sur le film Jean-Philippe en 2003, Laurent Tuel le réalisateur est un copain, il m’appelle pour me demander si ça m’amusait de participer à la scène finale, celle du concert. Ça n’a pas été tourné au Stade de France, mais sur la base militaire de Villacoublay, où ils avaient reconstitué le Stade de France et invité une centaine de fans pour faire de la figuration. Evidemment que j’étais partant. Le soir même Johnny vient me saluer en loge, c’est rare, je lui rappelle qu’on s’était déjà rencontré lorsque FFF avait fait la première partie du Parc des Princes. On fait les deux trois morceaux pour le film, et puisque tout le monde était chaud, Johnny nous a demandé si on connaissait tel classique, tel morceau. Et on a donné un vrai concert pour les 100 ou 200 personnes présentes. Une vraie éclate pour le fun, je me souviens de « Summertime Blues » de Cochran par exemple. Quelques années plus tard, M m’appelle car il ne peut pas assurer une télé suite à l’album qu’il vient d’écrire pour Johnny, pour me remercier de l’avoir remplacé, il m’invite à participer au Taratata. Même chose pour un concert retransmis à RTL, où je suis en charge de monter le groupe, je prends Fred Jimenez à la basse, Yan Gorodetzky des Gush à la guitare, Olivier Ferarin à la batterie. Et c’est l’éclate totale. On fait les deux trois morceaux de l’album puis plein de reprises. C’est mon premier concert avec Johnny. Il a la banane. C’est vraiment un moment dément. Il devait partir à Los Angeles pour répéter sa tournée à venir, le soir même il m’appelle genre à 2 heures du mat’ : Tu viens ? Je ne le quitterais plus.

Pourquoi que des chansons en anglais sauf une ?
J’aimerai bien en chanter plus, mais ma culture est anglaise. Je ne sais pas trop faire en fait, c’est pour ça que j’ai demandé à Benjamin Biolay de m’en écrire une, « Sale« . Mais c’est quelque chose que je vais développer dans le futur. Le public n’est pas forcément anglophone, il comprend le refrain, deux trois paroles, mais c’est tout, jamais la subtilité de ce que je raconte.

Le mot de la fin ? 
Les bébés rockers auraient mérité mieux que cette appellation non ?

Propos recueillis par Christian Eudeline

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