Rock Made in France

Encyclopédie du Rock

Camera Silens

S’il existe des groupes mythiques en France, Camera Silens est du nombre. La signification de leur nom est à lui seul un manifeste faisant référence aux cellules d’isolement utilisées pour enfermer les membres de la Rote Armee Fraction. Nous sommes à Bordeaux au début des années 80 et l’ETA n’est pas loin… Créé en 1981 par Gilles Bertin (Basse, Chant), Benoît Destriau (Guit) et Philippe Schneiberger (Batterie), le trio enchaîne les répétitions jusqu’à remporter le tremplin Rockotone en 1982, ex-aequo avec… Noir Désir qui refuse son prix (déjà !) permettant ainsi à Camera Silens de remporter une cession d’enregistrement. Ce qui ne change rien à la galère quotidienne rythmé par les petits boulots, la drogue et les squats. La réputation du groupe n’en continue pas moins de grandir dans une ville qui allait devenir l’épicentre du rock en France durant toutes ces années post punk. L’arrivée de Didier (mécène, roadie et manager !) va professionnaliser quelque peu la formation. En 1982, le titre « Pour la gloire » est enregistré et le groupe représente le mouvement Punk-Oï dans une émission spécial Bordeaux de France 2. Tout semble bien parti quand Philippe annonce son départ et que Gilles se retrouve… En prison pour vol !

Avec un nouveau Manager (Jean-Marc Gouaux qui s’occupera plus tard de Noir Désir jusqu’en 1996), Benoît poursuit néanmoins l’aventure en compagnie d’Eric Ferrer à la basse et Nicolas Mouriesse à la batterie. A l’image de La Souris Déglinguée à Paris, Camera Silens est toujours suivie par une bande de skin et de punk qui assurent le spectacle, mais nuisent à l’image. En 1984, Gilles sort de prison et réintègre Camera Silens où désormais le chant l’occupe à 100% et où Bruno Cornet remplace Nicolas la batterie. Les concerts se multiplient dans toute la France et le groupe entre en studio en juin 1984 pour enregistrer son premier album produit par Chaos Production. Normalement produit, puisque suite à des problèmes de financement, c’est à titre privé que Patrick Mathé (patron de New Rose) va permet au groupe de sortir l’opus à 3000 exemplaires en 1985.

En 1988, tout bascule à nouveau avec la fuite de Gilles, cette fois soupçonné d’avoir attaqué un fourgon blindé de la Brinks à Toulouse. Le groupe vacille à nouveau et finit par trouver un second souffle en orientant sa musique vers le reggae et en intégrant François Borne au saxophone, Alain aux percussions et Manu aux chœurs. Les skins et autres punks n’en reviennent toujours pas ! C’est un nouveau passage télé (Décibels sur F3) qui va les remettre en selle et leur ouvrir les portes du studio Le Chalet en 1987. Un 45t et un EP sortiront de ces séances. Lassé des circuits parallèles, le groupe cesse pourtant toute activité en 1988.

En 2000, Benoît, Eric, Bruno et François se réunissent à nouveau avec Fred à la guitare et enregistrent un 4 titres jamais sortis à ce jour.


A ranger entre Strychnine et La Souris Déglinguée
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Que sont-ils devenus ?
Après son casse en 1988, Gilles Bertin n’a plus jamais refait parler de lui. Mort ? En fuite en Amérique du Sud ? Rien de tout cela, mais une cavale qui prend fin en novembre 2016 après 28 ans de clandestinité lorsqu’il décide de se rendre à la justice. Il restait le dernier membre non condamné de ce commando atypique (9 hommes et 5 femmes, des musiciens, anarchistes, squatteurs, toxicos…). Il avait fuit en Espagne puis au Portugal où il avait monté un magasin de disque à Lisbonne avant de tenir le bar de ses beaux parents dans la même ville. Il est désormais en liberté sous contrôle judiciaire.
Après la fin du groupe, Bruno Cornet et Eric Ferrer monte le projet Whodunit et se retrouvent dans Mush.
Benoît Destriau est devenu ingénieur du son.

Fiche technique de Camera Silens
Ou
 : Bordeaux
Quand : entre 1981 et 1988
Genre : Punk
Line up
1981 : Gilles Bertin (Basse, Chant) – Benoît Destriau (Guit) – Philippe Schneiberger (Batterie)
1983 : Benoît Destriau (Guit, Chant) – Eric Ferrer (Basse) – Nicolas Mouriesse (Batterie)
1984 : Benoît Destriau (Guit) – Gilles Bertin (Chant) – Eric Ferrer (Basse) – Bruno Cornet (Batterie)
1986 : Benoît Destriau (Guit, Chant) – Eric Ferrer (Basse) – Bruno Cornet (Batterie) – François Borne (Sax)
Albums
1982 : SP « Pour la gloire » (Auto production)
1985 : « Réalité » (Auto production)
1987 : SP « Comme hier » (Auto production)
1987 : EP « Rien qu’en traînant » (Auto production)
1992 : Compilation « Camera Silens 84/87 » (Sirène Production)

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